Archives de décembre 2007

Lundi 31 décembre 2007

Noël à quatre mains

En fait, de ce Noël, ce ne sont ni cette vieille montre retrouvée au fond d’une boîte, ni les cadeaux que j’ai reçus, ni les excellents repas que je retiendrai, mais ces quelques moments de la soirée du réveillon.

Il devait y avoir du champagne dans les verres, du feu dans la cheminée, et la seule lumière des bougies pour éclairer le salon.
Je suis parti chercher quelques partitions, et je les ai posées sur le piano. Schubert, Diabelli, Brahms. Il m’a suffit de jouer quelques notes de la fantaisie en fa mineur pour que mon frère vienne s’asseoir à côté de moi, et que nous commencions à jouer à quatre mains. D’abord cette fantaisie de Schubert, puis des sonatines de Diabelli, et des danses de Brahms.

Mains qui se frôlent, qui se croisent, qui se côtoient, pour ne former qu’une mélodie. Complicité extrême retrouvée, aucune parole n’est nécessaire, il nous suffit d’un regard, d’une respiration, de l’écoute d’une note, pour jouer ensemble.

Et puis, plus tard, pour terminer la soirée et avant de tous monter nous coucher, encore cette fantaisie de Schubert.

C’était vraiment ça, mon plus beau cadeau de Noël.


début de la Fantaisie op. 103 D 940 en fa mineur, Franz Schubert
Alexandre Tharaud, Zhu Xiao-Mei

Lundi 31 décembre 2007

2007, …

Au début du mois, j’avais voulu commencer une série de billets sur l’année écoulée, en me basant sur certaines de mes photos prises pendant l’année.

Les photos étaient déjà toutes choisies, j’ai commencé l’exercice, et puis… une rupture qui ne pouvait plus me rendre objectif, et l’envie, le temps de quelques jours au moins, de ne plus penser aux mois passés.

Il me reste maintenant trop peu de temps pour m’y remettre, et il n’est pas question non plus de dresser ici un bilan complet de ces douze derniers mois.

Je vais donc me contenter de mettre ici ces photos que j’avais choisies. Toutes correspondent à un moment précis de mon année, des souvenirs, des moments qui signifient beaucoup pour moi. Je vous laisse libre de leur interprétation.

(en visualisant les photos en pleine taille depuis mon blog, vous pouvez passer de l’une à l’autre avec les flèches qui apparaissent en passant la souris dans les angles supérieurs gauches et droits, ou avec les touches p(revious) et n(ext))

14 janvier 21 janvier 21 janvier (2) 18 février

18 février (2) 12 mars 16 mars 26 mars

31 mars 1er avril 15 avril 19 mai

2 septembre 24 octobre 4 novembre 21 décembre

Et s’il me fallait quand même faire un bilan de cette année ? Il serait malgré tout et assurément heureux et positif.

Jeudi 27 décembre 2007

Magie numérique

Pour une fois, un billet un peu geek, mais accessible à tous (enfin j’espère !).

J’illustre de temps en temps mes billets ici de photos que j’ai prises, et certaines apparaissent aussi au hasard, dans la colonne de droite. J’aime bien me promener avec mon appareil photo, pour tenter de capturer ce que je vois, et progresser.

Pendant longtemps, j’ai eu un compact numérique, et c’est en visitant le parc national de Yosemite, en Californie, que je me suis senti limité : à mon retour, j’achetais un appareil reflex, pour essayer de passer au niveau supérieur.

Tout de suite j’ai senti et vu la différence : dans la main, l’appareil est tout de suite différent, la prise en main change déjà tout. Et puis évidemment le viseur qui permet de voir ce que l’on photographie, la rapidité de mise au point et de prise de vue, la possibilité de régler ce que l’on veut, et enfin, une fois la photo prise, un résultat bien plus proche de la réalité.

Enfin c’est ce que je pensais, jusqu’à ce que je découvre un logiciel génial, DxO Optics Pro. J’ai utilisé pendant quelques semaines la version d’essai, et après y avoir gouté, il m’était réellement impossible de m’en passer, donc je l’ai acheté, malgré son prix.
Il ne marche que pour les photos prises avec certains boitiers reflex, on indique le boitier et l’objectif utilisé, et après pas mal de calculs, l’image est corrigée. Je ne vais pas recopier les caractéristiques listées sur leur site ou tenter un test complet puisque certains le font très bien, donc je vous laisserai juger par vous même du résultat avec les photos qui suivent.

