Archives de 2008

Dimanche 31 août 2008

Vacances : des critiques

Les critiques de livre dans les librairies, c’est presque toujours positif, du style de coup de cœur du libraire, les indispensables, à découvrir, etc.

À la Librairie du Casino de Juan-les-Pins, il y a autant de critiques positives que de critiques négatives, et elles sont toutes en vitrine. Évidemment, celles que j’ai préférées étaient les critiques les plus assassines, d’autant plus qu’elles concernent les best-sellers de l’été !

 

(cliquer sur les images pour lire les critiques)

Le Pam-Pam, juste en face de la librairie, étant une rhumerie très animée.

Vendredi 29 août 2008

Souvenirs de vacances

En attendant que je raconte ici nos vacances, en voici un petit aperçu en photos.

Dimanche 17 août 2008

Le Carnet de Louis

LouisIl y a quelques semaines, je retrouvais un fond d’un placard ce petit carnet. Il appartenait à Louis.

Louis, c’est le grand-frère de ma mère. De ce que l’on m’a raconté, c’était l’enfant parfait. Ce petit carnet qui regroupe les notes qu’il prenait à l’école en témoigne.

Formules de géométrie, éducation religieuse, prière pour la fête des mères, géographie, histoire, paroles de la Marseillaise, déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen… Une cinquantaine de pages soigneusement calligraphiées, sur ce qu’il devait apprendre ou ce qui avait de l’importance à ses yeux.

Témoignage de l’éducation du milieu du siècle.
Lorsque les dernières pages ont été écrites, la guerre venait de se terminer. C’était en 1946.

Les dernières pages listent les “Dates des principaux événements qui sont produits dans le monde depuis sa formation jusqu’à nos jours”. D’il y a 1 500 000 années, “formation du globe”, à 1180, “Philippe Auguste : croisade contre les Albigeois”.

Les années suivantes, il ne les aura pas écrites. La chronologie s’arrête subitement.

Une intoxication alimentaire dans son pensionnat, prise en compte trop tard par les religieux qui le tenait, et une septicémie fulgurante.

Lorsque mon grand-père et ma grand-mère ont été prévenus, il était déjà trop tard. C’est son corps sans vie qu’ils ont emmené chez le médecin, à l’arrière leur Traction, dans un dernier espoir.

Ma mère est née quelques années plus tard. Elle n’aura jamais connu Louis, son grand-frère. Elle était l’enfant de remplacement. Aimée, mais qui ne pourrait jamais remplacer le petit Louis.

Ce petit carnet, je le garde précieusement. Il témoigne d’une partie de l’histoire, souvent tue, de ma famille.

Dimanche 10 août 2008

Cosmopolitan

Du rose, des cosmos, et des vacances au soleil très bientôt…

En attendant que je me remette à écrire ici, quelques instants de mon quotidien sont en photo par là.

Dimanche 03 août 2008

Une lettre reçue

Il y a une quinzaine de jours, je me suis replongé dans les romans de Françoise Sagan. Et j’ai redécouvert la préface des Merveilleux Nuages, le poème dont est extrait le sous-titre de mon blog. J’avais commencé à écrire sur tout ce qu’il me rappelait, sur celle qui m’avait prêté ce roman, celle avec qui j’ai partagé et découvert tant de choses pendant mon adolescence, et que j’avais finalement repoussé au petit matin, une nuit de fin d’été, sous la tente. La dernière fille.

Ce billet est resté à l’état de brouillon, et il le restera, parce qu’elle m’a écrit il y a quelques jours, comme si elle avait deviné tous les souvenirs que j’écrivais pour ce blog. Une longue lettre, comme toutes celles que l’on s’est échangées pendant des années, il y a dix ans.

Je ne sais pas quoi lui répondre, tant tout ce qu’elle m’a écrit est vrai. Alors plutôt que d’essayer de dire celui que j’étais entre 16 et 18 ans, ce qu’il y avait entre nous, je vais utiliser ses mots.

[...] Tu as su conserver ton mystère, malgré les interrogatoires de ces filles qui grouillaient et pépiaient autour de toi.

Nos longs échanges épistolaires ne tenaient-ils qu’à l’émulation, à notre goût commun de l’écriture ? À la correspondance de nos milieux sociaux ? À l’éducation reçue ?

Deux visions du monde qui ont dû évoluer à distance, probablement. Peut-être sur des chemins parallèles, qui sait ?

Somme-nous deux faces d’une même personne ? Toi plus stable, plus éduqué, plus averti sur la nature humaine, plus patient.

[...]

