Archives de 2008

Mercredi 25 juin 2008

Björk — Volta Tour

Je ne suis pourtant pas fan de Björk, mais au hasard de places disponibles réapparues il y a une semaine sur le site de la Fnac, alors qu’elles étaient censées avoir été toutes vendues en 2 minutes, j’avais décidé d’aller la voir à l’Olympia.

C’était ce soir, et c’était juste envoûtant, magique, déchaîné, explosif. Une autre expérience musicale, peut-être pas si éloignée de celle d’hier.

Bjork à l\'Olympia, Volta Tour, 25 juin 2008

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Mercredi 25 juin 2008

Melancholia

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyque

La musique contemporaine, je n’ai pas les clés pour la comprendre, elle m’est étrangère et j’ai du mal à l’apprécier.

Hier soir, je suis allé voir Melancholia à l’Opéra Garnier, pour me faire une idée sur ce qu’est un opéra contemporain.
Melancholia, c’est une création mondiale, avec, m’apprend le programme, une musique microtonale.

J’avais lu les critiques de la première dans la presse, et toutes disaient la même chose : c’était une création triste, déprimante, ennuyeuse…

Alors je suis allé voir cet opéra sans m’attendre à quoi que ce soit. Et une fois dépassés cette musique faite de sons plus que de notes, le livret que l’on pourrait résumer à Acte I : nous sommes des amoureux ; Acte II : bois ! ; Acte III : va t’en et le décor des plus austères, je me suis laissé porter et j’ai ressenti la mélancolie — la tristesse, l’oppression et la peur — de Lars du Hattarvåg, ce peintre norvégien dont Melancholia raconte une partie de la vie.

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyqueLars est un peintre incompris, tourmenté, angoissé, narcissique. Il tombe amoureux de la (trop) jeune Hélène, fille de sa logeuse. L’oncle d’Hélène, Monsieur Winckelmann, découvre cette relation et demande à Lars de partir.
Lars va alors à la brasserie voisine, le Malkasten, où d’autres peintres le poussent à boire jusqu’à ce qu’il soit victime d’hallucinations.
Il retourne voir Hélène, avant d’être une dernière fois chassé de la maison.

Pris indépendamment, je n’aurai aimé ni la musique, ni le livret, ni la mise en scène, ni le décor. Mais tous réunis, ils formaient un ensemble réussi.

Le voilà qui arrive
ce Lars-le-Fou
ce Lars du Hattarvåg
celui qui ne sait pas peindre
celui qui s’est trouvé une amoureuse
Lars du Hattarvåg
te voilà qui arrive
ça se termine comme ça
ça devait se terminer comme ça
et jamais plus tu n’as revu
toi Lars-le-Fou,
ta chère Hélène

Ma culture musicale est très orientée, et jusque là, je n’aurai pas osé écouter un tel opéra. À la fin de la représentation, j’avais changé d’avis.
Ce n’est certes toujours pas ce que j’écouterai par plaisir chez moi, mais ça ne m’est plus inaccessible, et je peux aimer.

Melancholia, Opéra de Georg Friedrich Haas, livret de Jon Fosse
Création Mondiale, commande de l’Opéra National de Paris, juin 2008 

Dimanche 22 juin 2008

Le Conseiller (1)

Pour masquer l’absence de temps ou d’inspiration pour écrire sur leur blog, certains recopient extraits de romans, de poèmes, de chansons et autres citations. Je vais faire pareil, en faisant mieux et surtout beaucoup plus utile pour tous mes lecteurs qui envisagent de se fiancer ou de se marier, et ceux qui le sont déjà.

Je vais recopier ici des conseils absolument indispensables, extraits d’un petit livret de 1922, Le Livre d’or ou Le Conseiller des Fiancés et des Jeunes Mariés, par le “révérent Père Robert“, et “revu par un aumonier militaire directeur d’œuvres de jeunesse“.

Le Livre d'or ou le Conseiller des Fiancés et des Jeunes Mariés, 1922

Un mot au Lecteur

Une abominable propagande, qui se fait au moyen de brochures, de conférences, de réclames dans les journaux, de cours pratiques, encourage la suppression de la natalité et provoque à des manœuvres homicides dans des conditions et dans des proportions qui jusqu’à présent, étaient inconnues.

[...]

Il est donc temps, et plus que temps, de chercher à opposer une digue à ce dévergondage général.

[...]

Aussi, est-ce pour enseigner aux jeunes mariés la sainteté du mariage et ses différentes obligations, en même temps que pour combattre tous les abus qui s’y sont introduits peu à peu et qui cherchent à acquérir droit de cité, que ce petit livre, “Le Conseiller des Jeunes Mariés”, a été composé.

