Archives de novembre 2007

Jeudi 29 novembre 2007

iAmCrazy

Ce qui me connaissent savent que je m’intéresse à l’iPhone depuis le jour de sa présentation, en janvier dernier.

Ensuite, j’ai pu jouer avec avant qu’il ne sorte aux États-Unis, et comme ceux avec qui je travaillais étaient chargés de contrer les solutions de désimlockage, par respect et honnêteté, je n’ai pas voulu en ramener de là-bas.

J’ai donc attendu sagement qu’il arrive en France, et au fur et à mesure que la date arrivait, mes collègues, mes amis, ma famille, se faisaient de plus en plus pressants : quand allais-je aller l’acheter ? La question de savoir si j’allais l’acheter ne se posait même pas pour eux (ni pour moi d’ailleurs !).

Mercredi matin, dans le métro, c’est ma DRH qui est la première de la journée à me poser la question… Ensuite un par un, mes collègues sont venus me voir, m’ont tenu au courant de la formation de la queue sur les Champs-Élysées : le piège s’était refermé sur moi. À force d’en avoir trop parlé, tous avaient décidé que je devrais aller l’acheter mercredi soir… Je pensais attendre vendredi (RTT) pour aller calmemement dans une boutique Orange et éviter la foule.
J’ai été rattrapé par l’enthousiasme que j’avais répandu autour de moi, et à 17h30 je n’avais plus aucun choix: je devais quitter le bureau. J’ai pourtant essayé de demander à mes collègues s’il n’y avait pas quelque chose que je pourrai faire, mais non, tous avaient décidé que je n’aurai plus rien à faire ce mercredi.

J’arrive donc à 18h sur les Champs Élysées, en me disant que si la queue était trop importante, je rentrerai chez moi. Il y a une petite queue, pas très impressionnante, 150 mètres, donc je décide d’attendre. À 18h, la boutique ouvre, avec une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu, mais la queue ne bouge pas. Il fait froid, très froid. 19h… J’hésite : rester ? ou partir ? La queue commence à avancer, donc je reste. Les discussions dans la queue commencent, j’évite celles au sujet de l’iPhone, ou alors celles au second degré. On nous annonce qu’il faut 8 minutes par client, et qu’ils ont une dizaine de postes… et que la moyenne est de 60 clients par heure !!! Ayant commencé à sympathiser avec ceux qui étaient autour de moi, je décide de rester, tout en étant conscient de ma folie.

Le pire, c’était tous ces passants qui venaient nous demander : “Mais pour quoi faites-vous la queue ?” Nous de répondre : “L’iPhone”. Et là, la réflexion tellement vraie (s’ils ne la faisaient pas, je la faisais pour eux) : “Des heures de queue dans le froid uniquement pour un téléphone ? À 400 Euros en plus ???”. Je réalisais de plus en plus l’absurdité de cette attente. Et la queue n’avançait pas.

Au final, je suis resté, pensant d’abord que cela durerai jusqu’à 21h30, puis 22h, puis 23h… 23h30 finalement… dans la bonne humeur, heureusement, mais dans le froid. 0°C.

Dans la boutique Orange, les vendeurs s’agitent, mais c’est long. Modifier le contrat, associer l’iPhone à la carte SIM… Minuit moins dix, tout est fini, il ne me reste plus qu’à passer à la caisse, il y a 4 personnes devant moi, à minuit je serai sorti.

Et non. Tout le système de paiement s’éteint, plus possible de payer. Le cauchemard. Personne ne comprend ce qui se passe, tout simplement parce qu’aucune boutique Orange n’est restée ouverte jusqu’à minuit, et qu’à minuit, ce que tout le monde ignorait, le système de paiement s’éteint, passe en mode collecte, etc. Cela prend une vingtaine de minutes. Ensuite, il faut redémarrer le système, mais personne n’a le code… Minuit quarante, je paye, enfin. Je range mon iPhone dans ma poche, il y a du vol à la tire partout sur les Champs. Trop tard pour mon dernier métro… Un taxi et quinze minutes plus tard, me voilà chez moi.

Sept heures pour acheter un iPhone, donc presque 6 heures d’attente par zéro degrés. Demain ou vendredi, il ne suffira que de quelques minutes. Je me suis pris au jeu, me suis laissé entrainer dans ce tourbillon marketing… À ne pas refaire.

Mais je suis quand même plus que satisfait de mon achat !

Dimanche 25 novembre 2007

“Scherza infida in grembo al drudo”

Scherza infida in grembo al drudo.
Plaisante, infidèle, dans les bras de ton amant.

Io tradito a morte in braccio
Per tua colpa ora men vo.
Et moi, trahi, je m’en vais maintenant me jeter,
par ta faute, dans les bras de la mort.

