« les bons compromis »

J’ai un peu parlé de moi ici, mais je ne pense jamais avoir écrit sur ce que je fais, sur mon métier. Pourtant c’est une partie de moi.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur mon diplôme — ingénieur en informatique et télécom —, je fais soit fuir tout le monde, soit l’on me confie ses malheurs avec son ordinateur, et là, c’est moi qui fuis.

Si je dis ce qu’il y a écrit sur ma carte de visite — Solutions Architect, formidablement traduit sur mon contrat par Architecte en Solutions —, on ne retient que le mot architecte, et on s’imagine n’importe quoi. Je ne conçois pas de maisons, de tours ou d’aéroports, mais des trucs immatériels, dont personne ne soupçonne l’existence. Enfin c’est le but.

J’ai envie de commencer par deux phrases entendues lorsque j’étais en école d’ingénieur. L’une à l’un de mes tous premiers cours, en première année, et l’autre en conclusion d’un de mes derniers cours de troisième année.

« N’importe quel imbécile peut écrire un algorithme qui fait ce qu’on lui demande. Ce qu’on vous demande, c’est d’écrire un bel algorithme ». C’était en TD, alors que la majorité du groupe n’arrivait pas à faire le premier exercice.

Mais c’est très vrai, l’informatique on peut toujours s’en sortir en bidouillant, on peut sous-traiter en Inde ou maintenant en Chine auprès d’ingénieurs débutants qui n’ont aucune idée de ce que veut le client. Ça finit toujours par tomber en marche. Mais c’est moche, c’est lent, c’est pas pratique, c’est impossible à faire évoluer.

En troisième année, nous avions eu un très bon cours de génie logiciel, par un professeur renommé, et nous avions appris toutes les règles à suivre, toutes les méthodes pour concevoir un logiciel. Et pour conclure ce cours : « Tout ce que l’on a vu dans ce cours, vous n’arriverez en fait jamais à l’appliquer. Parce que vous n’aurez jamais le temps et/ou l’argent nécessaire pour réaliser vos projets, ou parce que le client changera complètement d’avis à la dernière minute, vous communiquera des informations fausses, etc. Et c’est là qu’est la fonction d’un bon ingénieur : savoir choisir les bons compromis ».

Voilà ce que je fais : concevoir des logiciels ou des morceaux de logiciels qui soient beaux, de l’intérieur. Et aussi savoir faire, quand il le faut, des trucs immondes.

À suivre…

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10 commentaires

  1. Le 28 mai 2008 à 12h54 | Permalien

    :) Des trucs immondes comme la puce du deuxième Terminator ?

  2. Le 28 mai 2008 à 13h58 | Permalien

    Tout a fait d’accord: Trouver et mettre en place les bons compromis… Ce n’est pas valable que pour l’informatique.
    [Pareil pour les Jedis :o b ]

  3. Le 28 mai 2008 à 22h29 | Permalien

    Je trouve très justes les deux anecdotes que tu relates, et j’aime bien la façon tu décris ton métier. Je m’y retrouve un peu.

  4. Le 29 mai 2008 à 7h36 | Permalien

    une chose est sur c’est que dans Ma GBQPB je crois que le code il est immonde :p

  5. Le 29 mai 2008 à 11h43 | Permalien

    Hein? Tu ne fais pas des plans de maison???? Je suis déçu mais alors déçu!!!

  6. Le 29 mai 2008 à 13h28 | Permalien

    Et ma main dans ta tronche?
    Trop facile ça! C’est la faute du client que le machin y plante toutes les deux secondes!! Nan mais je rêve!
    M’énerve lui!

  7. Le 29 mai 2008 à 14h37 | Permalien

    Et tu fais même pas de plans de table alors? :(

  8. Bambino
    Le 2 juin 2008 à 23h21 | Permalien

    Ben tu viens de faire l’acting out de ton mec avec ton dernier instantané, je ne connais pas ton nom mais je connais le sien maintenant (je n’achète sûrement pas le fig mais mon mec le ramène du boulot)
    Il aurait pas préféré le coming out?
    J’aime bien ton blog mais je préfère de loin Stutzmann dans Haendel que dans Schubert, mais je ne vais pas me battre pour ça…
    Allez ciao

  9. Le 3 juin 2008 à 8h28 | Permalien

    @Bambino : euh… J’ai donné le nom d’un journal, aucun détail, et il y a plusieurs dizaines de noms cités dans ce journal… Donc à moins de jouer au détective, il sera dur de trouver son nom !

  10. Harry Covert
    Le 3 juin 2008 à 21h50 | Permalien

    >Bambino : de toute façon, tout le monde le connaît déjà mon nom !

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.