Archives pour la catégorie ‘Lu, vu, entendu’

Jeudi 22 octobre 2009

Sacrificium

Sacrificium, de Cecilia Bartoli

Alors qu’habituellement mes commandes Amazon me parviennent dès le lendemain, celle-ci a mis deux semaines à me parvenir… Je l’attendais avec impatience, je consultais le suivi en ligne de mon colis presque chaque heure ! Ce n’est donc que ce soir que j’ai pu écouter le dernier disque de Cecilia Bartoli, Sacrificium.

Et qu’en dire… les larmes n’ont pas été bien loin, tant tout y est magnifique.
La voix et l’interprétation de Cécilia, évidemment. L’orchestre aussi. Tout comme le choix des œuvres, qui rendent hommage aux castrats. Onze sont enregistrées pour la première fois et sont donc à tort méconnues, et sur le CD en bonus de l’édition limitée, trois airs plus connus, dont Ombra mai fu, extrait de Serse (Haendel), qui a déjà, dès la première écoute, remplacé tous mes enregistrements de référence.

Si vous ne l’avez déjà fait, vous pouvez acheter ce disque les yeux fermés.
Vous devez, même.
Inutile d’hésiter, d’en écouter des extraits avant, de prétexter ne pas s’y connaître en musique classique, en musique baroque, en opéra ou en chant. C’est au-delà de tout ça. Courrez l’acheter, puis l’écouter !

Sacrificium, Cecilia Bartoli — Il Giardino Armonico, Giovanni Antonini
Par exemple chez Amazon

Dimanche 30 août 2009

Tout seul

Nouvel Observateur Spécial Photo #8

Tous seuls, tous tout seuls nous sommes là tous ensemble, groupés, isolés, posés, déposés dans l’ouverture de la machine à capturer la lumière, notre lumière, l’irradiation de notre secret d’être. Mais la machine à coup sûr n’est pas seule — ce qui de toute façon ne voudrait rien dire. Elle est dans la main du photographe. Le photographe n’est pas seulement un « opérateur », quelqu’un qui s’éprouve seul derrière sa machine ou seul avec elle. Un tout seul qui s’isole précisément pour capter, capturer la lumière de quelques autres, d’un seul ou de beaucoup. Lumière claire ou noire, brillante, luisante ou éteinte, lumière sourde ou éclatante mais toujours lustre ou veilleuse d’un secret : signifiant, signalant qu’ici miroite un secret, une évidence, sans fond, l’émission vibrante d’un infini singulier, ce que nous nommons « seul » et qui se communique ici, là, maintenant.

À ce point, lorsqu’elle me touche, la photographie m’impatiente. Elle me touche et je veux donc toucher cette source lumineuse. Je ne veux plus en rester à la voir, il me faut le grain de sa lumière, la pression de sa radiance. Il me faut la sentir sur ma peau, et ma peau contre la sienne, seule contre elle.

Jean-Luc Nancy, Préface du Hors-série spécial photo #8, Le Nouvel Observateur

Une magnifique sélection de textes et de photos, à avoir absolument !

À voir aussi jusqu’au 13 septembre 2009 aux Rencontres d’Arles Photographie 2009, exposition Robert Delpire/Nouvel Observateur Spécial Photo, Chapelle Saint-Martin du Méjan

Samedi 25 avril 2009

Villa Amalia

Villa Amalia, l'affiche du filmVilla Amalia, un film de Benoît Jacquot — 9/10

J’ai l’impression qu’à chaque fois qu’Isabelle Huppert est à l’écran, elle est derrière un piano : Merci pour le chocolat, La Pianiste, 8 Femmes, et actuellement, Villa Amalia.

Son nom sur une affiche suffit à me faire aller voir le film. Dans Villa Amalia, elle porte le film, et même lorsqu’elle est de dos, elle arrive à faire passer des émotions. Elle y est pianiste et compositrice, et décide subitement de disparaître totalement. Tout laisser derrière soi, supprimer toute trace, partir loin, et tenter de revivre.

Un film magnifique, dérangeant, dont je garde en souvenir Isabelle Huppert, et O Solitude, de Purcell, chanté par Alfred Deller : le film est aussi musical, et cette chanson l’accompagne de bout en bout.

O Solitude ! my sweetest choice,
Places devoted to the night,
Remote from tumults and from noise,
How Ye may restless thoughts delight.
O Heavens! what content is mine
To see those Trees which have appeared
From the nativity of time
And which have survived
To look today as fresh and green
As when their beauties first were seen.


Purcell, Music for a While — Alfred Deller


Vendredi 26 décembre 2008

1867, Paris

Au vingtième siècle, il y aura une nation extraordinaire. Cette nation sera grande, ce qui ne l’empêchera pas d’être libre. Elle sera illustre, riche, pensante, pacifique, cordiale au reste de l’humanité. Elle aura la gravité douce d’une aînée. Elle s’étonnera de la gloire des projectiles coniques, et elle aura quelque peine à faire la différence entre un générale d’armée et un boucher ; la pourpre de l’un ne lui semblera pas très distincte du rouge de l’autre. Une bataille entre Italiens et Allemands, entre Anglais et Russes, entre Prussiens et Français, lui apparaîtra comme nous apparaît une bataille entre Picards et Bourguignons. Elle considérera le gaspillage du sang humain comme inutile. [...] Elle aura pour « l’autorité » à peu près le respect que nous avons pour l’orthodoxie ; un procès de presse lui semblera ce que nous semblerait un procès d’hérésie [...].

Cette nation aura pour capitale Paris, et ne s’appellera point la France ; elle s’appellera l’Europe.

