Dans mes bras, il y avait…

À cinq ans, je prenais mes premiers cours de piano. Parce qu’il y avait toujours eu un piano à la maison, parce que ma mère en jouait.
J’en joue toujours.

Quelques années plus tard, je décidais de me mettre au violoncelle, parce que j’aimais la sonorité de cet instrument, sa forme, la façon dont on en jouait.

Le violoncelle, on le prend dans ses bras, on doit le faire vivre vibrer, créer chacune de ses notes, de ses sons. Sa forme est faite d’arrondis, il est de teintes chaleureuses, on voit les veines de son bois.
Le piano, on est juste assis face à lui, il suffit d’appuyer sur une touche pour que le son soit. Entre le piano et le pianiste, il n’y a que des touches blanches et noires, bien rangées les unes à côté des autres.

Le violoncelle, il faut ne faire qu’un avec lui et le faire vibrer dans ses bras ; le piano, il faut le dominer.

Une dizaine d’années plus tard, j’ai eu à choisir, je ne pouvais pas passer une heure par jour à travailler chaque instrument. Je n’ai continué que le piano, parce que face à son clavier, je me sentais libre et tout – ou presque – me semblait possible, je pouvais oublier la technique pour m’évader.

Mon violoncelle est depuis resté sagement rangé dans sa housse. Les premières années, il m’arrivait de l’en sortir, d’en jouer avec quelques amis. Puis je n’y ai plus touché, et j’ai tout oublié.
L’année dernière, je l’ai ressorti. Les crins de l’archet étaient tous cassés, et lui complètement désaccordé. J’ai cassé une corde en tentant de le réaccorder.

Du violoncelle, je ne connais plus que la sonorité, et c’est toujours celle que je préfère.

En écrivant ces lignes, j’écoute Anne Gastinel jouer les suites pour violoncelle de Bach, et c’est juste beau.

Cet article a été publié dans Confidences avec les mots-clefs : , . Bookmarker le permalien. Laisser un commentaire ou faire un trackback : URL de trackback.

3 commentaires

  1. Le 12 janvier 2008 à 23h39 | Permalien

    il c’est passé un peu la meme chose avec ma classique.

    depuis je regrette de n’avoir accordé plus de temps!

  2. Le 16 janvier 2008 à 15h11 | Permalien

    j’ai toujours gardé avec moi, dans mes cartons de déménagements successifs… ma flûte à bec :roll:

  3. Le 16 janvier 2008 à 17h11 | Permalien

    @MarcelD: tu joues de la flûte à bec… comme c’est mignon ;-)
    Bonne fête !!!

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera jamais publié ni communiqué. Les champs obligatoires sont indiqués par *

*
*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

Subscribe without commenting

  • Twitter

    Je n'aurai pas à déménager dans nos autres bureaux de la Défense, on vient de prolonger le bail à Opéra pour 5 ans :-) #soulagement 17/10/2011
  • Photos

    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
    Une photo sur Flickr
  • Instantanés

    permalink

    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

    permalink

    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

    permalink

    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

    permalink
    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.