En solitaire

J’ai passé la semaine à quelques centaines de kilomètres de Paris, et aussi paradoxal que cela puisse paraître,  alors que j’étais là-bas pour dispenser une formation, donc être au contact de plein de personnes, j’avais l’impression d’être seul.

Peut-être était-ce du fait de cette barrière artificielle entre le formateur, et ceux qui assistent à la formation ? Barrière vestimentaire : costume et cravate pour moi, plus décontracté pour eux ; barrière physique : moi debout face à eux toute la journée, eux assis ; barrière du temps: j’arrivais le premier le matin, je partais le dernier le soir, mes pauses étaient plus courtes que les leurs.
Avec les mêmes personnes, dans le cadre d’une mission de consulting, il y a plus de proximité, probablement parce que l’on s’assoit autour du même bureau, que le travail se fait à deux.

Alors certes, j’ai échangé avec eux en dehors de la salle de formation, des conversations professionnelles et d’autres plus personnelles, j’ai mangé avec eux le midi, mais la barrière persistait. Et puis lorsqu’une conversation m’aurait intéressé, je n’osais pas intervenir pour les contredire, comme par exemple lorsque je les entendu dire que Mika était terne, sans aucun charisme et très moche. J’étais le formateur. Certains me vouvoyaient et m’appelaient monsieur.

Et puis, la solitude de l’hôtel, en pleine zone de bureaux, en périphérie. Tous les soirs le restaurant de l’hôtel, seul face à mon assiette et mon verre. Puis seul dans ma chambre, et enfin seul à nouveau pour le petit déjeuner, devant un verre de jus d’orange, quelques viennoiseries et une tasse de café.

Cinq jours entiers passés à parler, à expliquer, à convaincre. Ne pas s’offusquer lorsque personne n’écoute, lorsque certains s’endorment après le repas. Essayer d’être à la hauteur des quelques dizaines de milliers d’euros que leur est facturée ma semaine. Alors chaque soir, je n’avais qu’une seul envie, dormir. Pas envie d’écouter de musique, de regarder la télé, de séries ou de films.

Vendredi soir, ils étaient très satisfait de leur semaine, mais moi j’étais épuisé, et j’étais enfin autorisé à bailler.
Samedi soir est arrivé, et à part quelques achats dans Paris, je n’ai eu le courage de rien faire, j’ai préféré rester seul.

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5 commentaires

  1. Le 24 novembre 2007 à 22h08 | Permalien

    Les déplacements professionnels en solo, c’est souvent difficile pour le moral. Mes premiers déplacements étaient avec une équipe dans laquelle l’ambiance était excellente, cela permettait de rendre le séjours moins désagréables, voire plaisants certains soirs. Mes déplacements suivants furent plus difficiles, avec la solitude du restaurant et de la chambre d’hôtel.

  2. Le 24 novembre 2007 à 22h49 | Permalien

    Hé ho, tu voudrais pas faire passer ton travail pour pénible et bénéficier de régimes spéciaux, non ? :lol:

    Bon, sérieusement, je te comprends : comme tu le sais, j’ai aussi fait des déplacements en solo ennuyants. Ils étaient moins longs mais cela ne m’empêche pas de me reconnaître dans ce billet.

  3. Le 25 novembre 2007 à 11h42 | Permalien

    La formation est un des actes de management les moins simple au monde je crois…
    Réussir à respecter le rythme(des formés), tout en respectant le plan.
    Le déplacement solo face à une population inconnue deuxième difficulté…
    Enfin moi j’ai une question puisque un jour j’aimerai bien être consultant aussi moua donc quel est ton niveau d’études, type d’étude etc… (si tu veux pourrais tu m’envoyer un mail !!!???)

  4. Le 25 novembre 2007 à 22h01 | Permalien

    @Zéro Janvier, Jonathan D. : les déplacements, j’en ai malheureusement l’habitude, et ils sont souvent plus longs et dans des endroits moins agréables ou plus lointains. Cette fois-ci, c’est vraiment le fait d’avoir donné une formation qui a rendu la situation particulière, et accentué l’impression de solitude

    @Arnaud: Tu as tout à fait raison ! Et je viens de répondre à ta question par mail :wink:

  5. Le 25 novembre 2007 à 22h49 | Permalien

    Je souscris mais… les déplacements professionnels où tu es en permanence avec ton boss, plusieurs jours de suite, du petit dej au coucher, avec tous les repas pris en commun -sans parler de tous les trajets, où tu ne peux même pas profiter de ton ipod- ça pèse aussi! :sad: je peux te le prêter de temps en temps si tu veux (le boss, pas l’ipod) :grin:

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.