Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée

Journée de grève aujourd’hui, j’ai préféré rester chez moi, même si parfois, j’aime aller jusqu’au bureau à pied, en longeant la Seine. Le bureau était de toute façon presque désert, et tous ceux avec qui je travaille actuellement sont sur d’autres fuseaux horaires.
C’est un luxe supplémentaire que j’ai, pouvoir ponctuellement travailler depuis chez moi, ou de n’importe où tant que je peux me connecter à Internet.
Je n’en abuse pas, parce que je n’aime pas ça. Rester une journée entière sans sortir de chez soi, ne voir personne d’autre que la boulangère, déjeuner tout seul, ne discuter de rien de vive voix.

Ce soir, pour la première fois depuis plusieurs semaines, j’ai regardé la télé. Je veux dire une chaîne de télé, en direct. Jusqu’ici, ce n’étaient que séries américaines arrivées miraculeusement sur le disque dur de ma freebox ou des DVD. Parfois quand même, je l’ai allumée, mais à chaque fois au bout de quelques minutes j’ai coupé le son. L’écran affichait des images, des mouvements et des couleurs que je ne regardais pas…
Donc ce soir, j’ai regardé Envoyé Spécial, rien de très joyeux. Au Liban, la majorité du personnel de maison est tenue en quasi esclavage. Une bonne partie de ce que nous mangeons viendrait de Chine. J’espère ne pas trop faire partie du « nous » : je préfère les produits frais ou d’origine clairement identifiée. Comme le pesto au vert magnifique qui accompagnait divinement mes pâtes, ce soir :wink:

Ma voix s’en est à nouveau allée. Je viens de me faire une tisane au miel, et je redécouvre les œuvres poétiques de Victor Hugo.

Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné;

Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

Elle court aux forêts, où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !

Victor Hugo, Les Feuilles d’Automne, XVI.

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5 commentaires

  1. Le 19 octobre 2007 à 5h41 | Permalien

    Tu as le droit d’avouer qu’il t’arrive de parler seul chez toi ! ne t’inquiete pas ! ça arrive a tous ! :grin:

  2. Le 19 octobre 2007 à 9h10 | Permalien

    tout pareil, je n’aime pas travailler de chez moi et je suis qd meme allé au bureau aujourd’hui, ceci dit je n’avais pas trop le choix :wink:

  3. Le 19 octobre 2007 à 12h44 | Permalien

    Il y a du personnel de maison en Chine que l’on n’est pas obligé de payer ? Quel pays merveilleux ! Si ce n’était qu’ils ne sauront jamais copier ce vert.

  4. Le 19 octobre 2007 à 12h46 | Permalien

    ah, au fait, merci pour Hugo…

  5. Le 19 octobre 2007 à 14h30 | Permalien

    C’est pratique un titi pour parler quand on reste chez soi! :lol:

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    Je n'aurai pas à déménager dans nos autres bureaux de la Défense, on vient de prolonger le bail à Opéra pour 5 ans :-) #soulagement 17/10/2011
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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.