G. est passé dans mon dos. “J’écris à Vincen-t. Mon copain d’écriture”. Il a souri.

Et puis après tout, ce brouillon d’il y a deux semaines, je vais le recopier ici, avant de l’effacer. Il n’est pas terminé, il s’arrête sur un instant dont je me souviens toujours. Après, il n’y a plus eu que des garçons, ou presque. Et pour seul regret celui de m’être éloigné de Chloé.

Cette phrase qui sous-titre mon blog vient comme je l’avais déjà écrit d’un poème de Baudelaire.

Ma découverte de ce poème, je m’en suis souvenu il y a quelques jours alors que je me replongeai dans les romans de Françoise Sagan - suite obligée au film, c’était dans la préface d’un de ses romans : Les merveilleux nuages. C’est Chloé qui m’avait prêté ce volume, préfacé par ce poème de Baudelaire.

Et nous avions partagé ce poème.

Chloé, c’était mes dernières années lycée et mes années collège. Elle avait fait le tour du monde, et elle était arrivée dans ma classe en 4ème. Tout de suite nous avions été amis. De nos rédactions de français au collège à nos dissertations de philo en terminale, tout était entre nous sujet à une bataille complice. Nous échangions des lettres de plusieurs dizaines de pages, tout comme de petits billets, glissés entre les pages des livres que nous nous prêtions.

J’étais en troisième lorsque, sous un cerisier en fleur quelque part en allemagne, j’ai su qu’il y avait entre nous plus que de l’amitié : elle avait embrassé un autre garçon, et je découvrais la jalousie.

Cinq années d’adolescence, de complicité, de secrets partagés, de discussions passionnées, de découverte du monde et de la vie.

Jusqu’à cette soirée de fin d’été. Une fête parfaite, un piano sur la terrasse où je m’étais installé. Les filles s’étaient succédées à mes côtés, et les verres aussi. J’improvisais, autour de chansons, de musiques de film. Et au petit matin, 

Samedi 02 août 2008

À jeter

Sous prétexte que la publicité est décalée et qu’avec le Red Bull on peut tout se permettre, la canette de Red Bull, ça se jette derrière soi, par terre, sur le trottoir, et on le montre bien dans la publicité…

Publicité Red Bull

Cette publicité, qui passe régulièrement au cinéma (peut-être à la télé aussi, mais je ne la regarde pas), était encore plus adaptée avant Wall E — à voir, impérativement —, le dernier Pixar, dont une des morales est de limiter et faire attention à ses déchets…

Mercredi 16 juillet 2008

La tour, le petit Toli et sa grand-mère

Tour LopezEn face chez moi, il y a une grande tour de bureau. Une tour qui a marqué l’architecture du 20ème siècle : le premier “mur rideau à structure aluminium suspendue” peut-on lire dans les livres d’architecture.

Elle est depuis plusieurs mois en travaux, désossée, et il n’en subsiste plus que la structure métallique. Elle était devenue moche, mais de par sa valeur historique, elle a de justesse échappé à la démolition et sera conservée, pour être tout de verre vêtue. Elle sera au centre d’un nouvel ensemble immobilier en construction : bureaux, immeubles d’habitation, hôtels particuliers et commerces.

Le petit ToliCette tour je la vois tous les jours, elle fait partie de mon paysage quotidien, et à chaque fois que je passe devant elle, je pense au petit Toli qui y était venu assister au départ en retraite de sa grand-mère.

Il était venu chez moi un soir de décembre où j’avais besoin de réconfort. Nous avions partagé vins et fromages, et les souvenirs de cette tour et de ma rue lui étaient revenus. Subitement. D’abord sans qu’il soit certain que c’était cette rue, cette tour, puis ensuite confirmés par sa grand-mère.
Il me les a racontés, et depuis, à chaque fois que je passe devant cette tour, je continue de les imaginer, chaque jour plus précisément.

Sa grand-mère en blouse blanche face à d’énormes ordinateurs, de grandes salles blanches, des pupitres de commande, de grosses imprimantes et des disques dur à l’allure de tambour de machine à laver. Tout cela pour gérer les parisiens et leurs allocations.

Le jour de la retraite était venu, un pot de départ était organisé et le petit Toli avait accompagné sa grand-mère pour ce dernier jour. Quelques bouteilles, quelques gâteaux, et de gros cadeaux.
Des cadeaux qu’il avait fallu ramener jusque chez elle, quelque part loin dans le Val d’Oise. Ils avaient tous les deux les bras chargés de sacs et de paquets, le chemin paraissait sans fin au petit Toli, et pour sa grand-mère, c’était une page qui se tournait, un moment émouvant qu’elle avait souhaité partager avec son petit-fils.

Je ne connaîtrai probablement jamais sa grand-mère, mais leur souvenir est maintenant à jamais associé à ma rue et ils construisent avec tous les autres l’histoire d’une ville, ils lui donnent vie, à jamais.
Il aura suffi du hasard d’une soirée entre amis pour que se rencontrent ses souvenirs d’enfance et mon quotidien.

