iAmCrazy
Ce qui me connaissent savent que je m’intéresse à l’iPhone depuis le jour de sa présentation, en janvier dernier.
Ensuite, j’ai pu jouer avec avant qu’il ne sorte aux États-Unis, et comme ceux avec qui je travaillais étaient chargés de contrer les solutions de désimlockage, par respect et honnêteté, je n’ai pas voulu en ramener de là-bas.
J’ai donc attendu sagement qu’il arrive en France, et au fur et à mesure que la date arrivait, mes collègues, mes amis, ma famille, se faisaient de plus en plus pressants : quand allais-je aller l’acheter ? La question de savoir si j’allais l’acheter ne se posait même pas pour eux (ni pour moi d’ailleurs !).
Mercredi matin, dans le métro, c’est ma DRH qui est la première de la journée à me poser la question… Ensuite un par un, mes collègues sont venus me voir, m’ont tenu au courant de la formation de la queue sur les Champs-Élysées : le piège s’était refermé sur moi. À force d’en avoir trop parlé, tous avaient décidé que je devrais aller l’acheter mercredi soir… Je pensais attendre vendredi (RTT) pour aller calmemement dans une boutique Orange et éviter la foule.
J’ai été rattrapé par l’enthousiasme que j’avais répandu autour de moi, et à 17h30 je n’avais plus aucun choix: je devais quitter le bureau. J’ai pourtant essayé de demander à mes collègues s’il n’y avait pas quelque chose que je pourrai faire, mais non, tous avaient décidé que je n’aurai plus rien à faire ce mercredi.
J’arrive donc à 18h sur les Champs Élysées, en me disant que si la queue était trop importante, je rentrerai chez moi. Il y a une petite queue, pas très impressionnante, 150 mètres, donc je décide d’attendre. À 18h, la boutique ouvre, avec une demi-heure d’avance sur l’horaire prévu, mais la queue ne bouge pas. Il fait froid, très froid. 19h… J’hésite : rester ? ou partir ? La queue commence à avancer, donc je reste. Les discussions dans la queue commencent, j’évite celles au sujet de l’iPhone, ou alors celles au second degré. On nous annonce qu’il faut 8 minutes par client, et qu’ils ont une dizaine de postes… et que la moyenne est de 60 clients par heure !!! Ayant commencé à sympathiser avec ceux qui étaient autour de moi, je décide de rester, tout en étant conscient de ma folie.
Le pire, c’était tous ces passants qui venaient nous demander : “Mais pour quoi faites-vous la queue ?” Nous de répondre : “L’iPhone”. Et là, la réflexion tellement vraie (s’ils ne la faisaient pas, je la faisais pour eux) : “Des heures de queue dans le froid uniquement pour un téléphone ? À 400 Euros en plus ???”. Je réalisais de plus en plus l’absurdité de cette attente. Et la queue n’avançait pas.
Au final, je suis resté, pensant d’abord que cela durerai jusqu’à 21h30, puis 22h, puis 23h… 23h30 finalement… dans la bonne humeur, heureusement, mais dans le froid. 0°C.
Dans la boutique Orange, les vendeurs s’agitent, mais c’est long. Modifier le contrat, associer l’iPhone à la carte SIM… Minuit moins dix, tout est fini, il ne me reste plus qu’à passer à la caisse, il y a 4 personnes devant moi, à minuit je serai sorti.
Et non. Tout le système de paiement s’éteint, plus possible de payer. Le cauchemard. Personne ne comprend ce qui se passe, tout simplement parce qu’aucune boutique Orange n’est restée ouverte jusqu’à minuit, et qu’à minuit, ce que tout le monde ignorait, le système de paiement s’éteint, passe en mode collecte, etc. Cela prend une vingtaine de minutes. Ensuite, il faut redémarrer le système, mais personne n’a le code… Minuit quarante, je paye, enfin. Je range mon iPhone dans ma poche, il y a du vol à la tire partout sur les Champs. Trop tard pour mon dernier métro… Un taxi et quinze minutes plus tard, me voilà chez moi.
Sept heures pour acheter un iPhone, donc presque 6 heures d’attente par zéro degrés. Demain ou vendredi, il ne suffira que de quelques minutes. Je me suis pris au jeu, me suis laissé entrainer dans ce tourbillon marketing… À ne pas refaire.
Mais je suis quand même plus que satisfait de mon achat !


