Archives pour la catégorie ‘Confidences’

Samedi 14 juin 2008

Bientôt.

Carnet de Notes, Louis

Bientôt, il faudrait que je parle de ce carnet.

Mercredi 28 mai 2008

“les bons compromis”

J’ai un peu parlé de moi ici, mais je ne pense jamais avoir écrit sur ce que je fais, sur mon métier. Pourtant c’est une partie de moi.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur mon diplôme — ingénieur en informatique et télécom —, je fais soit fuir tout le monde, soit l’on me confie ses malheurs avec son ordinateur, et là, c’est moi qui fuis.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur ma carte de visite — Solutions Architect, formidablement traduit sur mon contrat par Architecte en Solutions —, on ne retient que le mot architecte, et on s’imagine n’importe quoi. Je ne conçois pas de maisons, de tours ou d’aéroports, mais des trucs immatériels, dont personne ne soupçonne l’existence. Enfin c’est le but.

J’ai envie de commencer par deux phrases entendues lorsque j’étais en école d’ingénieur. L’une à l’un de mes tous premiers cours, en première année, et l’autre en conclusion d’un de mes derniers cours de troisième année.

“N’importe quel imbécile peut écrire un algorithme qui fait ce qu’on lui demande. Ce qu’on vous demande, c’est d’écrire un bel algorithme”. C’était en TD, alors que la majorité du groupe n’arrivait pas à faire le premier exercice.

Mais c’est très vrai, l’informatique on peut toujours s’en sortir en bidouillant, on peut sous-traiter en Inde ou maintenant en Chine auprès d’ingénieurs débutants qui n’ont aucune idée de ce que veut le client. Ça finit toujours par tomber en marche. Mais c’est moche, c’est lent, c’est pas pratique, c’est impossible à faire évoluer.

En troisième année, nous avions eu un très bon cours de génie logiciel, par un professeur renommé, et nous avions appris toutes les règles à suivre, toutes les méthodes pour concevoir un logiciel. Et pour conclure ce cours : “Tout ce que l’on a vu dans ce cours, vous n’arriverez en fait jamais à l’appliquer. Parce que vous n’aurez jamais le temps et/ou l’argent nécessaire pour réaliser vos projets, ou parce que le client changera complètement d’avis à la dernière minute, vous communiquera des informations fausses, etc. Et c’est là qu’est la fonction d’un bon ingénieur : savoir choisir les bons compromis”.

Voilà ce que je fais : concevoir des logiciels ou des morceaux de logiciels qui soient beaux, de l’intérieur. Et aussi savoir faire, quand il le faut, des trucs immondes.

À suivre…

Mardi 20 mai 2008

Étranger je suis venu

Fremd bin ich eingezogen
Étranger je suis venu

Mais étranger je ne suis pas reparti.


Nathalie Stutzmann, Inger Södergren
Winterreise, Gute Nacht, Franz Schubert
(Calliope
)

Ce lied dit un au-revoir. Pour moi, il dit une découverte, une rencontre, un — le — bonheur.

C’était le dernier dimanche de décembre, il m’avait parlé de Nathalie Stutzmann, et nous venions d’acheter son enregistrement du Winterreise (Voyage d’hiver), qu’il cherchait depuis quelques jours.

Le disque commence avec ce lied, Gute Nacht, et ses premières notes de piano — par Inger Södergren — suffisent à m’émouvoir. Elles sont plus que quelques notes de piano ou le début d’un lied, elles sont cette fin d’après midi d’hiver, elles sont ce canapé, elles sont nous deux assis côte à côte, nos mains séparées de quelques millimètres.
Elles sont le prélude à tout ce qui a suivi. À tout ce qui va suivre.

Je découvrais Nathalie Stutzmann, et je savais le lendemain que ce que j’avais écrit quelques heures à l’avance et qui allait être publié à la première seconde de 2008 était déjà là.

Elle chante à Paris ce soir. Nous ne pouvions qu’aller l’écouter.

Lundi 05 mai 2008

Sans titre

Nuit

Trop de choses à écrire, qui ne peuvent être écrites. Ici.
Alors je retourne me réfugier dans la musique, à mon piano.


Inger Södergren, Choral No. 40 BWV 639 - Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ , J.-S. Bach

Samedi 26 avril 2008

Dans le jardin, il y a quelques printemps

Paeonia rockii

Une pivoine longtemps désirée, recherchée, puis dont la première fleur a été longtemps attendue.

Jusqu’à ce jour de printemps où elle est enfin apparue, belle et majestueuse, se suffisant à elle-même.

Elle est devenue maintenant chaque année un rendez-vous familial, une habitante du jardin dont on demande des nouvelles.

Elle est à nouveau en fleur.


Robert Schumann, Papillons op.2, No. 7
Nelson Freire
 

Dimanche 23 mars 2008

Un week-end et une mélodie

Partition Mendelssohn

J’ai inséré le disque dans le lecteur dès mon premier jour ici, chez mes parents.
Les morceaux défilent sous les doigts de Murray Perahia, et voici qu’arrive la romance sans parole Opus 67, numéro 2. Nous discutions de choses et d’autres, et j’attendais leur réaction à cette romance : dès les premières notes, ma mère et mon frère se sont tus. Tous les trois, nous éprouvions les mêmes émotions.

Elle paraît toute simple cette romance, mais je n’ai réussi qu’à en jouer correctement que quelques notes. J’en ai trouvé la partition, un vieux recueil recouvert de papier kraft et avec cette magnifique caligraphie au crayon à papier de Mendelssohn.