Ma a spezzar l’indegno laccio,
Mais pour ta peine je reviendrai,

Ombra mesta, e spirto ignudo,
en ombre mélancolique, en simple esprit,

Per tu pena io tornerò.
briser ce lien infâme.


Aria, Scène 3, Deuxième Acte
Ariodante, Haendel
Marc Minkowski, Les Musiciens du Louvre
Ariodante: Anne Sofie von Otter

Dimanche 25 novembre 2007

CO2

D’après le calculateur d’Action Carbone, sur tous mes voyages en avion de l’année, j’ai émis près de 25 tonnes de CO2.
D’après celui d’Air France, qui prend en compte le type d’avions utilisés et d’autres critères précis, j’en ai émis 10 tonnes.

Quelle que soit la bonne valeur, c’est beaucoup trop. Si je voulais compenser ces émissions de CO2 en finançant des projets qui luttent pour la diminution de l’effet de serre, il en coûterait entre 150 et 375 Euros, suivant la base de calcul.
Je n’oublie pas qu’une compensation financière ne change rien à toutes ces tonnes de gaz à effet de serre émises et qui contribuent au réchauffement climatique : ce n’est pas parce que l’on paye que l’on a le droit de polluer.

Demain, je demande à mon entreprise de compenser toutes ces émissions de CO2, liées à mes déplacements professionnels.
Si elle refuse, je fais grève, des voyages.

Dimanche 25 novembre 2007

Écoutes

De la musique, oui, tout le temps. Elle m’accompagne depuis toujours.

Ça a commencé quand j’étais dans le ventre de ma mère. Peut-être est-ce pour cela que j’aime autant Bach, pour retrouver ces musiques que j’entendais quand j’étais fœtus.

Il y a donc toujours eu de la musique, mais au fur et à mesure des années, j’ai créé des habitudes et des rites d’écoute.

Il y a la musique que je n’écoute que chez moi, il y a celle que j’écoute dans le métro, le train ou l’avion, celle que j’écoute au bureau ou à l’hôtel.

Il y a celle que j’écoute le matin, et celle que j’écoute tard le soir.

À chaque instant, chaque lieu, chaque musique, un mode d’écoute différent. En CD pour la musique classique, toujours. Stockée sous forme compressée lorsqu’elle a été mixée, retravaillée.

Au casque pour certaines premières écoutes, ou pour en approfondir d’autres, pour entendre la précision des instruments, le timbre d’une corde ou d’une voix.
J’ai à côté de mon lit une platine CD dédiée à cet effet, et un casque formidable.

Lorsqu’il s’agit de musique classique, je vais mettre un par un les CD dans le lecteur de ma chaîne, et au bout de quelques jours se forment des piles autour d’elle, les strates de mes écoutes, et aussi de mes humeurs, de la semaine.
Pour les autres musiques, je pilote tout depuis iTunes, et j’envoie ces sons compressés par WiFi. D’où le drame lorsque j’ai constaté vendredi soir, en rentrant, que ma borne Airport Express était morte. Samedi, j’en achetais une nouvelle.

Presque jamais je n’utilise les haut-parleurs de mon ordinateur, et les rares fois où je le fais, je n’aime pas ce que j’entends. En début de semaine, j’y écoutais Chris Garneau, dans ma chambre d’hôtel, et je n’aimais pas. Le son était renfermé, la voix sans intérêt. Presque désagréable. La même écoute une fois rentré chez moi, sur de vrais haut-parleurs, changeait tout.

Quand je ne suis pas chez moi, c’est mon iPod qui m’accompagne, et je dois avouer, mes écouteurs m’ont couté plus cher que l’iPod. Un modèle dans le haut de la gamme de Shure. Cela a tout changé, ils ne peuvent pas êtres comparés aux morceaux de plastique qui émettent des bruits et qui sont fournis avec les lecteurs MP3.
Rarement de musique classique sur mon iPod, le monde extérieur et mouvementé n’y est pas adapté.

Il y a aussi, évidemment, les écoutes sans ces modes de retransmission artificiels. Celles où l’on est au contact des instruments. Ce sont les plus belles, et rien de pourra jamais les remplacer.

Et puis, aussi, celles qui se font sans aucun son, lorsque la musique est dans ma tête. Souvenirs lointains, ou souvenirs de quelque chose entendu plus tôt dans la journée.

Hier, je suis passé dans une librairie musicale, à la recherche de transcriptions pour piano d’œuvres de Bach. Je ne savais pas exactement ce que je voulais, alors j’ai ouvert les partitions, et en les lisant, j’entendais les œuvres dont il s’agissait, la précision et la richesse des transcriptions. Certaines me plaisaient, d’autres non, et c’est ainsi que j’ai fait mon choix.
Ensuite, dans le métro, j’ai ouvert la partition que j’avais achetée, et je l’ai lue. Mes doigts restaient immobiles, mais je les sentais se déplacer sur les touches du piano.
Et surtout, j’entendais la musique.

