Melancholia

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyque

La musique contemporaine, je n’ai pas les clés pour la comprendre, elle m’est étrangère et j’ai du mal à l’apprécier.

Hier soir, je suis allé voir Melancholia à l’Opéra Garnier, pour me faire une idée sur ce qu’est un opéra contemporain.
Melancholia, c’est une création mondiale, avec, m’apprend le programme, une musique microtonale.

J’avais lu les critiques de la première dans la presse, et toutes disaient la même chose : c’était une création triste, déprimante, ennuyeuse…

Alors je suis allé voir cet opéra sans m’attendre à quoi que ce soit. Et une fois dépassés cette musique faite de sons plus que de notes, le livret que l’on pourrait résumer à Acte I : nous sommes des amoureux ; Acte II : bois ! ; Acte III : va t’en et le décor des plus austères, je me suis laissé porter et j’ai ressenti la mélancolie — la tristesse, l’oppression et la peur — de Lars du Hattarvåg, ce peintre norvégien dont Melancholia raconte une partie de la vie.

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyqueLars est un peintre incompris, tourmenté, angoissé, narcissique. Il tombe amoureux de la (trop) jeune Hélène, fille de sa logeuse. L’oncle d’Hélène, Monsieur Winckelmann, découvre cette relation et demande à Lars de partir.
Lars va alors à la brasserie voisine, le Malkasten, où d’autres peintres le poussent à boire jusqu’à ce qu’il soit victime d’hallucinations.
Il retourne voir Hélène, avant d’être une dernière fois chassé de la maison.

Pris indépendamment, je n’aurai aimé ni la musique, ni le livret, ni la mise en scène, ni le décor. Mais tous réunis, ils formaient un ensemble réussi.

Le voilà qui arrive
ce Lars-le-Fou
ce Lars du Hattarvåg
celui qui ne sait pas peindre
celui qui s’est trouvé une amoureuse
Lars du Hattarvåg
te voilà qui arrive
ça se termine comme ça
ça devait se terminer comme ça
et jamais plus tu n’as revu
toi Lars-le-Fou,
ta chère Hélène

Ma culture musicale est très orientée, et jusque là, je n’aurai pas osé écouter un tel opéra. À la fin de la représentation, j’avais changé d’avis.
Ce n’est certes toujours pas ce que j’écouterai par plaisir chez moi, mais ça ne m’est plus inaccessible, et je peux aimer.

Melancholia, Opéra de Georg Friedrich Haas, livret de Jon Fosse
Création Mondiale, commande de l’Opéra National de Paris, juin 2008 

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3 commentaires

  1. Le 25 juin 2008 à 14h27 | Permalien

    Faut jamais lire les critiques de la presse sur les représentations de l’Opéra de Paris, elles sont toujours déprimantes! :-)

  2. Le 28 juin 2008 à 8h50 | Permalien

    tu sais, j’ai l’impression que cet opéra m’a laissé une impression encore meilleure le lendemain. Tout s’est peu à peu mis en place. La lecture du programme m’a quelque peu aidé. J’y retournerai, même au dernier moment ;-)

  3. Le 12 juillet 2008 à 16h59 | Permalien

    Le livret, quand même, le livret, est d’un déprimant inintérêt. Le rapport entre la mélancholie et cette vague histoire d’amant éconduit ?
    Heureusement qu’il y a la musique, et la cage de scène de Garnier comme on la voit rarement…

Un trackback

  1. Par Volta Tour | vincen-t le 25 juin 2008 à 23h31

    [...] C’était ce soir, et c’était juste envoûtant, magique, déchaîné. Une autre expérience musicale, peut-être pas si éloignée de celle d’hier. [...]

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.