Archives pour la catégorie ‘Au cinéma’

Samedi 15 mars 2008

C’est l’heure d’été, rembobinez

Je prends ici du retard dans l’écriture de billets sur blog, alors je vais regrouper ici deux films, que j’ai vus récemment, et appréciés. L’Heure d’été, d’Olivier Assayas, et Soyez Sympa, rembobinez, de Michel Gondry.

L’Heure d’été, d’Olivier Assayas - Affiche du filmL’Heure d’été, c’est un film sur la famille, les souvenirs, matériels et autres, et leur transmission lorsque quelqu’un disparaît. Hélène – Edith Scob, dont le nom très injustement ne figure pas sur l’affiche –, la grand mère, était la gardienne de la mémoire de son oncle, Paul Berthier, un peintre renommé.
Quand soudainement elle disparaît se pose la question de la transmission de sa maison, qui abritait les réunions de famille devenues de plus en plus rares, et les objets et meubles d’art de Paul Berthier. Ses trois enfants – Juliette Binoche, Charles Berling et Jérémie Renier, tous les trois excellents – sont face à tous ces souvenirs.
Ce film, très beau et tout en finesse, fait forcément écho à ce que l’on a vécu, et à ce que l’on va vivre : que faire de ce qui appartenait à ses grands-parents ou parents ? que deviendra ce qui nous appartient ?
Les questions peuvent paraître grave, mais le film ne l’est pas.
C’est la dernière scène, la fête organisée par les petits enfants d’Hélène dans sa maison, qui apporte peut-être la réponse.

D’autres avis : Celui qu’il, Ciné JulienSoyez Sympas, rembobinez, de Michel Gondry - Affiche du film

Dans un registre totalement différent, Soyez Sympas, rembobinez. Quand on sort de la salle, on aurait envie, soi aussi, de se mettre à tourner des films, suédés.
C’est à la fois n’importe quoi et une leçon de cinéma, parce que c’est un film sur le cinéma, celui que s’approprie le spectateur, et parce que la construction de ce film est exemplaire. C’est hilarant, c’est touchant, c’est poétique.
À voir.

D’autres avis : Ciné Julien

Lundi 03 mars 2008

Paris, de Cédric Klapisch

Paris, de Cédric Klapisch ; Affiche du filmJ’avais surtout entendu des critiques négatives au sujet du dernier film de Cédric Klapisch, Paris. Il faut dire qu’avec un tel titre et un casting impressionnant (Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Karin Viard, Albert Dupontel, François Cluzet, etc.), la barre était placée très haut.

Paris. Un seul mot, presque prétentieux. Comme si un film pouvait dire cette ville.

C’est donc sans rien en attendre que je suis allé voir ce film, et j’ai passé un bon moment. Ce Paris de Klapisch est beau, ce n’est pas un Paris de carte postale, c’est celui que je connais, et que j’aime. Des parisiens qui se croisent. Certains sont heureux, d’autres malheureux. Des histoires d’amour qui finissent bien, d’autres qui finissent mal. Des moments drôles, des moments tristes.

À aller voir, pas pour voir un film sur Paris, mais un film sur l’espoir du bonheur.

D’autres avis: Antoine, Brice, Jonathan D., RomainB

Vendredi 07 septembre 2007

‘Cause you can’t stop…

C’est triste une salle de cinéma entièrement vide. L’intérêt du cinéma, c’est justement de partager ses émotions devant le film avec toute une salle, rire en même temps, pleurer en même temps. Sinon, autant rester chez soi.
D’ailleurs, c’est un cinéma qui se meurt, il fermera définitivement ses portes à la fin de l’année, victime de la bataille MK2-Gaumont.

Je l’aimais bien pourtant, mon cinéma. À cinq minutes à pied, parfait pour une sortie cinéma improvisée au dernier moment.

Nous n’étions certes que trois dans la salle, mais en sortant, l’envie de danser et de chanter était plus forte, irrésistible.

“‘Cause you can’t stop the beat

(Hairspray)

Mercredi 05 septembre 2007

Au cinéma…

SiCKO, de Michael Moore
… SiCKO, dont j’ai parlé ici en juillet.


Mercredi 15 août 2007

La Fille coupée en deux

La Fille coupée de deux, de Claude ChabrolMon appréciation: 8/10

Le film commence en rouge et noir, et se termine avec une fille coupée en deux, par un vieux magicien, dans une scène qui fait penser à Scoop de Woody Allen.

Entre les deux, du Chabrol. C’est un peu agaçant au début, ces dialogues, ces personnages, ces décors que l’on a l’impression de connaitre par cÅ“ur, parce qu’on les retrouve de films en films, et qu’ils ont l’air de manquer de naturel.

