Anna

1994, j’étais à Francfort chez mon correspondant allemand. J’ai oublié son prénom, lui et sa famille n’étaient de toute façon d’aucun intérêt.

Le principal du collège allemand qui nous accueillait était venu dans la classe, nous parler de l’importance de l’amitié franco-allemande. Il avait apporté avec lui une affiche annonçant l’armistice de 1945, et des larmes l’avaient interrompu dans les excuses qu’il voulait nous présenter.

Le samedi, c’était l’anniversaire d’Anna, la correspondante d’Anne-Sophie. Elle allait avoir 15 ans. Anna était très réservée, très protégée par ses parents. Seules des filles étaient invitées à son goûter d’anniversaire. L’une d’entre lui avait offert en cadeau Le Journal d’Anne Frank.
Discrètement, les parents d’Anna l’ont donné à Anne-Sophie, expliquant qu’il ne vallait mieux pas qu’Anna le lise, qu’ils n’en avaient jamais vraiment parlé et que cela lui ferait du mal, qu’elle était encore trop jeune.

Alors que l’association à chaque élève de CM2 du souvenir d’un enfant déporté fait débat – probablement à juste titre -, je repense à Anna, qui à 15 ans, ne connaissait rien de la déportation.

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4 commentaires

  1. Le 15 février 2008 à 15h05 | Permalien

    Ca fait joliment écho à déclaration récente de Sarko (encore lui) qui veut que chaque élève porte la mémoire d’un déporté juif ou quelque chose dans le style (et oui, même en Belgique on entend parler de Sarko… Z’avez élu un sacré poids lourd médiatique vous !)

  2. Le 15 février 2008 à 15h14 | Permalien

    nier le passé, ne pas faire mémoire de ce passé obscure, et demain il recommencera..

  3. Le 15 février 2008 à 21h05 | Permalien

    Je me souviens d’un petit garçon de huit ans qu’un ancien déporté a emmené voir Nuit et Brouillard. Ce petit garçon est ressorti de la salle physiquement malade et psychiquement marqué pour plusieurs années. Ce petit garçon est devenu adulte, professeur et a emmené pendant des années ses élèves en Alsace, en classe européenne, où il a toujours tenu à leur faire connaître le Struthof. Il a fallu souvent qu’il convainque des parents réticents, il s’est fait aidé sur place par d’anciens déportés du camp. Cet enfant, cet adulte, ce prof, c’est moi. Et pourtant je trouve odieuse cette proposition mortifère à des enfants trop jeunes et pas préparés.Il y a un âge pour rêver et un âge pour connaître la cruauté du monde. N’essayons pas trop vite d’en faire des adultes, mais, le temps venu, n’oublions pas d’en faire des adultes. Le temps venu.

  4. Le 19 février 2008 à 18h08 | Permalien

    @calystee: je suis tout à fait d’accord avec toi, et dès que je l’ai entendue, je n’ai rien trouvé de bon à la proposition faite par Sarkozy. Mais lorsque, alors que nous étions sur le point de sortir du collège, j’ai découvert qu’Anna ne savait rien de cette période, j’ai été interloqué.
    À 15 ans, on est en âge de lire le Journal d’Anne Frank.
    À 10 ans, on ne peut pas s’identifier à une victime d’un tel crime et « porter » son nom. Si tant est que l’on puisse d’ailleurs l’être un jour.

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    Tiens, il manque une partie de mon salaire sur ma feuille de paie... et puis ma dernière note de frais, elle a du se perdre... Il y a 4 heures
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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.