Samedi 24 novembre 2007

En solitaire

J’ai passé la semaine à quelques centaines de kilomètres de Paris, et aussi paradoxal que cela puisse paraître,  alors que j’étais là-bas pour dispenser une formation, donc être au contact de plein de personnes, j’avais l’impression d’être seul.

Peut-être était-ce du fait de cette barrière artificielle entre le formateur, et ceux qui assistent à la formation ? Barrière vestimentaire : costume et cravate pour moi, plus décontracté pour eux ; barrière physique : moi debout face à eux toute la journée, eux assis ; barrière du temps: j’arrivais le premier le matin, je partais le dernier le soir, mes pauses étaient plus courtes que les leurs.
Avec les mêmes personnes, dans le cadre d’une mission de consulting, il y a plus de proximité, probablement parce que l’on s’assoit autour du même bureau, que le travail se fait à deux.

Alors certes, j’ai échangé avec eux en dehors de la salle de formation, des conversations professionnelles et d’autres plus personnelles, j’ai mangé avec eux le midi, mais la barrière persistait. Et puis lorsqu’une conversation m’aurait intéressé, je n’osais pas intervenir pour les contredire, comme par exemple lorsque je les entendu dire que Mika était terne, sans aucun charisme et très moche. J’étais le formateur. Certains me vouvoyaient et m’appelaient monsieur.

Et puis, la solitude de l’hôtel, en pleine zone de bureaux, en périphérie. Tous les soirs le restaurant de l’hôtel, seul face à mon assiette et mon verre. Puis seul dans ma chambre, et enfin seul à nouveau pour le petit déjeuner, devant un verre de jus d’orange, quelques viennoiseries et une tasse de café.

Cinq jours entiers passés à parler, à expliquer, à convaincre. Ne pas s’offusquer lorsque personne n’écoute, lorsque certains s’endorment après le repas. Essayer d’être à la hauteur des quelques dizaines de milliers d’euros que leur est facturée ma semaine. Alors chaque soir, je n’avais qu’une seul envie, dormir. Pas envie d’écouter de musique, de regarder la télé, de séries ou de films.

Vendredi soir, ils étaient très satisfait de leur semaine, mais moi j’étais épuisé, et j’étais enfin autorisé à bailler.
Samedi soir est arrivé, et à part quelques achats dans Paris, je n’ai eu le courage de rien faire, j’ai préféré rester seul.

Lundi 19 novembre 2007

Forcer une valise avec une petite cuillère

C’était il y a un ou deux ans, mais je me retrouve cette semaine dans le même hôtel que lorsque cette mésaventure m’est arrivée, alors elle m’est revenue à l’esprit. La chambre et les petites cuillères n’ont pas changé. Ma valise non plus.

J’arrive dans ma chambre d’hôtel, épuisé par un départ à l’aube et surtout la journée, on m’attend une demi-heure plus tard au bar de l’hôtel, je veux juste prendre une douche et remplacer costume et cravate par des vêtements plus décontractés. J’avais, pour le voyage en avion, verrouillé ma valise avec le cadenas à code intégré. Mon code est des plus faciles à trouver, 3 chiffres qui se suivent (mais pas 123 ;-) ), et surtout impossible pour moi à oublier. Je positionne les 3 curseurs sur les bons chiffres et… pas de déclic. Me serai-je trompé ? Je réessaye, rien à faire. Peut-être un autre code alors ? J’essaye toutes les combinaisons à 3 chiffres qui peuvent avoir pour moi une signification : extraits de code de carte bleue, de numéro de téléphone, de date de naissance, mais aucune n’ouvre ma valise.

Je tourne les curseurs en collant mon oreille sur le cadenas, normalement on entend un faible déclic lorsque chaque chiffre est bien positionné, mais là, rien.

Il ne reste que la solution d’essayer toutes les combinaisons une par une, de 000 à 999 : je m’arme de courage et méthodiquement je les teste toutes. Toujours rien, ma valise reste fermée.

Je suis déjà en retard pour rejoindre mon collègue au bar. J’essaye à nouveau toutes les combinaisons, au cas où j’en aurai passé une trop vite, sans succès.

La petite cuillèreJe regarde ce qui pourrait m’aider dans la chambre, mais à part un crayon, un bloc note et des porte manteaux, aucun objet… Je sors alors mes clés, pour essayer de forcer la serrure, et je ne réussis qu’à commencer à tordre la clé de mon appartement : j’abandonne vite cette solution, pour éviter de me retrouver en plus à la porte de chez moi quand je rentrerai.

