Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?

Depuis plusieurs mois, cette phrase sert de sous-titre à mon blog.

Parce que, c’est toi, lecteur, l’extraordinaire étranger. Après plusieurs mois, je suis toujours autant intrigué par tous ceux qui viennent me lire, de manière anonyme. Il y a ceux qui viennent avec la régularité d’un métronome, et dont je ne connais qu’une adresse IP, toujours la même. Et surtout ceux que je ne peux pas suivre, mais qui n’atterrissent pas ici par hasard, mes dont mes statistiques d’accès ne me disent rien de plus.

Parce que ce poème de Baudelaire, c’est elle qui me l’a fait découvrir, alors nous n’avions que quatorze ou quinze ans. Elle : un jour peut-être, je reviendrai sur ces années, ces lettres de plusieurs dizaines de pages que nous nous échangions, cette complicité. Cet amour ?

« Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J’ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L’or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu’aimes tu donc, extraordinaire étranger ?
- J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages ! »

Le Spleen de Paris, I.
Charles Baudelaire

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9 commentaires

  1. Maestro Amadeus
    Le 8 janvier 2008 à 23h58 | Permalien

    J’aimerai bien dormir sur un nuage où toi tu y serais. If i have more than chance i can do it. But is impossible because i live in Morocco. ça sera peut être un rêve! Mais je ne pense pas qu’aux ébats sexuels, mais plutôt à mon attirance pour la musique classique! comme toi. Là douceur et intimité peuvent me donner encore plus envie de toi. I have just 21 years & i tell u this. Je drague! Et oui je sais, il faut tenter sa chance au moins une fois dans sa vie

  2. David
    Le 9 janvier 2008 à 1h38 | Permalien

    Qui sont ces gens qui vous rendent visite d’une telle regularité?

    Parmi eux, je m’identifie comme bostonien, un des deux hommes mariés l’un a l’autre.

  3. Le 9 janvier 2008 à 5h45 | Permalien

    est ce une frustration de finalement se demander mais qui peut bien me lire, et pourquoi?

    j’ai un peu le même cas, certainement dans des proportions bien différentes.

    parfois cela me fait froid dans les dos de ne pas savoir qui est passé…

  4. Le 9 janvier 2008 à 10h54 | Permalien

    Bah dis-donc, on est fliqué ici :shock:
    Mais tu es loin de tout savoir (par exemple, moi, maintenant j’utilise un agrégateur et je te lis parfois sans que tu ne le saches… :razz: )

    Prochaine étape: tu mets une caméra derrière chaque internaute??? :lol:

  5. calyste
    Le 9 janvier 2008 à 22h41 | Permalien

    Je suis moi aussi un de tes « métronhommes » et compte bien le rester, si tu me le permets. Comme toi, le fait d’être lu, par qui?, m’intrigue encore.

  6. Le 10 janvier 2008 à 15h44 | Permalien

    C’est bien gentil les nuages mais c’est pas ça qui met du beurre dans les épinards.

  7. melissandre
    Le 20 janvier 2008 à 21h05 | Permalien

    ICI juste ici je reviens parce que j’aime lire le cours de la vie Vincent , une ecriture belle et attachante! tellement differente de ce que j’ai pu voir sur certain blog !!!!

    France inter c’est genetique ,puis la musique classique paternel Wagner…. et Leo Ferre

    bonne nuit Vincent sensible

    Eva

  8. Le 22 janvier 2008 à 0h58 | Permalien

    Des promesses oubliées … :sad:

  9. Le 22 janvier 2008 à 9h10 | Permalien

    Ce qu’aime l’étranger que je suis, c’est bien moins la belle présentation de ton site que son contenu. Et le plaisir ce matin, d’être touché par ce texte que j’avais oublié. Le charme de Beaudelaire, c’est de se retrouver dans un mot, une phrase, une pensée. Bisous

Un trackback

  1. Par Une lettre reçue | vincen-t le 3 août 2008 à 22h46

    [...] les romans de Françoise Sagan. Et j’ai redécouvert la préface des Merveilleux Nuages, le poème dont est extrait le sous-titre de mon blog. J’avais commencé à écrire sur tout ce [...]

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    Je n'aurai pas à déménager dans nos autres bureaux de la Défense, on vient de prolonger le bail à Opéra pour 5 ans :-) #soulagement 17/10/2011
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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.