Je l’utilise maintenant sur toutes mes photos, avant même de les trier. Une photo qui semble ratée peut devenir intéressante, et une photo que je trouve réussie semble ratée à côté de sa version corrigée.

Les photos ci-dessous ont été corrigées automatiquement (on peut aussi affiner soi-même chaque type de correction). J’aurai certes pu tenter dans iPhoto ou Photoshop une correction des niveaux de couleur, de la luminosité et du contraste, mais cela n’aurait pas donné le même résultat, corriger (je ne parle pas de retoucher) une photo, c’est bien plus compliqué.
Lire la version complè”te …

Jeudi 27 décembre 2007

Tic-Tac

montre.jpgQuand j’étais petit, je ne pouvais dormir qu’avec une vieille et grosse horloge dans ma chambre, bercé par le son de son balancier. Elle y est toujours, dans ma chambre chez mes parents, mais définitivement muette.

Ensuite, j’ai eu un réveil, qui faisait tout autant de bruit. Je l’aimais bien, mon réveil.

Et puis pour je ne sais quelle raison, j’ai plus tard banni de ma chambre tout ce qui faisait le moindre bruit la nuit.

Le jour de Noël, au hasard d’une discussion en famille, on est allé chercher une boîte pleine de vieux bijoux de famille, et j’y ai trouvé au fond plusieurs vieilles montres. Mon œil s’est tout de suite posé sur l’une d’entre elle, que je trouvais plus élégante que les autres. Je l’ai sortie de la boîte, et j’ai légèrement actionné son remontoir. Et là, la magie s’est produite : son mécanisme s’est réveillé, et la trotteuse s’est mise en marche.

montre2.jpgAu dos, des initiales indiquent qu’elle était probablement à mon arrière grand-père, que je n’ai jamais connu, c’était il y a beaucoup trop longtemps. Elle doit avoir aux alentours de cent ans.

C’est difficile de dire ce que j’ai ressenti en ayant cette montre entre les mains, et de la voir se remettre en marche, après des dizaines d’années au fond de cette boîte.
Je l’imagine dans la poche de cet arrière-grand père, pendant toute sa vie.
Un siècle plus tard, ce sont les souvenirs de choses que je n’ai pourtant jamais connues qui reviennent, un lien immatériel qui nous unit, et qui passe à travers cette montre, objet ô combien symbolique.

J’ai écouté son tic-tac pendant toute la journée, elle n’a pas pris une seconde de retard, mais une fois dans ma chambre, je n’ai pas réussi à dormir avec elle à proximité. Je n’arrive plus à dormir avec ce bruit aussi régulier et mécanique.

Et si c’était ça, mon plus beau cadeau de Noël ? Rentrer chez moi avec cette montre et tout ce qu’elle contient ?

Lundi 24 décembre 2007

Noël

Sapin de Noël, Grand foyer de l’Opéra Garnier (décembre 2007)L’activité se concentre à la cuisine depuis ce matin, la table est décorée, on termine d’emballer les derniers cadeaux, les musiques de Noël emplissent le salon. Noël en famille, heureux et uni.

Je pense néanmoins à tous ceux pour qui ces fêtes de fin d’année ne sont pas aussi joyeuses. Je viens de lire deux billets très émouvants : celui d’Atypik, et puis celui de Toli.

Alors plutôt que de me lire, allez les lire.

Bonnes fêtes de Noël, et des bisous, d’abord à eux, et puis à vous tous.

Dimanche 23 décembre 2007

Mon frère, ma mère, mon père

Dimanche 23 décembre 2007, 16h27

Jeudi 20 décembre 2007

Puis-je participer au concours Lépine ?

Mon goûter: un dessert à la grenade, de chez Cojean (forcément)Puisque google m’amène chaque jour plusieurs visiteurs qui cherchent à forcer le cadenas d’une valise, je vais contrebalancer tout ça en parlant aujourd’hui d’antivol. Un antivol que j’ai moi-même inventé, et qui est le fruit d’années de recherche et développement.

Voilà plusieurs années que je l’utilise, et il a toujours marché. Aujourd’hui encore, au bureau, pour protéger mon dessert jusqu’à l’heure du goûter.