Cette vieille partition, l’histoire que raconte cette romance, notre émotion à tous : cette mélodie a baigné notre week-end pascal.

J’emporte avec moi à Paris la partition, tout en sachant que jamais je n’égalerai Murray Perahia.

 


Felix Mendelssohn, Lieder ohne Worte / Romances sans Paroles
Opus 67, No. 2 : Illusions Perdues
Murray Perahia, Songs Without Words

Mercredi 19 mars 2008

…j’ai trouvé cette chanson…

Demain devrait être le premier jour du printemps.

[...]
J’ai trouvé ce matin
Ton sourire plein de malice
Sur le bout de tes baisers
Sont posées des hirondelles
Qui annoncent le printemps

J’ai trouvé…

J’ai trouvé cette chanson
Pour que tu te souviennes
J’ai trouvé cette chanson
Pour que tu te rappelles
Sur le bout de tes baisers
Sont posées des hirondelles
Qui annoncent le printemps
La saison sera belle 
?.


Da Silva, Les Hirondelles 

Dimanche 09 mars 2008

Il y a un an

Il y a un an aujourd’hui, j’ouvrais ce blog et je me lançais dans cette aventure sans savoir où elle allait me mener, sans savoir ce que j’allais écrire et partager, sans savoir combien de temps cela durerait. Je ne le sais toujours pas, mais s’il y a une chose que je sais, c’est ce que cette année de blog m’a apportée.

Écrire m’a fait du bien, m’a permis d’apprendre sur moi-même, de me découvrir et de découvrir les autres. Rien d’extraordinaire, mais plein de petites choses dont je suis le seul à connaître la liste.

Des instants que j’ai partagés, des découvertes, des bonheurs et des moments plus tristes, des émotions, des interrogations.

Et puis il y a eu plein de rencontres, des blogueurs, des non-blogueurs, des échanges avec des inconnus. Certains sont devenus des amis. Et puis surtout, il y a eu, fin décembre, une belle rencontre, qui s’est transformée en une très belle histoire.

C’est cela que je retiendrai de la première année de ce blog, ceux qui sont devenus de vrais amis, et lui que j’ai rencontré.

Je repars sur ce blog pour une deuxième année, sans autre but que de continuer à être heureux avec ce et ceux que j’ai découverts ici, de l’écrire et de tenter de le faire partager.

À très vite, et merci de passer de temps en temps me lire.

Samedi 23 février 2008

Les Anglais

C’est une amitié qui était née entre eux et ma grand-mère, il y a peut-être quarante ans. Je les ai toujours connus, les Anglais.

La première fois que je les ai rencontrés, j’avais quatre ou cinq ans, j’étais paraît-il angoissé : “mais je ne sais pas parler anglais, moi !”

Tous les ans, ils venaient en France. Presque tout aussi régulièrement, nous allions chez eux. Une vieille maison à toit de chaume dans un petit village au charme fou où tous se connaissent. Il y a la marre au canard, sur la place. Il y a l’abbaye et son parc immense. Et puis l’église, entourée de son cimetière tout en pelouse et aux vieilles pierres tombales.

Elle était française, mais en fait plus anglaise que beaucoup d’anglais. La vieille angleterre, celle des traditions, raffinée, cultivée. Une cuisinière hors pair aussi, un mélange de cuisine française et de cuisine anglaise.
Lui, plus âgé, travaillait à la City : c’était il y a longtemps, et il y allait en redingote et chapeau haut de forme.

Évidemment, ils avaient un jardin magnifique, et un grand potager où j’allais cueillir les runner beans, qu’il fallait ensuite découper avec l’outil que l’on ne peut trouver que là bas. Les voisins participaient au concours des légumes géants.
Dans le jardin, on jouait au croquet, avant d’y prendre le thé, toujours avec un nuage de lait. Avant le dîner, l’apéritif, Gin & Tonic ou Whiksey Mac. Ensuite, la retransmission en direct des Proms sur la BBC.

Leur fils, et sa maison dans Londres. Il était architecte, sa femme - française - tenait un restaurant français et étoilé.

Pleins de petits souvenirs, qui représentent pour moi l’Angleterre, et les Anglais.

Hier soir, devant mon assiette de pot-au-feu, j’apprenais au téléphone qu’il s’était paisiblement éteint dans la matinée.

Vendredi 15 février 2008

Anna

1994, j’étais à Francfort chez mon correspondant allemand. J’ai oublié son prénom, lui et sa famille n’étaient de toute façon d’aucun intérêt.

Le principal du collège allemand qui nous accueillait était venu dans la classe, nous parler de l’importance de l’amitié franco-allemande. Il avait apporté avec lui une affiche annonçant l’armistice de 1945, et des larmes l’avaient interrompu dans les excuses qu’il voulait nous présenter.

Le samedi, c’était l’anniversaire d’Anna, la correspondante d’Anne-Sophie. Elle allait avoir 15 ans. Anna était très réservée, très protégée par ses parents. Seules des filles étaient invitées à son goûter d’anniversaire. L’une d’entre lui avait offert en cadeau Le Journal d’Anne Frank.
Discrètement, les parents d’Anna l’ont donné à Anne-Sophie, expliquant qu’il ne vallait mieux pas qu’Anna le lise, qu’ils n’en avaient jamais vraiment parlé et que cela lui ferait du mal, qu’elle était encore trop jeune.

Alors que l’association à chaque élève de CM2 du souvenir d’un enfant déporté fait débat - probablement à juste titre -, je repense à Anna, qui à 15 ans, ne connaissait rien de la déportation.


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