J’ai un peu parlé de moi ici, mais je ne pense jamais avoir écrit sur ce que je fais, sur mon métier. Pourtant c’est une partie de moi.
Si je dis ce qu’il y a écrit sur mon diplôme — ingénieur en informatique et télécom —, je fais soit fuir tout le monde, soit l’on me confie ses malheurs avec son ordinateur, et là, c’est moi qui fuis.
Si je dis ce qu’il y a écrit sur ma carte de visite — Solutions Architect, formidablement traduit sur mon contrat par Architecte en Solutions —, on ne retient que le mot architecte, et on s’imagine n’importe quoi. Je ne conçois pas de maisons, de tours ou d’aéroports, mais des trucs immatériels, dont personne ne soupçonne l’existence. Enfin c’est le but.
J’ai envie de commencer par deux phrases entendues lorsque j’étais en école d’ingénieur. L’une à l’un de mes tous premiers cours, en première année, et l’autre en conclusion d’un de mes derniers cours de troisième année.
« N’importe quel imbécile peut écrire un algorithme qui fait ce qu’on lui demande. Ce qu’on vous demande, c’est d’écrire un bel algorithme ». C’était en TD, alors que la majorité du groupe n’arrivait pas à faire le premier exercice.
Mais c’est très vrai, l’informatique on peut toujours s’en sortir en bidouillant, on peut sous-traiter en Inde ou maintenant en Chine auprès d’ingénieurs débutants qui n’ont aucune idée de ce que veut le client. Ça finit toujours par tomber en marche. Mais c’est moche, c’est lent, c’est pas pratique, c’est impossible à faire évoluer.
En troisième année, nous avions eu un très bon cours de génie logiciel, par un professeur renommé, et nous avions appris toutes les règles à suivre, toutes les méthodes pour concevoir un logiciel. Et pour conclure ce cours : « Tout ce que l’on a vu dans ce cours, vous n’arriverez en fait jamais à l’appliquer. Parce que vous n’aurez jamais le temps et/ou l’argent nécessaire pour réaliser vos projets, ou parce que le client changera complètement d’avis à la dernière minute, vous communiquera des informations fausses, etc. Et c’est là qu’est la fonction d’un bon ingénieur : savoir choisir les bons compromis ».
Voilà ce que je fais : concevoir des logiciels ou des morceaux de logiciels qui soient beaux, de l’intérieur. Et aussi savoir faire, quand il le faut, des trucs immondes.
À suivre…











10 commentaires
Tout a fait d’accord: Trouver et mettre en place les bons compromis… Ce n’est pas valable que pour l’informatique.
b ]
[Pareil pour les Jedis
Je trouve très justes les deux anecdotes que tu relates, et j’aime bien la façon tu décris ton métier. Je m’y retrouve un peu.
une chose est sur c’est que dans Ma GBQPB je crois que le code il est immonde :p
Hein? Tu ne fais pas des plans de maison???? Je suis déçu mais alors déçu!!!
Et ma main dans ta tronche?
Trop facile ça! C’est la faute du client que le machin y plante toutes les deux secondes!! Nan mais je rêve!
M’énerve lui!
Et tu fais même pas de plans de table alors?
Ben tu viens de faire l’acting out de ton mec avec ton dernier instantané, je ne connais pas ton nom mais je connais le sien maintenant (je n’achète sûrement pas le fig mais mon mec le ramène du boulot)
Il aurait pas préféré le coming out?
J’aime bien ton blog mais je préfère de loin Stutzmann dans Haendel que dans Schubert, mais je ne vais pas me battre pour ça…
Allez ciao
@Bambino : euh… J’ai donné le nom d’un journal, aucun détail, et il y a plusieurs dizaines de noms cités dans ce journal… Donc à moins de jouer au détective, il sera dur de trouver son nom !
>Bambino : de toute façon, tout le monde le connaît déjà mon nom !