Puisse-t-il, avec l’aide de Dieu éclairer les ignorants, convertir les coupables et faire respecter par tous le saint état du mariage !

Voilà pour l’introduction. La prochaine fois, je vous apporterai la réponse aux questions suivantes :

Que faut-il dire de ceux qui sont en état de péché mortel, et qui se confessent mal ou qui refusent de se confesser avant de recevoir le sacrement du mariage ?

Comment doit-qualifier ceux qui refusent d’aller à confesse avant de se marier, mais, qui se procurent un billet de confession par le moyen d’une tierce personne ?

Que doit-on faire si l’on a eu le malheur de recevoir le sacrement de mariage en état de péché mortel ?

Vous pouvez apporter vos suggestions de réponse en commentaire.

Mardi 17 juin 2008

Vengeance, Acte II scène 2

Je pensais avoir trouvé comment me venger (Acte II, scène 1) de ma voisine qui m’avait inondé. Le peintre est passé ce matin pour commencer les travaux, et voilà que l’on découvre à nouveau une fuite qui vient de l’appartement du dessus. C’est reparti pour un an…

Elle a probablement lu ce que j’avais écrit sur elle hier soir, et a profité de la nuit pour injecter de l’eau sous pression dans mes murs. Je la soupçonne aussi de s’être associée avec les voisins de tous les étages supérieurs…

Pour venir la voir prendre sa douche, faites vite, elle quitte son appartement dans un mois. Et puis surtout, j’ai besoin de votre aide pour reprendre la main dans cette bagarre : l’un d’entre vous aurait-il une idée de représailles encore plus fortes ?

Lundi 16 juin 2008

Vengeance

Il y a maintenant presque un an et demi, ma voisine du dessus a inondé mon appartement. Pas une grosse inondation. Non, une petite, insidieuse, pendant plusieurs mois, du goutte à goutte… Et pendant tout ce temps, elle niait que cela puisse venir de chez elle, jusqu’à ce que je la prenne en flagrant délit.

L’eau gouttait à nouveau à mon plafond, et pour une fois, j’étais chez moi. Je monte frapper à sa porte, et j’entends depuis le palier de grands bruits d’eau qui viennent de chez elle. Elle m’ouvre, et m’assure que non, cela ne peut pas venir de chez elle, cela fait plusieurs heures qu’elle n’a pas ouvert le moindre robinet. Son mensonge était trop gros, elle a dû m’avouer qu’elle était en train de nettoyer sa douche. Enfin, elle était désignée comme coupable.

Quelques jours plus tard, en repartant de chez elle, le plombier s’arrête chez moi et m’explique qu’il n’y avait plus un seul joint entre les carreaux de sa douche, et qu’elle pensait que les joints étant juste décoratifs, il n’était pas utile de les refaire.
Encore quelques semaines et sa douche était enfin réparée.

Ensuite, il a fallut attendre de longs mois que les murs sèchent chez moi, que la peinture s’écaille partout, que le plâtre se boursoufle, que des auréoles décorent mon mur. Dans ma salle de bain et dans ma cuisine.

Constat d’experts, devis, file d’attente chez les artisans : le peintre vient enfin demain pour commencer les travaux. Heureusement mon assurance s’occupe de tout, c’est elle qui l’a trouvé, c’est elle qui va le payer.

Et là ce soir, j’ai commencé à vider ma salle de bain et mon coin cuisine. C’est incroyable ce que l’on peut ranger sur quelques étagères et dans quelques meubles ! Parce que je n’en ai vidé que la moitié et je n’ai déjà plus où me tourner. J’ai essayé d’épargner mon lit, mais je crois que je vais devoir dormir sur mes casseroles et mes poêles à frire la nuit prochaine…

Ce n’est malheureusement probablement rien à côté de ce qui m’attend pour le reste de la semaine : plus de salle de bain, plus de cuisine, et de la poussière absolument partout. J’en suis déjà traumatisé…

Alors, chère voisine, pour me venger, je vais révéler ici que tu as énormément grossi depuis quelques mois, et j’invite qui veut à venir te voir prendre ta douche.
Oui, bien que ton appartement soit au dessus du mien, depuis mon canapé on te voit très bien prendre ta douche. Toli peut en témoigner, et expliquer par quel miracle on te voit t’amuser chaque soir avec ton pommeau de douche.

Samedi 14 juin 2008

Bientôt.

Carnet de Notes, Louis

Bientôt, il faudrait que je parle de ce carnet.