Puis on se laisse emporter par Ludivine Sagnier. Il est question d’amour - impossible ? -. Cela finit mal, comme toujours, et on sort du cinéma en se posant des questions sur cette histoire dont on vient d’être spectateur, et c’est à cela que l’on sait que l’on vient de voir un grand Chabrol.

D’autres avis: Celui qu’il, Julien

Mercredi 01 août 2007

Au cinéma…

…Ratatouille, que j’ai vu il y a deux semaines

Lundi 23 juillet 2007

Ratatouille

RatatouilleMon appréciation: 9/10

En Anglais, le titre est sous-titré par (rat-a-too-ee), tant le mot ratatouille est imprononçable pour un anglophone. Derrière ce titre, le dernier film de Pixar qui, sur fond de Tour Eiffel, enscence la Cuisine Française.

Auguste Gusteau est le chef le plus réputé de France, son restaurant parisien est complet en permanence, la critique est unanime. Son livre, Anyone can cook, est un best-seller, son émission quotidienne à la télévision atteint des sommets d’audience. Un classement à la Michelin où trois étoiles est le summum étant incompréhensible pour un Américain, son restaurant a cinq étoiles.
Puis le drame arrive : le critique redouté Anton Ego écrit un article dévastateur, Gusteau perd une étoile, et en meurt de chagrin. C’est Skinner, son ancien sous-chef, qui prend le relais, mais il ne sait que répéter les recettes passées et lancer des gammes de plats surgelés à réchauffer au micro-onde, estampillés de la photo du grand chef défunt. Le restaurant perd une autre étoile, et est alors boudé par la critique.

Pendant ce temps, Remy, un petit rat, désobéit à son père et au lieu de se contenter de manger les ordures, il cherche des morceaux de qualité et allie les saveurs, en adepte du livre et de l’émission télévisée d’Auguste Gusteau. Sa famille ne le comprend pas, et Remy est réduit à être le gouteur, pour détecter les poisons à rats. Un jour il va trop loin en voulant récupérer quelques épices dans la cuisine de la vieille Marvel et se fait surprendre : il est obligé de fuire avec toute sa famille.
Il se retrouve dans les égoûts sous le restaurant de Gusteau, où Linguini vient d’être embauché à la plonge. Linguini, par bêtise, jette n’importe quoi dans une marmite de soupe, et le petit rat Remy, effrayé, répare l’erreur et rectifie la soupe. Ce soir là, une critique était dans la salle, et est enchantée par la soupe.
Skinner se retrouve contraint de demander à Linguini de réitérer son exploit, et Linguini doit alors demander l’aide du rat Remy.

Commence alors l’histoire d’une grande complicité entre Linguini et Remy, où Remy doit tout en se cachant, expliquer à Linguini comment cuisiner. Les rebondissements seront nombreux, et la fin forcémment heureuse, mais avec une vraie morale.
C’est drôle, intelligent, léger, subtile, les images sont magnifiques, on en oublie qu’elles sont créées par ordinateur, et on se prend à sentir et à imaginer goûter la ratatouille que prépare Remy.

Cuisiner est un art à la portée de tous - Anyone can cook disait Gusteau -, il suffit d’y mettre son cÅ“ur et son imagination, de choisir les bons ingrédients et de prendre le temps d’apprécier.
Évidemment, c’est en France que l’on sait faire cela le mieux, et Paris est beau la nuit, lorsque la Tour Eiffel surplombe les toits et les rues éclairées.

À 7000 kilomètres de Paris, j’ai retrouvé un peu de chez moi, et maintenant j’ai faim !

Sortie en France le 1er Août, et à voir sans hésiter, pour passer un bon moment et avoir ensuite envie de passer à table !

Dimanche 22 juillet 2007

SiCKO

SiCKO, de Michael MooreMon appréciation: 7/10

Évidemment, un film de Michael Moore, ça ressemble à du Michael Moore, mais cette fois-ci, le propos est un peu moins politique, et on est obligé, à la vue des cas qui illustrent ce film, d’être convaincu que le système de santé aux États-Unis est dans un état calamiteux.

Un des premiers exemples: un homme se coupe deux doigts avec une scie circulaire, il va aux urgences avec les morceaux de ses deux doigts. Pour lui remettre l’index, il lui en coutera $12.000 ; pour le majeur ce sera $60.000. Il n’a pas cette somme, et doit faire le choix atroce du doigt qu’il souhaite récupérer…

Les cas de refus de soins ou de remboursement par les HMO (Health Maintenance Organization) - les compagnies privées qui s’occupent de l’assurance malade aux États-Unis - ponctuent le film, la fin est souvent tragique, parce que le profit est plus important que la protection médicale.

