Mardi 20 mai 2008

Étranger je suis venu

Fremd bin ich eingezogen
Étranger je suis venu

Mais étranger je ne suis pas reparti.


Nathalie Stutzmann, Inger Södergren
Winterreise, Gute Nacht, Franz Schubert
(Calliope
)

Ce lied dit un au-revoir. Pour moi, il dit une découverte, une rencontre, un — le — bonheur.

C’était le dernier dimanche de décembre, il m’avait parlé de Nathalie Stutzmann, et nous venions d’acheter son enregistrement du Winterreise (Voyage d’hiver), qu’il cherchait depuis quelques jours.

Le disque commence avec ce lied, Gute Nacht, et ses premières notes de piano — par Inger Södergren — suffisent à m’émouvoir. Elles sont plus que quelques notes de piano ou le début d’un lied, elles sont cette fin d’après midi d’hiver, elles sont ce canapé, elles sont nous deux assis côte à côte, nos mains séparées de quelques millimètres.
Elles sont le prélude à tout ce qui a suivi. À tout ce qui va suivre.

Je découvrais Nathalie Stutzmann, et je savais le lendemain que ce que j’avais écrit quelques heures à l’avance et qui allait être publié à la première seconde de 2008 était déjà là.

Elle chante à Paris ce soir. Nous ne pouvions qu’aller l’écouter.

Mercredi 19 mars 2008

…j’ai trouvé cette chanson…

Demain devrait être le premier jour du printemps.

[...]
J’ai trouvé ce matin
Ton sourire plein de malice
Sur le bout de tes baisers
Sont posées des hirondelles
Qui annoncent le printemps

J’ai trouvé…

J’ai trouvé cette chanson
Pour que tu te souviennes
J’ai trouvé cette chanson
Pour que tu te rappelles
Sur le bout de tes baisers
Sont posées des hirondelles
Qui annoncent le printemps
La saison sera belle 
?.


Da Silva, Les Hirondelles 

Samedi 26 janvier 2008

Dans mes bras, il y a…

Alors qu’était publiée mon unique résolution pour 2008, je commençais déjà à l’appliquer. J’étais heureux, et je le suis toujours. Un bonheur à deux.

C’est la seule chose dont j’aurais envie de parler, mais je ne sais pas sous quelle forme le faire. Alors autant le dire directement : le hasard, ou pas, m’a fait rencontrer un blogueur.

Pourquoi n’en dis-je rien ici ? Parce qu’il me lit, forcément, et que ce que j’ai à lui dire, je veux le lui dire au creux de l’oreille. Parce que certains d’entre vous le lisent et le connaissent, et parce que je veux qu’il y ait ce blog, et la vraie vie, même si c’est par ce blog que sont nées de belles et fortes amitiés, et surtout cette relation.

Voilà, je ne pense pas en dire plus ici, en tout cas pas explicitement.

Je suis juste heureux, j’ai envie de l’écrire, et c’est le plus important.

Maintenant que cela est écrit, je vais pouvoir retourner à d’autres sujets, et faire revivre un peu ce blog !

Mardi 11 décembre 2007

Une fin

Six mois et quelques jours depuis cette rencontre, et une réalité qu’il faut regarder en face, des mots qu’il faut oser prononcer, et puis lui qu’il faut essayer d’oublier.

C’est fini.

Il est devenu distant, de plus en plus, jusqu’à n’être plus là. Il ne veut rien dire, ou avouer. Alors, par égoïsme, pour me protéger, j’ai décidé de mettre fin à cette histoire. Je dis que c’est moi, peut-être par fierté, parce qu’il est toujours moins douloureux de se dire que l’on est parti, plutôt que de reconnaître que c’est l’autre.

Quand il n’y a plus que questions, doutes, attentes, tristesse, que les moments de bonheur sont trop éphémères et les espoirs, bien qu’entretenus, trop minces, il est temps de passer à autre chose.

Fut-elle belle, cette histoire ? Oui, un peu, forcément, mais ce ne sont pas ces jours-ci que je le reconnaîtrai. Je ne vois plus que défauts, raisons d’échec inévitable, mensonges.

Alors que faire ? à quoi penser ? qu’écrire ? Si j’arrive à paraître souriant auprès de certains, ce n’est qu’illusion. Je voudrai ne rien faire, je ne supporte plus que le silence, et ce même silence m’oppresse et je fais tout pour le masquer, j’aurai à la fois envie de tout crier, et de tout taire.

Pourquoi est-ce que j’écris tout ça ici ? Pas pour votre avoir votre compassion, ou vos mots d’espoir. Je suis trop pudique. Tout comme j’étais resté discret, ici et ailleurs, sur ces six mois, je ne parlerai que très peu des raisons de cette rupture.
Si j’ai écrit cela ce soir, c’était pour me faire du bien, ou m’aider à avoir moins mal.
Pour que définitivement, je mette le mot fin à cette histoire.