Le voici, cet antivol spécial réfrigérateur (cliquez sur la photo pour le voir en entier).

Mon dessert à la grenade de chez Cojean, bien protégé

Mercredi 19 décembre 2007

Mer agitée

Pour Calyste, et parce qu’en effet, il y a dans la météo marine sur France Inter et dans la voix de Marie-Pierre Planchon de la poésie, des voyages, des rêves….
Des tempêtes et du beau temps.

Mercredi 19 décembre 2007

Comédie Sociale ?

Au lycée, en classe de première, un des thèmes que j’ai étudié pour le bac de français était la comédie sociale. Le seul livre qui me vient à l’esprit et que j’ai encore, à Paris, sur mes étagères, est Belle du Seigneur. Je l’ai même acheté dans la collection de la Pléiade.

Ce soir, j’ai repensé à tout ça : était-ce une comédie sociale, ou la vraie vie ? Je ne sais pas.

Quelques bouteilles de champagne et des cocktails plus tards, me voilà rentré, pas trop tard finalement, mais je ne sais pas comment. Je crois qu’au volant de la voiture qui m’a ramené chez moi, il y avait un investisseur - il m’a posé des questions auxquelles je ne comprenais rien, j’ai répondu n’importe quoi.

Ce soir, c’était la soirée de Noël de ma boîte. Restrictions budgétaires et… politiquement correct, à 21h tout était fini. J’ai été le seul à suivre les commerciaux. Bars, boîtes, je ne sais plus. J’ai fait semblant, de boire, de parler, de danser. On a été sages finalement.
J’avais mon appareil photo, j’ai des photos compromettantes, et on m’a déjà demandé d’en supprimer certaines.

Tout n’était-il ce soir que comédie sociale ? ou est-ce moi qui n’ait rien compris à la vie sociale ?

Mon thermomètre, sur le rebord de la fenêtre, indique qu’il fait froid. Très froid.

Je vais me coucher seul, ma couette tentera de me réchauffer, mais ça ne suffira pas.

Dimanche 16 décembre 2007

Le Peintre et sa Fiancée

C’était un jour d’hiver à Moscou, il y a un an ou deux. La neige tombait à nouveau, le vent soufflait. J’étais allé m’abriter dans un musée, le Musée des Beaux-Arts Pouchkine. Comme dans tous les musées russes, il faut d’abord passer au vestiaire, au sous-sol, où des grand-mères russes sont en charge de rangées de centaines de porte-manteaux. Comme à chaque fois, mon manteau posait problème puisqu’il n’était pas équipé de la boucle en tissu qui permet de l’accrocher, à la différence de tous les vêtements russes.

Au rez-de-chaussée du musée, de magnifiques collections de peinture flamande et de la renaissance italienne, et puis je suis monté à l’étage.

Je me suis rendu compte plus tard qu’il y avait un ordre dans les salles, je les ai prises à l’envers, mais cela ne changeait pas grand chose. Une formidable collection de peinture française, Renoir, Monet, Manet, Van Gogh, Gauguin, Cézanne, Matisse, Picasso, et j’en oublie beaucoup d’autres.
Mais dans la première salle sur la gauche, mon œil a tout de suite été attiré par une peinture de Chagall.

Un peintre, sa fiancée, et la tour Eiffel. Dans ce tableau, j’ai vu l’Amour. Il y était peint, resplendissant, éclatant, immense. Je suis resté de longues minutes devant ce tableau, envahi d’émotions, et probablement les yeux humides, et puis je suis revenu le voir une, deux, trois fois. Il n’était pourtant pas mis en valeur, tout seul dans un coin de la pièce, avec une petite étiquette tapée à la machine à écrire : “Le peintre et sa fiancée, 1980″.

Je n’ai ensuite pas trouvé trace de ce tableau dans le catalogue de ce musée, et les rares reproductions que j’ai pu en voir ne rendent rien, à côté de l’émotion qui m’a envahi lorsque j’ai vu ce tableau.

Lorsque je suis sorti du musée, la nuit était arrivée, et la neige continuait de tomber. Le soir au restaurant de l’hôtel, c’était encore une fois bœuf Stroganoff, et je continuais de penser à ce peintre, sa fiancée, et à leur amour.