Et c’est là que je vois les petites cuillères. C’est avec l’une d’entre elles que j’ai consciencieusement rogné le plastique du cadenas, jusqu’à libérer l’extrémité des fermetures éclair qu’il retenait.

À mon retour, j’ai démonté le cadenas pour comprendre ce qu’il s’était passé, il s’était juste bloqué. Ouf ! Ce n’était pas ma mémoire qui avait flanché !

Et depuis ce jour, ma valise est facilement reconnaissable :-)

Ma valise, depuis

Dimanche 18 novembre 2007

Et une autre qui commence

Je la connais déjà par cœur. Le réveil qui va sonner beaucoup trop tôt lundi matin, après une nuit trop courte parce que je n’arriverai pas à être raisonnable et à me coucher tôt.

Un petit déjeuner rapide, le taxi qui va m’appeler en arrivant en bas de chez moi. Il fera froid.
Attendre à l’aéroport, le décollage, un café pas bon et puis l’atterrissage. Rangée 1. Mon iPod pour compagnon.

Puis ensuite une semaine dont tous les jours vont se ressembler. Chambre d’hôtel et restaurant en solitaire, au milieu de nulle part, avec des bureaux et l’aéroport pour seul voisinage, et Internet et mon téléphone comme seul lien avec le monde extérieur.

Je passerai mes journées à parler, à expliquer, à convaincre. Je rentrerai épuisé vendredi soir.

Et avant que cette semaine ne commence ? Ce samedi et ce dimanche, un déjeuner improvisé, la découverte d’Ariodante par Minkowski, un bel anniversaire, des marches à pied nocturnes dans le froid parisien, un dimanche au chaud.

Ah oui, et puis ça y est, ce billet est le 201ème, alors je reviens à une bannière plus sage pour la nuit. Voilà ce que vous n’avez peut-être pas vu.

Bannière pour mon 200ème post

Vendredi 16 novembre 2007

Une semaine.

J’ai toujours l’impression que la semaine s’arrête au vendredi, le week-end étant un court espace qui n’appartient pas à cet emploi du temps réglé, découpé en jours et en heures. Donc nous voilà vendredi soir, et j’ai encore une fois l’impression que la semaine est très vite passée.

Grèves, vélib, marche à pied, achats inconsidérés et répétés. Une parenthèse de quelques jours du côté du boulot: faire autre chose, enfin.
Le froid.
J’aurai pu rester chez moi, bien au chaud, toute la semaine, mais travailler en solitaire me pèse, alors je suis allé au bureau chaque jour.
Du champagne, du vin, des Latte Crème Brûlée chez Starbucks.

Des discussions, de l’espoir.

Ce soir, Fischer-Dieskau me chante Les Amours du poète.

Et puis ce billet qui doit être le 200ème.
200 fois où je suis venu écrire ici, des bribes de moi. Beaucoup qui ne méritent pas la lecture, et quelques-uns dans lesquels j’ai beaucoup dit, explicitement ou au détour d’une phrase, d’une photo, d’un mot.

Alors, comme promis, pour ce 200ème billet, à l’heure où je suis habituellement sous ma couette, je serai sur ma couette. Mais pas pour longtemps, il fait froid.

Mardi 13 novembre 2007

B-1

J’ai eu la mauvaise idée de proposer de faire la même chose que Ditom pour mon 200ème billet ici, à savoir publier une photo de moi à poil… Et ceci est mon 199ème billet, le 200ème sera donc le prochain.

Donc non, pas de photo de moi ici (ceux qui se connectent tard le soir peuvent déjà me voir), mais un scandale, une escroquerie, que je me dois de révéler. Il y a six mois environ, un blogueur me promettait une coupe de champagne, et il n’a toujours pas tenu sa promesse.
Je n’ai pas pour habitude de divulguer ici des conversations privées, mais compte tenu de la gravité des faits, je vais en reproduire une partie ici, en ne laissant que son pseudonyme afin qu’il conserve l’anonymat.

Conversation Plugoo/Gtalk, 25 mai 2007

Dimanche 11 novembre 2007

Sarabande

Depuis hier et la découverte de cette nouvelle interprétation, cette sarabande m’habite.

J’ai essayé d’écrire la plénitude de leur beauté, le bonheur, la jouissance que ces suites me procuraient - Bach est pour moi au-delà de tout et tous, et j’ai un passé lointain de mauvais violoncelliste - mais je ne trouve pas les mots pour tout dire.

Alors le mieux est d’écouter.


Bach, Suite pour Violoncelle No. 5 en ut mineur, BWV 1011, IV. Sarabande
Jean-Guihen Queyras