Maintenant, cette grande tour de métal n’est plus qu’uniquement un élément de mon paysage urbain. Ce sont aussi ces souvenirs, cette histoire, et ce que mon imagination a mis autour. C’est par eux que j’aime une ville, que j’aime Paris, que j’aime ma rue.

Mardi 08 juillet 2008

les quatre Vincent

Au bureau, à Paris, nous étions quatre Vincent.

Il y a un mois, un premier est parti. Suivi d’un autre il y a quelques jours.

Le prochain, ce sera peut-être moi. Parce que chaque matin j’ai de moins en moins envie d’aller travailler, et que j’ai déjà posé mon ultimatum il y a quelques semaines auprès de mon chef et de ma DRH.
Si rien ne change, alors d’ici à la fin de l’année, je serai parti.

Il ne me reste qu’à trouver où.

Dimanche 06 juillet 2008

À voir, à boire, à visiter, à revoir

Dans le désordre de mon week-end, et dans un style plutôt télégraphique :

Valse avec Bachir, un film, ou plutôt un documentaire d’animation, sur le Beyrouth de septembre 1982 et le massacre des camps de réfugiés de Sabra et Chatila. Tout y est très fort, jusqu’aux dernières images. À voir, obligatoirement.

Un Château d’Yquem 1999, que j’avais entreposé depuis quelques temps chez mon chéri, parce que ce n’était qu’avec lui que je pouvais partager ce plaisir, et maintenant les souvenirs de ces instants. Une bouteille qui mérite largement sa réputation — c’est une longue et lente explosion de parfums, dans un équilibre et une élégance parfaits —, et qui est un de ces plaisirs que l’on doit s’offrir, un jour.

Sagan : un beau film, qui m’a replongé dans mes souvenirs de lecture de mes années lycées…

À qui appartenaient ces tableaux, une exposition au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme : de très beaux tableaux — ma préférence est allée à toutes les natures mortes de l’école Hollandaise — et des explications historiques très intéressantes, sur la spoliation des œuvres d’art pendant la seconde guerre mondiale, et leur restitution, toujours en cours, aux familles spoliées. Et l’hôtel particulier en plein marais qui abrite le musée mérite à lui seul le détour.

Hairspray, en DVD : les bonus karaoké et cours de danse avaient été pour sa soirée d’anniversaire, et le film a été revu avec plaisir pour inaugurer comme il se doit une luxueuse nouvelle installation home-cinéma.

Sinon, demain, pour la première fois depuis très très longtemps, je vais devoir être au bureau à 9h (et ce sera pire pour le reste de la semaine). Et j’en ai juste pas du tout envie…

Vendredi 27 juin 2008

Le Conseiller (2)

Voici la suite des conseils prodigués dans le formidable Livre d’or ou Le Conseiller des Fiancés et des Jeunes Mariés, du Révérent Père Robert.

Chapitre Deuxième
Des dispositions requises à la réception du sacrement de mariage

[...]

D. Que faut-il dire de ceux qui sont en état de péché mortel, et qui se confessent mal ou qui refusent de se confesser avant de recevoir le sacrement de mariage ?

 R. Tous ceux qui reçoivent le sacrement de mariage en état de péché mortel, tout en étant réellement et validement mariés, commettent un affreux sacrilège et s’attirent les malédictions de Dieu. De là tant d’unions malheureuses !

D. Comment doit-on qualifier ceux qui refusent d’aller à confesse avant de se marier, mais, qui se procurent un billet de confesse par le moyen d’une tierce personne ?

R. Ceux qui refusent d’aller à confesse avant de se marier et qui, pour tromper leur future ou le curé, se procurent un billet de confession par le moyen d’une tierce personne, ne sont autre chose que des lâches et des hypocrites : ils veulent paraître ce qu’ils ne sont pas et ils ont peur de se montrer tels qu’ils sont. Peut-on imaginer quelque chose de plus vil et de plus abject ! Et dire qu’il y a des gens qui prétendent être bien élevés et avoir une certaine instruction qui ne rougissent pas de descendre jusque-là !

D. Que doit-on faire si l’on a eu le malheur de recevoir le sacrement du mariage en état de péché mortel ?

R. Quiconque a eu le malheur de recevoir le sacrement du mariage en état de péché mortel est tenu de réparer ce malheur, le plus tôt possible, par une bonne et sincère confession.

La prochaine fois:

Quelle est la fin primaire du mariage ?

Quelles sont les fins secondaires qu’on peut se proposer en entrant dans le mariage ?

Et question subsidiaire :

Peut-on chercher dans le mariage un remède à la concupiscence ?

Alors ? Vos réponses ?