Archives de février 2008

Vendredi 29 février 2008

Suggestions, de A à Z

Lister la première proposition de son navigateur internet, pour chaque lettre de l’alphabet : j’ai lu cet exercice amusant chez Matoo puis Toli, à mon tour de m’y lancer.

A > about:blank Non, ce n’est pas que j’aime lire des pages blanches, mais souvent j’ouvre une nouvelle fenêtre de mon navigateur avec le raccourci clavier “nouvel onglet”, pour éviter le chargement de ma page d’accueil (iGoogle), donc voilà pourquoi c’est le premier résultat. Le second: { Absolutely Awesome } absolutely.awesome.online.fr, le blog d’un Tip Top Boy

B > Matoo Blog blog.matoo.net En première place juste parce qu’il tronque ses billets dans son flux RSS (et je n’aime pas ça du tout !) Bon aussi parce que j’aime bien son blog et que je suis obligé d’y aller pour le lire en entier

C > ColiPoste coliposte.net Pour suivre des colis, parce que quelqu’un que je ne nommerai pas a abusé de mes offres de réduction et de ma boîte aux lettres pour ses achats sur Internet ;-)

D > Deezer deezer.com Pour écouter de la musique au bureau

E > espaceclient.orange.fr Parce que je viens de récupérer ma facture pour faire ma note de frais de février

F > Flickr flickr.com Où il y a plein de belles photos, d’inconnus, d’amis, de blogueurs. Et où je mets aussi quelques unes des miennes

G > iGoogle google.com/ig?hl=fr Ce que j’utilise comme page d’accueil dans mon navigateur

H > Hahlo hahlo.com Le client Twitter que j’utilise sur mon iPhone

I > Les premiers résultats correspondent à l’intranet de ma boîte, et ils sont suivis de Incipio Iter incipiter.net, un autre TipTopBoy

J > JVC jvc.fr Parce qu’il a perdu la télécommande de sa chaîne HiFi, et que matin et soir il est obligé de se lever pour aller l’allumer et l’éteindre, et que je cherchais une solution pour qu’il n’ait plus à soulever la couette et laisser s’y engouffrer plein d’air froid ! ;-)

K > Plein de résultats, mais tous liés à ma boîte, puisque son nom commence par un K…

L > Le Monde.fr lemonde.fr Pour m’informer, comprendre, avoir d’autres points de vue

M > GMail mail.google.com Faut que j’explique ?

N > NewsGator Online newsgator.com Pour lire les flux RSS auxquels je suis abonné, depuis mon iPhone ou au bureau, et parce que ça se synchronise avec NetNewsWire que j’utilise chez moi

O > Orange orange.fr Encore ?! J’y vais pourtant le moins possible, tant ce site est mal fait (et sans intérêt)

P > promethium:59902 Parce que c’est le nom de mon ordinateur portable au bureau. Le promethium, c’est l’élément atomique de numéro 61, et Prométhée, c’est celui qui a volé le feu aux dieux.

Q > query.adp.fr Mes parents sont rentrés hier du Mexique, et j’ai vérifié que leur vol était à l’heure

R > RATP ratp.info Pour vérifier avant de prendre le métro qu’il n’y a pas de problème sur la ligne que je veux prendre (et parce que j’ai luxe, autant chez moi qu’au bureau, d’avoir le choix entre trois lignes de métro et une ligne de RER)

S > Avec des vrais morceaux de pédéblogueur dedans solal.blogs.com Euh… je sais pas, pourquoi lui ? ;-)

T > Twitter twitter.com Parce que ça ne sert à rien et que c’est donc indispensable

U > UGC ugc.fr Y’a quoi au ciné ? À quelle heure ?

V > vincen-t vincen-t.com Ça, c’est ici !

W > ws.videoposte.com, www999.americanexpress.com Je n’aime pas faire mes comptes, alors je regarde juste le chiffre en bas de la colonne

X > rien, promis ! Enfin si, mais ça vient de mes bookmarks et je ne me souviens même pas de ce site, geek… xlr8yourmac.com

Y > YouTube youtube.com

Z > Comme pour X, rien ! Ou alors en provenance de mes bookmars, ZdNet : zdnet.com

Lundi 25 février 2008

“Allo, tu veux que je t’escorte ce soir ?”

