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Soirée devant Clara Sheller http://twitpic.com/px2h (Il y a 10 heures)
Un Chardonnay de Stéphane Tissot (2005, Les Bruyères ♥♥♥♥), en attendant la livraison EatSushi. Surprenant ! (lire le billet original)

Mercredi 25 juin 2008

Melancholia

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyque

La musique contemporaine, je n’ai pas les clés pour la comprendre, elle m’est étrangère et j’ai du mal à l’apprécier.

Hier soir, je suis allé voir Melancholia à l’Opéra Garnier, pour me faire une idée sur ce qu’est un opéra contemporain.
Melancholia, c’est une création mondiale, avec, m’apprend le programme, une musique microtonale.

J’avais lu les critiques de la première dans la presse, et toutes disaient la même chose : c’était une création triste, déprimante, ennuyeuse…

Alors je suis allé voir cet opéra sans m’attendre à quoi que ce soit. Et une fois dépassés cette musique faite de sons plus que de notes, le livret que l’on pourrait résumer à Acte I : nous sommes des amoureux ; Acte II : bois ! ; Acte III : va t’en et le décor des plus austères, je me suis laissé porter et j’ai ressenti la mélancolie — la tristesse, l’oppression et la peur — de Lars du Hattarvåg, ce peintre norvégien dont Melancholia raconte une partie de la vie.

Thierry De Cordier, 2 Fontaines, diptyqueLars est un peintre incompris, tourmenté, angoissé, narcissique. Il tombe amoureux de la (trop) jeune Hélène, fille de sa logeuse. L’oncle d’Hélène, Monsieur Winckelmann, découvre cette relation et demande à Lars de partir.
Lars va alors à la brasserie voisine, le Malkasten, où d’autres peintres le poussent à boire jusqu’à ce qu’il soit victime d’hallucinations.
Il retourne voir Hélène, avant d’être une dernière fois chassé de la maison.

Pris indépendamment, je n’aurai aimé ni la musique, ni le livret, ni la mise en scène, ni le décor. Mais tous réunis, ils formaient un ensemble réussi.

Le voilà qui arrive
ce Lars-le-Fou
ce Lars du Hattarvåg
celui qui ne sait pas peindre
celui qui s’est trouvé une amoureuse
Lars du Hattarvåg
te voilà qui arrive
ça se termine comme ça
ça devait se terminer comme ça
et jamais plus tu n’as revu
toi Lars-le-Fou,
ta chère Hélène

Ma culture musicale est très orientée, et jusque là, je n’aurai pas osé écouter un tel opéra. À la fin de la représentation, j’avais changé d’avis.
Ce n’est certes toujours pas ce que j’écouterai par plaisir chez moi, mais ça ne m’est plus inaccessible, et je peux aimer.

Melancholia, Opéra de Georg Friedrich Haas, livret de Jon Fosse
Création Mondiale, commande de l’Opéra National de Paris, juin 2008 

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4 commentaires

MyAvatars 0.2

1. user comment Oli a écrit le Mercredi 25 juin 2008 à 14h27

Faut jamais lire les critiques de la presse sur les représentations de l’Opéra de Paris, elles sont toujours déprimantes! :-)

MyAvatars 0.2

2. user comment Volta Tour | vincen-t a écrit le Mercredi 25 juin 2008 à 23h31

[...] C’était ce soir, et c’était juste envoûtant, magique, déchaîné. Une autre expérience musicale, peut-être pas si éloignée de celle d’hier. [...]

MyAvatars 0.2

3. user comment toli a écrit le Samedi 28 juin 2008 à 8h50

tu sais, j’ai l’impression que cet opéra m’a laissé une impression encore meilleure le lendemain. Tout s’est peu à peu mis en place. La lecture du programme m’a quelque peu aidé. J’y retournerai, même au dernier moment ;-)

MyAvatars 0.2

4. user comment spicynico a écrit le Samedi 12 juillet 2008 à 16h59

Le livret, quand même, le livret, est d’un déprimant inintérêt. Le rapport entre la mélancholie et cette vague histoire d’amant éconduit ?
Heureusement qu’il y a la musique, et la cage de scène de Garnier comme on la voit rarement…

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