J’avais commencé un billet sur ce sujet il y a une dizaine de jours, mais il est resté au stade de brouillon et serait probablement, comme tous les autres brouillons, passé à la poubelle si le sujet n’était pas revenu d’actualité aujourd’hui.
Tout avait commencé avec un compte Facebook, ouvert il y a plusieurs mois, tout comme mon compte Twitter. Au début juste par curiosité, comme je le fais avec de nombreux services à leur lancement. Récemment, comme mes voisins de blogs, je me suis mis à utiliser mon compte Twitter.
Concernant Facebook, à part la plateforme technique assez bien pensée, je n’y trouvais toujours aucun intérêt, et puis j’utilise déjà LinkedIn depuis plusieurs années pour rester en contact avec ceux que j’ai croisés dans un cadre professionnel. Quelques amis ou connaissances avaient bien trouvé mon compte Facebook, et j’avais cliqué sur « Accepter » au fur et à mesure de la réception de leurs invitations, mais je n’allais jamais plus loin. Et puis il y a eu quelques collègues, et j’en ai profité pour aller voir ce que j’avais sur ma page de profil. À peu près rien, sauf deux choses qui n’avaient pas à s’y trouver: « interested in men » et mon compte Twitter, qui mène très vite à mon blog. Des cases cochées sans réfléchir il y a quelques mois, juste pour tester.
Aucune raison de s’alarmer, j’ai juste fait un peu de ménage sur ma page Facebook. Je n’ai rien à cacher, mais je n’ai pas envie de tout montrer non plus. D’un côté il y a mon identité numérique professionnelle, et de l’autre celle plus personnelle, qui a ce blog pour point central. Il y a aussi ma famille et certains amis, que je n’ai pas envie d’inviter à lire ces pages.
Que faire ? N’avoir aucune identité numérique ? Non, cela ne marchera pas pour moi. En avoir plusieurs ? Oui probablement, sauf qu’il est impossible de les tenir toutes distinctes. On n’est anonyme presque nulle part sur Internet. Une adresse IP, une adresse e-mail ou un pseudo indexés par un moteur de recherche, une photo, un nom de domaine, un service d’archivage web qui a gardé d’anciennes pages pour l’éternité, le numéro de série de l’appareil photo dans une photo : je sais quelles sont les traces que l’on laisse sur Internet, et qu’il est illusoire de vouloir utiliser tous ces nouveaux services web tout en restant anonyme.
Pourtant lorsque j’ai pris conscience de cette collision il y a quelques semaines, puis aujourd’hui lorsque plusieurs de mes lecteurs m’ont invité à lier mon profil Facebook au leur, je me suis demandé quoi faire. Je n’ai toujours pas la réponse.
Essayer d’exposer deux identités ? Je vais essayer, mais je sais que très vite, des liens visibles et évidents apparaîtront entre elles, parce que je ne sais pas être double.











12 commentaires
Joli raisonnement qui s’apparente un peu à ce que je vis… Rares sont les personnes de mon entourage professionnel ou familial qui connaissent ma vie virtuelle, pourtant habilement cachée sous un pseudo… Mais comme tu le soulèves, rien ne peut-être caché longtemps sur le net…
Si tu trouves une solution, n’hésites surtout pas à en faire part !!!
j’aurais pu écrire ce post. j’ai eu le même cheminement de pensée ces dernières semaines avec Twitter, FlickR, mon blog, Facebook, Viadeo, et tant d’autres. En fait, on se pose tous plus ou moins la question, je crois. Sauf certains qui bloguent en prénom+nom et laissent des traces. Ai-je quelque chose à cacher ? Non. Alors, à quoi bon se poser trop de questions… j’ai des espaces plus professionnels que d’autres, d’autres espaces ou identités plus personnels ou intimes que d’autres. Google et un peu de bon sens permet de tout regrouper. Et pourtant, s’ils croient ainsi me connaître, ils se trompent, je suis bien plus complexe encore, ahahahahahaha
Cette question essentielle n’est malheureusement pas partagée par tous, la quête de célébrité, le besoin de {re}connaissance est à ce point plus fort dans ces sociétés jetables où médias et idées se fixent sur un être, le dépouillent de sa moelle et repartent sordidement à la recherche d’une autre de leur victime. Pour ma part j’avoue avoir plusieurs adresse email, chacune réservée pour une famille d’amis. Je n’aime pas ces sites, ces réseaux communautaires où le temps absorbé file à vitesse grand V, où nous nous exposons là, tels des martyrs sur la croix, les membres et le cerveau nus attirant le regard, des amis, des ennemis, des fourbes et des pervers.