J’ai quitté le bureau en fin d’après-midi, en prévision des longues et tardives réunions téléphoniques auxquelles je préférais participer depuis chez moi.

Il était 17h passé de quelques minutes, et celle qui fait la gueule le matin, était déjà dans le métro. Sa journée n’avait probablement consisté qu’à attendre qu’il soit cinq heures, et les dernières heures de l’après midi avaient été consacrées à préparer le départ, pour sortir du bureau à l’heure pile.
Elle s’est assiste en face moi, a commencé ses grimaces, et un garçon qui devait avoir à peu près mon âge s’est assis de l’autre côté, face à elle également. Il était moche, les cheveux vaguement longs et mal colorés, mais son orientation sexuelle ne faisait aucun doute.

Il a consulté ses SMS, noté un numéro et a appelé. Il était tout sauf discret, et je n’ai pas manqué un mot de sa conversation téléphonique, ni la grognasse d’en face. Il s’est présenté, et a proposé à son interlocuteur ses talents d’escort. Il est très vite entré dans les détails pratiques, ce qu’il aimait faire, surtout avec sa langue, et a vanté ses pieds abimés de danseur, qui sont a-t-il insisté son meilleur atout.

Le plus amusant, c’était de voir le visage, bien que déjà décomposé de notre voisine d’en face, se décomposer plus encore, alors que lui en rajoutait dans les détails, son corps, ses fesses, ses accessoires… Pas besoin de tendre l’oreille, il parlait suffisamment fort pour être entendu d’au moins la moitié de la rame de métro.

En temps normal, j’aurais été un peu choqué d’entendre ce genre de conversation hurlée dans le métro, mais là, parce qu’il y avait cette horrible femme en face nous, je jubilais ! Elle en a entendu assez pour continuer de faire la gueule pendant encore quelques années !

Samedi 23 février 2008

Les Anglais

C’est une amitié qui était née entre eux et ma grand-mère, il y a peut-être quarante ans. Je les ai toujours connus, les Anglais.

La première fois que je les ai rencontrés, j’avais quatre ou cinq ans, j’étais paraît-il angoissé : “mais je ne sais pas parler anglais, moi !”

Tous les ans, ils venaient en France. Presque tout aussi régulièrement, nous allions chez eux. Une vieille maison à toit de chaume dans un petit village au charme fou où tous se connaissent. Il y a la marre au canard, sur la place. Il y a l’abbaye et son parc immense. Et puis l’église, entourée de son cimetière tout en pelouse et aux vieilles pierres tombales.

Elle était française, mais en fait plus anglaise que beaucoup d’anglais. La vieille angleterre, celle des traditions, raffinée, cultivée. Une cuisinière hors pair aussi, un mélange de cuisine française et de cuisine anglaise.
Lui, plus âgé, travaillait à la City : c’était il y a longtemps, et il y allait en redingote et chapeau haut de forme.

Évidemment, ils avaient un jardin magnifique, et un grand potager où j’allais cueillir les runner beans, qu’il fallait ensuite découper avec l’outil que l’on ne peut trouver que là bas. Les voisins participaient au concours des légumes géants.
Dans le jardin, on jouait au croquet, avant d’y prendre le thé, toujours avec un nuage de lait. Avant le dîner, l’apéritif, Gin & Tonic ou Whiksey Mac. Ensuite, la retransmission en direct des Proms sur la BBC.

Leur fils, et sa maison dans Londres. Il était architecte, sa femme - française - tenait un restaurant français et étoilé.

Pleins de petits souvenirs, qui représentent pour moi l’Angleterre, et les Anglais.

Hier soir, devant mon assiette de pot-au-feu, j’apprenais au téléphone qu’il s’était paisiblement éteint dans la matinée.