Lorsque la compagnie d’assurance ne souhaite plus rembourser les soins, les patients sont mis dans un taxi, encore habillés de leur pyjama d’hôpital, et déposés de force à l’autre bout de la ville.

La deuxième moitié du film tente une comparaison avec d’autres systèmes: le Canada, l’Angleterre, la France et Cuba.

En Angleterre, Tony Benn, figure du Labour, explique que lorsque les gens sont inquiets, entre autres pour leur santé, qu’ils n’ont pas d’espoir, alors ils ne votent pas : “I think there are two ways in which people are controlled: first of all frighten people and secondly demoralize them. An educated, healthy and confident nation is harder to govern, and I think there is an element in the thinking of some people: we don’t want people to be educated, healthy and confident because they will be out of control”.

Il y a évidemment des clichés dans la comparaison avec la France, mais l’accès gratuit aux soins médicaux dont on a besoin, les congés maladie payés, l’aide à domicile, le système éducatif gratuit, les congés payés, les 35 heures, sont des joyaux que tous nous envient et que l’on doit à tout prix conserver. Certes notre système n’est pas parfait, il nous paraît instable, mais comparativement à ce qui se passe aux États-Unis, on ne peut pas se plaindre et on ne peut qu’être heureux de vivre en France.

Le film se termine avec les héros oubliés du 11 septembre, qui sont tombés malades après avoir respiré les poussières toxiques des décombres du World Trade Center, et qui ne peuvent pas se soigner car personne ne veut prendre en charge leurs frais médicaux. À Cuba, l’hôpital est gratuit pour tous, et c’est l’hôpital de la Havane qui soignera gratuitement ces quelques sauveteurs oubliés accompagnés par Michael Moore.

Au final, que retient-on ? Que le système de protection sociale américain n’a pour but que le profit des compagnies qui l’organisent et non la protection de ceux qui en ont besoin ?
Probablement, mais ceux qui iront voir ce film le savaient déjà… et ce film ne changera pas grand chose.

Tout au plus sera-t-on conforté dans ses convictions, et ça fait du bien. Moi, dans cette salle de cinéma américaine, j’étais vraiment content de vivre en France.

Sortie en France: 5 septembre 2007

Dimanche 01 juillet 2007

Persepolis

Persepolis, de Marjane Satrapi et Vincent ParonnaudMon appréciation: 7/10

Le film était très attendu, la critique en avait beaucoup parlé et semblait unanime : pourquoi pas… je n’ai rien à critiquer, mais je ne vois aucune raison de m’enflammer…

Sous forme de film d’animation original, à l’image des bandes dessinées de Marjane Satrapi - tout en traits noirs -, Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud nous montrent l’enfance de Marjane en Iran, puis son adolescence en exil à Vienne, et ses années d’étudiante de retour à Téhéran.

Il y a d’abord l’enfance sous le régime du Chah, puis la révolution et la République Islamique. La guerre avec l’Irak, la répression, la privation de libertés, l’exil à Vienne avec la découverte de la société européenne et de l’amour, puis le retour à Téhéran, où la répression sévit toujours.

Panorama historique intéressant, fait avec pas mal de talent et d’humour, réflexions sur la privation des libertés et sur l’intégration dans une société qui n’est pas la sienne.

C’était probablement un film à voir, ne serait-ce que pour l’humour et la lucidité de la grand-mère (sous la voix de Danielle Darieux) , mais avec un sujet aussi grave, il était difficile de faire un film qui aille vraiment au-delà de l’histoire qu’il raconte. Dommage, car le talent était là !

Jeudi 31 mai 2007

Les Chansons d’amour

Les Histoires d’Amour, Christophe HonoréMon appréciation: 9/10

Dans Paris était un des films que j’avais le plus aimé l’année dernière. Je suis allé voir Les Chansons d’amour en toute confiance, et je ne le regrette pas.

Un très beau film sous forme de comédie musicale, de superbes images, le Paris que j’aime - celui de tous les jours -, des histoires d’amour - un garçon (Louis Garrel) et une fille (Ludivigne Sagnier), et deux filles (Chiara Mastroianni), ou juste un autre garçon (Grégoire Leprince-Ringuet) -, de belles chansons et de jolies voix.

Je suis conquis et encore sous le charme, alors je laisserai mes voisines de blog vous en dire plus : Toli, Matoo, Through my eyes, RomainB.

Dans ce film de Christophe Honoré, il y a tout ce que j’aime. À voir, sans hésiter.


(Extrait de la bande originale)


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