La tour, le petit Toli et sa grand-mère

Tour LopezEn face chez moi, il y a une grande tour de bureau. Une tour qui a marqué l’architecture du 20ème siècle : le premier « mur rideau à structure aluminium suspendue » peut-on lire dans les livres d’architecture.

Elle est depuis plusieurs mois en travaux, désossée, et il n’en subsiste plus que la structure métallique. Elle était devenue moche, mais de par sa valeur historique, elle a de justesse échappé à la démolition et sera conservée, pour être tout de verre vêtue. Elle sera au centre d’un nouvel ensemble immobilier en construction : bureaux, immeubles d’habitation, hôtels particuliers et commerces.

Le petit ToliCette tour je la vois tous les jours, elle fait partie de mon paysage quotidien, et à chaque fois que je passe devant elle, je pense au petit Toli qui y était venu assister au départ en retraite de sa grand-mère.

Il était venu chez moi un soir de décembre où j’avais besoin de réconfort. Nous avions partagé vins et fromages, et les souvenirs de cette tour et de ma rue lui étaient revenus. Subitement. D’abord sans qu’il soit certain que c’était cette rue, cette tour, puis ensuite confirmés par sa grand-mère.
Il me les a racontés, et depuis, à chaque fois que je passe devant cette tour, je continue de les imaginer, chaque jour plus précisément.

Sa grand-mère en blouse blanche face à d’énormes ordinateurs, de grandes salles blanches, des pupitres de commande, de grosses imprimantes et des disques dur à l’allure de tambour de machine à laver. Tout cela pour gérer les parisiens et leurs allocations.

Le jour de la retraite était venu, un pot de départ était organisé et le petit Toli avait accompagné sa grand-mère pour ce dernier jour. Quelques bouteilles, quelques gâteaux, et de gros cadeaux.
Des cadeaux qu’il avait fallu ramener jusque chez elle, quelque part loin dans le Val d’Oise. Ils avaient tous les deux les bras chargés de sacs et de paquets, le chemin paraissait sans fin au petit Toli, et pour sa grand-mère, c’était une page qui se tournait, un moment émouvant qu’elle avait souhaité partager avec son petit-fils.

Je ne connaîtrai probablement jamais sa grand-mère, mais leur souvenir est maintenant à jamais associé à ma rue et ils construisent avec tous les autres l’histoire d’une ville, ils lui donnent vie, à jamais.
Il aura suffi du hasard d’une soirée entre amis pour que se rencontrent ses souvenirs d’enfance et mon quotidien.

Maintenant, cette grande tour de métal n’est plus qu’uniquement un élément de mon paysage urbain. Ce sont aussi ces souvenirs, cette histoire, et ce que mon imagination a mis autour. C’est par eux que j’aime une ville, que j’aime Paris, que j’aime ma rue.

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2 commentaires

  1. Le 30 juillet 2008 à 16h42 | Permalien

    Jolie histoire. Marrant la vie, pleine de surprises.

  2. toli
    Le 27 août 2011 à 20h39 | Permalien

    Je redécouvre cet article grâce à Google. Il faut absolument que je demande à ma grand mère les photos de l’époque. J’espère qu’elle les a encore. En tout cas, ce petit texte me touche encore plus ce soir. Bises

Un trackback

  1. Par { Absolutely Awesome } » Ce que je suis le 16 juillet 2008 à 23h11

    [...] vous invite à lire le billet de vincen-t sur son blog [...]

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.