Lundi 18 février 2008

Amer et pas très agréable

Entendu au Monoprix, à côté d’un tonneau sur lequel se trouvaient une bouteille de champagne, quelques gobelets en plastique, et une pile de bons de réduction, dans la bouche d’une dame élégante en manteau de fourrure :

- Je lui trouve une certaine amertume, pas très agréable à mon goût, mais je ne sais pas si c’est signe que c’est du bon champagne ou non… Je ne m’y connais pas tellement… Vous en pensez quoi vous ?

Évidemment, l’hôtesse chargée de vendre son champagne ne pouvait qu’affirmer que c’était un champagne extraordinaire, un des meilleurs.

Donc voilà, un bon champagne se doit d’être amer et désagréable. Dixit la vendeuse et avec l’approbation de la dame au manteau de fourrure.

Lundi 18 février 2008

“-t”

Quand il m’a fallut trouver un nom pour ce blog, et le nom de domaine qui allait avec, j’ai un peu par hasard choisi “vincen-t”, que j’avais déjà utilisé ici et et là. Pourquoi “vincen-t” ? Parce que c’est presque mon prénom, mais comme d’autres sont partout passés avant moi, il me fallait en trouver une déclinaison, la plus simple possible.

Le “-t”, c’est le t final de Vincent, et ce n’est pas, comme je peux le voir ici où là, sur d’autres blogs, dans des requêtes google, “vincent t”.

Lorsque je me présente devant d’autres blogueurs, dans la vraie vie, je dis que mon blog, c’est vincent point com, avec un tiret avant le T. Assez souvent, même ceux qui me lisent, ne font pas immédiatement le rapprochement, et au bout de quelques secondes d’hésitation, ils s’exclament : “Ah, mais oui, Vincent T !”.

Ce “-t” a fini par s’imposer dans ma présence sur Internet, sous ma plume, ou sous celles de quelques autres ;-) . Parfois même, des requêtes qui ne portent que sur la lettre T, mènent à mon blog.

Donc voilà, ici pas de pseudo ou de prénom qui n’est pas le mien. Juste un tiret, avant le T.

Vendredi 15 février 2008

Anna

1994, j’étais à Francfort chez mon correspondant allemand. J’ai oublié son prénom, lui et sa famille n’étaient de toute façon d’aucun intérêt.

Le principal du collège allemand qui nous accueillait était venu dans la classe, nous parler de l’importance de l’amitié franco-allemande. Il avait apporté avec lui une affiche annonçant l’armistice de 1945, et des larmes l’avaient interrompu dans les excuses qu’il voulait nous présenter.

Le samedi, c’était l’anniversaire d’Anna, la correspondante d’Anne-Sophie. Elle allait avoir 15 ans. Anna était très réservée, très protégée par ses parents. Seules des filles étaient invitées à son goûter d’anniversaire. L’une d’entre lui avait offert en cadeau Le Journal d’Anne Frank.
Discrètement, les parents d’Anna l’ont donné à Anne-Sophie, expliquant qu’il ne vallait mieux pas qu’Anna le lise, qu’ils n’en avaient jamais vraiment parlé et que cela lui ferait du mal, qu’elle était encore trop jeune.

Alors que l’association à chaque élève de CM2 du souvenir d’un enfant déporté fait débat - probablement à juste titre -, je repense à Anna, qui à 15 ans, ne connaissait rien de la déportation.

Jeudi 14 février 2008

Valentin

Valentin : c’est d’abord à lui que je pense à chaque fois que j’entends ce prénom. Il assistait avec nous aux cours de musique. J’avais une dizaine d’années, lui était plus jeune.

Il riait tout le temps, il était blagueur, charmeur. Sa grande sœur, Marie, jouait de la trompette. Une petite fille qui joue de la trompette, c’est rare.

Je ne sais plus de quel instrument jouait Valentin, probablement juste du xylophone diatonique, celui que l’on utilisait pendant les cours de solfège. Il le posait sur la tablette de son fauteuil électrique.

Valentin était atteint d’une maladie génétique, je ne me souviens pas exactement, une myopathie peut-être. Mon école de musique était ouverte à tous, et nous étions mélangés, si bien que je n’ai jamais fait attention à tous ces maladies ou handicaps. Nous étions réunis autour de la musique, le reste importait peu.
C’était il y a presque vingt ans, il n’est probablement plus là, et les seules choses dont je me souviens, ce sont sa grande sœur qui jouait de la trompette, son rire, son sourire, et son prénom. Valentin.