Les traces que nous laissons sont toutefois légères, sauf à le désirer, l’IP n’est pas traîtresse, pas moins que le pseudo, il faut juste assumer si l’on laisse son nom au bas d’un petit texte, d’une image ou d’un rêve, assumer ce qui vient, ce qui naîtra sûrement de nos erreurs passées. Je n’ai de mon coté, rien du tout à cacher, cela me simplifie un petit peu la vie. Finalement, je ne risque rien de grave ce faisant, mon être est si complexe qu’il faut avoir accès à ses multiples facettes pour comprendre et puis voir qui se cache au dedans.
Le vrai toi, n’est-ce pas celui qui dégustera jalousement une gourmandise inavouable sur le bord d’une table un samedi d’automne ?
Voilà. Tu as la réponse : tu ne sais pas être double.
On ne pourra en effet trouver sur Internet que ce que j’y ai laissé, c’est-à-dire rien de plus que quelques bribes.
Le vrai moi, il n’est pas sur Internet.
Et c’est important de ne pas l’oublier : la vraie vie, elle ne se passe pas ici, tout aussi formidables que soient ces nouveaux modes de communication et de partage d’information.
Tout à fait d’accord avec ton dernier commentaire… Rien ne vaut la vraie vie…
Je posais la question récemment à Mister Geek (mais bon, lui je sais qu’il ne dort jamais…) Où trouvez-vous le temps de vivre avec tout ça? Pour moi, ça reste un mystère…
Déjà que mon blog me pèse à cause de ça parfois…
Pour l’intimité dévoilée, ça me rappelle une conversation entre nous il y a déjà plusieurs mois… Et je t’avais dit à l’époque que je n’assumais plus… Mais tu ne te dévoiles pas tant que ça ici rassure-toi.
@vincen-t : des « bribes » de moi, c’est la façon dont je parle de moi sur mon blog
@ditom : le mystère est plus ou moins dense selon mes amis-blogueurs
La preuve, je ne raconte pas toutes mes/nos virées diurnes ou nocturnes
Evitez de publier des photos persos, utiliser un pseudo et non pas son nom et avoir deux-trois adresses mails distinctes : ce n’est pas grand chose et ça me semble suffire pour rester anonyme, non ?
C’est marrant que tu parles de ce sujet, car ca ete une de mes grandes preoccupations sur le net. Avoir des identites distincts et biens etanches.
Et je me suis toujours dit que si qq’un arrivait a me demasquer, ca pourrait etre toi
Et aujourd’hui, je tombe sur ta photo, qui me mene sur ton blog, et la plus de doute…
Je ne voulais pas forcement tomber dessus. Mais faut dire que ta laisser quand meme pas mal de petits cailloux derriere toi. Moi aussi j’ai laisse qqs indices, de maniere involontaire ou peut etre pas tant que ca. Et personne n’est jamais venu me voir et m’en parler (okay mes indices sont supers legers).
Alors est-ce que personne n’a jamais vraiment fait attention, ou plus simplement la plupart s’en fout ?
Les questions que tu te posent je me les suis également souvent posées… et je n’ai pas trouvé de réponse totalement satisfaisante
Cependant, il est inimaginable d’avoir des identités totalement étanche. Reste à laisser faire les choses.
laisser faire les choses, c’est finalement plus simple, quand on a rien à cacher.
Bah non je ne suis pas Schizo
non
non
non
non
non
non non !
2 trackbacks
[...] Schizophrénie numérique ? Cette question essentielle n’est malheureusement pas partagée par tous, la quête de célébrité, le besoin de {re}connaissance est à ce point plus fort dans ces sociétés jetables où médias et idées se fixent sur un être, le dépouillent de sa moelle et repartent sordidement à la recherche d’une autre de leur victime. Pour ma part j’avoue avoir plusieurs adresse email, chacune réservée pour une famille d’amis. Je n’aime pas ces sites, ces réseaux communautaires où le temps absorbé file à vitesse grand V, où nous nous exposons là, tels des martyrs sur la croix, les membres et le cerveau nus attirant le regard, des amis, des ennemis, des fourbes et des pervers. Les traces que nous laissons sont toutefois légères, sauf à le désirer, l’IP n’est pas traîtresse, pas moins que le pseudo, il faut juste assumer si l’on laisse son nom au bas d’un petit texte, d’une image ou d’un rêve, assumer ce qui vient, ce qui naîtra sûrement de nos erreurs passées. Je n’ai de mon coté, rien du tout à cacher, cela me simplifie un petit peu la vie. Finalement, je ne risque rien de grave ce faisant, mon être est si complexe qu’il faut avoir accès à ses multiples facettes pour comprendre et puis voir qui se cache au dedans. Le vrai toi, n’est-ce pas celui qui dégustera jalousement une gourmandise inavouable sur le bord d’une table un samedi d’automne ? [...]
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