Musique: Keith Jarrett, Radiance, Part VIII.

Vendredi 05 octobre 2007

Saison 4, Épisode 0

Sur les bords du Saint LaurentUn compte-rendu de plus d’une semaine trop vite écoulée. Ce n’est pas ce mode d’écriture qui me plaît le plus, mais cela semble être actuellement celui qui me convient le mieux.

Après un week-end plein de petits plaisirs, j’oubliai lundi de regarder l’épisode de Desperate Housewives diffusé la veille de l’autre côté de l’Atlantique. Les bras dans lesquels j’étais valaient bien mieux que cet épisode, regardé plus tard dans la semaine et qui s’est avéré n’être qu’un résumé des trois saisons précédentes.
De ce lundi soir, et de tout le reste qui s’y rapporte, et bien que cela soit ce qui occupe mon esprit jour et nuit, je ne dirai rien ici explicitement. Le lecteur attentif saura lire entre les lignes de mes billets des derniers mois.
Je suis juste heureux, et de plus en plus.

Mardi, j’exposais mon côté Geek tout en découvrant le Conseil Général d’Île de France : Fiesta Fon, discours, sangria et tapas. Fon, c’est une communauté de partage de son réseau WiFi. Voilà plus d’un an que je partage le mien.
Beaucoup de geeks qui pensent tout savoir et avoir raison sur tout, quelques blogeurs et blogueuses perdus à qui j’ai servi de traducteur, et des pique-assiette aussi. Une fois de plus je gagnais des TShirts, trop grands.

Mercredi soir, je m’aventurais pour la seconde fois à Paris Carnet. Tu es tout timide, c’est trop mignon m’a-t-on dit lorsque je suis arrivé. C’est vrai que lorsque je suis en terrain inconnu, je suis timide, réservé. Et je suis tout l’inverse en terrain connu. Un jour peut-être j’en parlerai ici.
Chondre et Fcrank, tous les deux charmants, m’ont accueilli à leur table, où nous a très vite rejoint Matoo :polysexualité, fist, brique à nichon et potins pédéblogosphèriques est un bon résumé de nos discussions.

Jeudi, je rejoignais Toli à la Bananeraie, où avait lieu une réunions de blogueurs qui nous étaient inconnus. La Bananeraie, ce sont les bureaux de Michel & Augustin, ceux qui fabriquent ces délicieux sablés et vaches à boire. Je connais leurs sablés depuis plus d’un an, il suffit de regarder dans les tiroirs de mon bureau pour voir combien je les apprécie. En avant première mondiale, nous avons découverts leurs nouveaux produits, toujours aussi bons. Miel et sésame, chocolat et nougatine.
J’aime être gourmand. Soyez le aussi :grin:

Ce jeudi soir, je faisais aussi la connaissance d’Antoine, blogueur des plus charmants.

Et me voilà ce soir à Rennes, où les retards de train me font attendre un gâteau d’anniversaire.

À part mes soirées, qu’ai-je fait de ma semaine ? Pas grand chose d’intéressant, la routine, beaucoup trop routinière à mon goût, de mes journées de travail. J’espère que cela va vite changer, sinon je ferai en sorte que cela change.
Des visites d’appartements aussi - infructueuses -, je continue avec obstination à vouloir m’endetter pour plusieurs dizaines d’années.

Ce week-end sera un week-end gourmand de plus, mais j’essaierai de ne pas en parler pour ne pas paraître trop indécent :wink:

J’ai probablement déjà cité ici cette phrase que ma grand-mère nous répétait sans cesse, mais elle résonne très souvent dans ma tête ces jours-ci, et elle prend pour moi de plus en plus de sens : “le bonheur est simple”.

Samedi 29 septembre 2007

…when September ends

Obélisque de la Concorde, ParisJe réalise que cela fait plusieurs jours que je n’ai rien écrit ici. Et pourtant, ma semaine a été riche en émotions, interrogations, surprises, bonheurs, réflexions…

Semaine peut-être trop riche pour que j’aie le temps d’écrire, mais surtout parce que mes préoccupations de la semaine n’ont pas leur place ici. Les hauts et les bas se sont succédés à une vitesse fulgurante, et les bas furent beaucoup plus courts que les hauts.. Peut-être parce que je ne voulais jamais croire aux bas ? Que mes espoirs et mes envies sont beaucoup plus forts que mes incertitudes et mes craintes ?

Une année de plus cette semaine. Je ne la vois pas comme ma jeunesse qui commence à s’éloigner mais comme le chemin parcouru ces douze derniers mois. Aucun regret. Des réponses à des questions, des questions que j’ai arrêté de me poser, des rencontres. Une rencontre.