Mercredi 28 mai 2008

“les bons compromis”

J’ai un peu parlé de moi ici, mais je ne pense jamais avoir écrit sur ce que je fais, sur mon métier. Pourtant c’est une partie de moi.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur mon diplôme — ingénieur en informatique et télécom —, je fais soit fuir tout le monde, soit l’on me confie ses malheurs avec son ordinateur, et là, c’est moi qui fuis.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur ma carte de visite — Solutions Architect, formidablement traduit sur mon contrat par Architecte en Solutions —, on ne retient que le mot architecte, et on s’imagine n’importe quoi. Je ne conçois pas de maisons, de tours ou d’aéroports, mais des trucs immatériels, dont personne ne soupçonne l’existence. Enfin c’est le but.

J’ai envie de commencer par deux phrases entendues lorsque j’étais en école d’ingénieur. L’une à l’un de mes tous premiers cours, en première année, et l’autre en conclusion d’un de mes derniers cours de troisième année.

“N’importe quel imbécile peut écrire un algorithme qui fait ce qu’on lui demande. Ce qu’on vous demande, c’est d’écrire un bel algorithme”. C’était en TD, alors que la majorité du groupe n’arrivait pas à faire le premier exercice.

Mais c’est très vrai, l’informatique on peut toujours s’en sortir en bidouillant, on peut sous-traiter en Inde ou maintenant en Chine auprès d’ingénieurs débutants qui n’ont aucune idée de ce que veut le client. Ça finit toujours par tomber en marche. Mais c’est moche, c’est lent, c’est pas pratique, c’est impossible à faire évoluer.

En troisième année, nous avions eu un très bon cours de génie logiciel, par un professeur renommé, et nous avions appris toutes les règles à suivre, toutes les méthodes pour concevoir un logiciel. Et pour conclure ce cours : “Tout ce que l’on a vu dans ce cours, vous n’arriverez en fait jamais à l’appliquer. Parce que vous n’aurez jamais le temps et/ou l’argent nécessaire pour réaliser vos projets, ou parce que le client changera complètement d’avis à la dernière minute, vous communiquera des informations fausses, etc. Et c’est là qu’est la fonction d’un bon ingénieur : savoir choisir les bons compromis”.

Voilà ce que je fais : concevoir des logiciels ou des morceaux de logiciels qui soient beaux, de l’intérieur. Et aussi savoir faire, quand il le faut, des trucs immondes.

À suivre…

Mardi 20 mai 2008

Étranger je suis venu

Fremd bin ich eingezogen
Étranger je suis venu

Mais étranger je ne suis pas reparti.


Nathalie Stutzmann, Inger Södergren
Winterreise, Gute Nacht, Franz Schubert
(Calliope
)

Ce lied dit un au-revoir. Pour moi, il dit une découverte, une rencontre, un — le — bonheur.

C’était le dernier dimanche de décembre, il m’avait parlé de Nathalie Stutzmann, et nous venions d’acheter son enregistrement du Winterreise (Voyage d’hiver), qu’il cherchait depuis quelques jours.

Le disque commence avec ce lied, Gute Nacht, et ses premières notes de piano — par Inger Södergren — suffisent à m’émouvoir. Elles sont plus que quelques notes de piano ou le début d’un lied, elles sont cette fin d’après midi d’hiver, elles sont ce canapé, elles sont nous deux assis côte à côte, nos mains séparées de quelques millimètres.
Elles sont le prélude à tout ce qui a suivi. À tout ce qui va suivre.

Je découvrais Nathalie Stutzmann, et je savais le lendemain que ce que j’avais écrit quelques heures à l’avance et qui allait être publié à la première seconde de 2008 était déjà là.

Elle chante à Paris ce soir. Nous ne pouvions qu’aller l’écouter.

Lundi 05 mai 2008

Sans titre

Nuit

Trop de choses à écrire, qui ne peuvent être écrites. Ici.
Alors je retourne me réfugier dans la musique, à mon piano.


Inger Södergren, Choral No. 40 BWV 639 - Ich ruf zu dir, Herr Jesu Christ , J.-S. Bach

Samedi 26 avril 2008

Dans le jardin, il y a quelques printemps

Paeonia rockii

Une pivoine longtemps désirée, recherchée, puis dont la première fleur a été longtemps attendue.

Jusqu’à ce jour de printemps où elle est enfin apparue, belle et majestueuse, se suffisant à elle-même.

Elle est devenue maintenant chaque année un rendez-vous familial, une habitante du jardin dont on demande des nouvelles.

Elle est à nouveau en fleur.


Robert Schumann, Papillons op.2, No. 7
Nelson Freire