Elle s’appellera l’Europe au vingtième siècle, et, aux siècles suivants, plus transfigurée encore, elle s’appellera l’Humanité.

L’Humanité, nation définitive, est dès à présent entrevue par les penseurs, ces contemplateurs des pénombres ; mais ce à quoi assiste le dix-neuvième siècle, c’est à la formation de l’Europe.

Vision majestueuse. Il y a dans l’embryogénie des peuples, comme dans celles des êtres, une heure sublime de transparence. Le mystère consent à se laisser regarder . Au moment où nous sommes, une gestation auguste est visible dans les flancs de la civilisation.

L’Europe, une, y germe. Un peuple, qui sera la France sublimée, est en train d’éclore. L’ovaire profond du progrès fécondé porte, sous cette forme dès à présent distincte, l’avenir. Cette nation qui sera palpite dans l’Europe actuelle comme l’être ailé dans la larve reptile. Au prochain siècle, elle déploiera ses deux ailes, faites, l’une de liberté, l’autre de volonté.

Le continent fraternel, tel est l’avenir. Qu’on en prenne son parti, cet immense bonheur est inévitable.

Avant d’avoir son peuple, l’Europe a sa ville.

De ce peuple qui n’existe pas encore, la capitale existe déjà. Cela semble un prodige, c’est une loi. Le fœtus des nations se comporte comme le fœtus de l’homme, et la mystérieuse construction de l’embryon, à la fois végétation et vie, commence toujours par la tête.

Incipio Victor Hugo, Paris (1867), chapitre I

Dimanche 26 octobre 2008

Jay Brannan ♥

J’aurai voulu écrire sur les circonstances dans lesquelles je l’ai découvert, il y a deux ans. Sur ses chansons, ses vidéos, ses albums, qui m’ont accompagnés depuis. Sur son concert de ce soir, à la Reine Blanche, sur ses textes, sur sa voix, sur son physique, sur son charme.

Mais aucun des mots que je trouve ce soir ne saurait rendre ce que j’ai ressenti. Un concert tout simple, et très beau.

Le mieux, c’est que vous alliez l’écouter, si vous ne le connaissez pas déjà.

Jay Brannan
http://www.jaybrannan.com
Son MySpace

28 octobre:
Mes voisins de concert ont aussi écrit sur Jay: Incipio, Matorif, Ekkooo, AdaM, Zéro Janvier

Lundi 08 septembre 2008

Vacances, sous la plume d’Incipio

Incipio a fait ses devoirs de vacances :

http://www.incipiter.net/2008/09/08/devoirs-de-vacances/

Bravo, et merci !

Samedi 06 septembre 2008

En vacances, même les statues boivent du champagne

Suite de mes souvenirs de vacances…

Cour de l'Archevêché, Arles

 

Dimanche 31 août 2008

Vacances : des critiques

Les critiques de livre dans les librairies, c’est presque toujours positif, du style de coup de cœur du libraire, les indispensables, à découvrir, etc.

À la Librairie du Casino de Juan-les-Pins, il y a autant de critiques positives que de critiques négatives, et elles sont toutes en vitrine. Évidemment, celles que j’ai préférées étaient les critiques les plus assassines, d’autant plus qu’elles concernent les best-sellers de l’été !

 

(cliquer sur les images pour lire les critiques)

Le Pam-Pam, juste en face de la librairie, étant une rhumerie très animée.

Dimanche 06 juillet 2008

À voir, à boire, à visiter, à revoir

Dans le désordre de mon week-end, et dans un style plutôt télégraphique :

Valse avec Bachir, un film, ou plutôt un documentaire d’animation, sur le Beyrouth de septembre 1982 et le massacre des camps de réfugiés de Sabra et Chatila. Tout y est très fort, jusqu’aux dernières images. À voir, obligatoirement.

Un Château d’Yquem 1999, que j’avais entreposé depuis quelques temps chez mon chéri, parce que ce n’était qu’avec lui que je pouvais partager ce plaisir, et maintenant les souvenirs de ces instants. Une bouteille qui mérite largement sa réputation — c’est une longue et lente explosion de parfums, dans un équilibre et une élégance parfaits —, et qui est un de ces plaisirs que l’on doit s’offrir, un jour.

Sagan : un beau film, qui m’a replongé dans mes souvenirs de lecture de mes années lycées…

À qui appartenaient ces tableaux, une exposition au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme : de très beaux tableaux — ma préférence est allée à toutes les natures mortes de l’école Hollandaise — et des explications historiques très intéressantes, sur la spoliation des œuvres d’art pendant la seconde guerre mondiale, et leur restitution, toujours en cours, aux familles spoliées. Et l’hôtel particulier en plein marais qui abrite le musée mérite à lui seul le détour.

Hairspray, en DVD : les bonus karaoké et cours de danse avaient été pour sa soirée d’anniversaire, et le film a été revu avec plaisir pour inaugurer comme il se doit une luxueuse nouvelle installation home-cinéma.

Sinon, demain, pour la première fois depuis très très longtemps, je vais devoir être au bureau à 9h (et ce sera pire pour le reste de la semaine). Et j’en ai juste pas du tout envie…

Mercredi 25 juin 2008

Björk — Volta Tour

Je ne suis pourtant pas fan de Björk, mais au hasard de places disponibles réapparues il y a une semaine sur le site de la Fnac, alors qu’elles étaient censées avoir été toutes vendues en 2 minutes, j’avais décidé d’aller la voir à l’Olympia.

C’était ce soir, et c’était juste envoûtant, magique, déchaîné, explosif. Une autre expérience musicale, peut-être pas si éloignée de celle d’hier.

Bjork à l\'Olympia, Volta Tour, 25 juin 2008

D’autres photos