Mercredi 13 février 2008

Dans le noir

La fenêtre de mon bureau est orientée au Sud-Ouest. Étant à un étage élevé, rien ou presque ne cache le soleil et mon bureau pourrait donc être baigné par la lumière du soleil. Pourrait, parce que je suis entouré de collègues qui semblent ne pas supporter le moindre rayon de soleil.

Chaque matin, lorsque j’arrive, soit avant eux, soit dès qu’ils ont le dos tourné, je remonte tous les stores. Au bout de quelques heures, ils s’en rendent compte, et les ferment complètement, afin de plonger le bureau dans l’obscurité.

Nous passons déjà notre journée face à des écrans d’ordinateur, sous des bouches de climatisation et entourés de plantes vertes de bureau, qui n’ont de plantes que de nom, et de mobilier de bureau plastifié. La lumière du soleil est le seul élément extérieur et authentique qui pourrait pénétrer dans le bureau, mais ils n’en veulent pas.

Moi, j’ai besoin de cette lumière. Il m’est arrivé, chez des clients, de rester enfermé des jours durant dans des bureaux sans fenêtre. Je trouve qu’il n’y a rien de pire.

J’ai besoin de cette lumière naturelle, de sentir sur moi sa douce chaleur. L’obscurité et les lumières artificielles, ce n’est beau que la nuit. Chez moi ce soir, c’est sur la couleur rose qu’est réglée ma lampe Living Colors.


Make Peace
Pat Metheny, Brad Mehldau

Jeudi 07 février 2008

Les gens du métro

Cela va bientôt faire cinq ans que je suis arrivé à Paris, et bien que prenant le métro matin et soir depuis toutes ces années, je suis toujours aussi fasciné par le métro parisien, et je ne me lasse pas d’observer mes compagnons de voyage.
J’essaye de deviner d’où ils viennent, où ils vont, ce qu’ils font, à quoi ils pensent, qui ils sont. J’invente une vie et une personnalité à certains que je croise régulièrement.

Il y a ce grand monsieur à la posture gaullienne, la peau tirée et tendue sur les os, toujours élégant, ruban de la légion d’honneur sur la veste, qui a depuis longtemps dépassé l’âge légal de la retraite, mais qui continue d’aller travailler, quelque part à Madeleine. Je l’imagine capitaine d’industrie. Il a toujours un journal ou un livre à la main. Livre de politique ou d’actualité, toujours un peu contestataire, ou alors un roman. J’aime ses choix. Après tant d’années à nous être croisés, toujours dans la même rame de métro, et à la même porte, nous nous échangeons parfois un très discret bonjour.

Il y a, le matin, cette femme, qui à force d’avoir fait la gueule, en a le visage tout déformé. Et tout le trajet durant, elle sort son petit miroir pour regarder sa grimace, et étaler son mascara.

À la correspondance avec le RER montent tous ceux qui viennent de banlieue. Ils sont faciles à reconnaître. Je m’amuse toujours autant à regarder le sac de récupération en carton choisi par les femmes pour accompagner leur sac à main, et dans lequel elles apportent leur repas du midi. Il doit arborer le nom d’une marque ou d’un magasin qu’elles pensent prestigieux.

Il y a tous ces garçons sensibles et efféminés qui descendent à l’une des stations du 7ème arrondissement. Impossible de se tromper.

Il y a aussi, dans mon métro du matin et du soir, des voisins, des collègues, d’anciens collègues, ma DRH, des amis de lycée ou d’école d’ingénieur, des connaissances de sites de rencontre.

Un joyeux mélange au final, que j’observe, et que j’essaye de classer par catégorie. Sans y arriver, parce qu’en fait, je déteste mettre les gens dans des cases, et j’aime être surpris, découvrir que je m’étais trompé.
Comme ce soir où ces deux garçons que j’avais imaginé être deux collègues insipides qui n’avaient que des banalités à se dire se sont échangés un langoureux baiser sur le quai en sortant du métro.