« Allo, tu veux que je t’escorte ce soir ? »

J’ai quitté le bureau en fin d’après-midi, en prévision des longues et tardives réunions téléphoniques auxquelles je préférais participer depuis chez moi.

Il était 17h passé de quelques minutes, et celle qui fait la gueule le matin, était déjà dans le métro. Sa journée n’avait probablement consisté qu’à attendre qu’il soit cinq heures, et les dernières heures de l’après midi avaient été consacrées à préparer le départ, pour sortir du bureau à l’heure pile.
Elle s’est assiste en face moi, a commencé ses grimaces, et un garçon qui devait avoir à peu près mon âge s’est assis de l’autre côté, face à elle également. Il était moche, les cheveux vaguement longs et mal colorés, mais son orientation sexuelle ne faisait aucun doute.

Il a consulté ses SMS, noté un numéro et a appelé. Il était tout sauf discret, et je n’ai pas manqué un mot de sa conversation téléphonique, ni la grognasse d’en face. Il s’est présenté, et a proposé à son interlocuteur ses talents d’escort. Il est très vite entré dans les détails pratiques, ce qu’il aimait faire, surtout avec sa langue, et a vanté ses pieds abimés de danseur, qui sont a-t-il insisté son meilleur atout.

Le plus amusant, c’était de voir le visage, bien que déjà décomposé de notre voisine d’en face, se décomposer plus encore, alors que lui en rajoutait dans les détails, son corps, ses fesses, ses accessoires… Pas besoin de tendre l’oreille, il parlait suffisamment fort pour être entendu d’au moins la moitié de la rame de métro.

En temps normal, j’aurais été un peu choqué d’entendre ce genre de conversation hurlée dans le métro, mais là, parce qu’il y avait cette horrible femme en face nous, je jubilais ! Elle en a entendu assez pour continuer de faire la gueule pendant encore quelques années !

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6 commentaires

  1. Le 26 février 2008 à 6h56 | Permalien

    La mine renfrognée comme à son habitude de trentenaire dépassée, elle pénètre dans le métro. Horloge parmi les autres, elle sonne cinq heures, déjà… Encore une journée de gâchée, encore une journée à oublier, à carrer sous l’oreiller une fois le ménage effectué. Cette vie la fait chier tout simplement, elle ne supporte plus le monde des transports, l’air ozoné de la ville. Cojan ni Ladurée n’arrivent plus à lui arracher ce sourire que naguère elle déployait à l’attention de ses proches. Le temps est passé là, il a tout ravagé, sa joie de vive, son humeur de jeune fille car enfin jeunesse est morte… elle n’est désormais plus qu’une vieille fille, toujours pucelle après toutes ces années. Les hommes la rebutent, quant aux femmes… Si seulement maman était là ! Débarque alors devant elle un trentenaire vulgaire. La jaquette lui va bien, le bord de la vie duquel il vocifère ses tristes insanités n’est à n’en pas douter celui du doigt levé. La nausée monte en elle, l’envie de restituer à cet ancêtre des mœurs le déjeuner immonde englouti comme toujours sur les coups de midi. Horloges, le temps s’effile, tic tac tic tac et c’est la mort qui sonne aux rendez-vous des heures…

  2. Harry Covert
    Le 26 février 2008 à 7h30 | Permalien

    Et toi, tu veux pas m’escorter ce soir ? :-)

  3. Le 26 février 2008 à 9h44 | Permalien
  4. Le 26 février 2008 à 22h05 | Permalien

    a quand l interdiction des portables dans le metro… deja qu’il faut supporter les tristes mines des passagers, maintenant on doit s’imposer leur vie minable…

  5. Le 27 février 2008 à 10h45 | Permalien

    Paris ses transport ou tout le monde ignore tout le monde.

    sauf que des tranche de vie sont a voire a entendre a vivre par procuration.

    parce que d’autres les offres…

    peut être cherchais t’il a se faire de la clientelle en direct.

  6. Le 27 février 2008 à 21h40 | Permalien

    Ehhh je vends pas d’escort girl :-D

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.