L’impression de grandir, encore, alors que je croyais que c’était une chose réservée à l’enfance.


Vivaldi, Les Quatre Saisons, par Jacques Loussier
Concerto N°3, L’Automne, Adagio Molto

Dimanche 23 septembre 2007

Des Cygnes

Tous les deux n’ont finalement que peu de rapport avec le cygne, mais ils sont pour moi liés. L’un est un endroit où j’aime aller voir le soleil se coucher, ou la nuit qui a enveloppé Paris, l’autre est une musique que j’aime écouter tard certains soirs. Tous les deux sont liés parce qu’ils se rattachent à mes mêmes sentiments, parce que les paroles de ce lied de Schubert disent ce à quoi je pense lors de mes promenades solitaires sur l’allée des Cygnes.

L’allée des Cygnes, au milieu de la Seine à Paris, et Schwanengesang / Le chant du cygne, des Lieder de Schubert.

[...]

Sie Verstehn des Busens Sehnen, / Ils savent ce que désirer veut dire,
Kennen Liebesschmerz / Ils connaissent le mal d’amour,
Rühren mit den Silbertönen / Leurs notes d’argent émeuvent,
Jedes weiche Herz. / Tous les cœurs tendres.

Laß auch dir die Brust bewegen, / Laisse-toi émouvoir, toi aussi,
Libche, höre mich, / Chérie, écoute moi,
Bebend harr ich dir entgegen! / Tremblant, je me hâte vers toi !
Komm, beglücke mich! / Viens, rends-moi heureux !

Tout comme l’allée des Cygnes ne révèle pas tous ses secrets en quelques photos, cette musique ne s’écoute pas sur un ordinateur. Alors allez vous promener sur cette allée des Cygnes, et achetez ces Lieder de Schubert, par Fischer-Dieskau, ou par Werner Güra dont je viens de découvrir l’enregistrement.


Franz Schubert, Schwanengesang, Ständchen (Le chant du Cygne, Sérénade) ; D. 957
Werner Güra (ténor), Chrisoph Bernet (pianoforte Ehrbar)

Mercredi 12 septembre 2007

Il y a un an

Il y a un an jour pour jour j’étais là :

L’année dernière

Cela pourrait avoir l’air d’un paradis, c’était une prison. Double mur d’enceinte, trois contrôles à l’entrée, plein de gardes armés, des chars.

Le deuxième jour, il me disait que quelques années auparavant, c’était l’immeuble juste à côté du notre qui avait été la cible des terroristes, que toute la sécurité mise en place n’avait servi à rien. 36 morts.

50°C le jour, presque autant la nuit. Le taxi n’avait pas le droit d’entrer sur leur campus, je devais donc le traverser à pied. Un enfer qui se répétait : 20 minutes qui devenaient éternité, chaque matin, puis chaque soir.

Dans l’immense hall d’entrée tout en marbre blanc des bureaux, un afficheur électronique indiquait la température intérieure. 18°C. C’était le luxe. Moi, j’étais malade.

Internet était filtré, contrôlé, beaucoup trop lent pour y tenir une conversation.

Rien à faire, rien à voir, personne à qui parler.
Rien à boire, juste de quoi se nourrir.
Mon iPod pour seul compagnon.

Je comptais les jours, les nuits, les heures, qui me séparaient de mon retour en France. Je savais que ma présence là-bas ne servait à rien, qu’elle était hypocrite, mais pour tenir je jouais mon rôle, tout comme ils jouaient le leur.

Ils se croyaient supérieurs à nous, et moi je pensais qu’ils passaient à côté de trop de choses et qu’ils violaient les droits élémentaires. Choc de civilisations, de cultures.

C’était il y a un an. Cette année, je passe septembre à Paris, et j’attends qu’il rentre. Plus qu’une dizaine de jours.

Vendredi 31 août 2007

Impromptu

Un soir, passé.

Un site de rencontre sur lequel je me suis connecté sans aucune conviction.

Il vient me parler, je réponds, tout en pensant à aller me coucher.

Plusieurs heures plus tard, MSN, puis téléphone. Au milieu de la nuit, je lui parle à nouveau du piano, que j’aime.

Il me dit: “J’ai toujours dit que l’homme qui me jouera l’Impromptu en sol bémol majeur de Schubert, je l’épouserai”.

Sans rien dire, je m’installe au piano et je commence à jouer.

C’est très mal joué, mais je n’ai pas le courage de recommencer… je me suis plutôt amusé avec ma webcam !

Mardi 21 août 2007

Radiance


Radiance Part VI, Keith Jarrett

Silhouettes, la nuit