Chapitre 1

(Préface)

Pour commencer à me connaître, à me comprendre, il faut peut-être regarder quelles furent ma journée et ma soirée.
Je n’aime pas parler de moi, mais après beaucoup de coupes de champagne, quelques verres d’Aloxe Corton, de vin santo puis de Cognac, ma parole se libère un peu…

Lorsque je me suis réveillé ce matin, la maison était vide, ils étaient partis au marché, aux Lices. Je me suis installé dans la véranda, les portes sont grandes ouvertes, face au jardin débordant de fleurs. Un jus d’orange, une brioche qui sort du four, des confitures de mirabelles faites il y a quelques jours. Le Monde, Ouest-France, quelques magazines, le dernier FMR. Je suis pour le week-end chez mes parents, à Rennes.

Le déjeuner arrive vite, puis je m’installe dans un transat, dans le jardin. Des livres, un café, mon MacBook Pro et Internet, puis un thé.

Apéritif chez la voisine, beaucoup de champagne.

Retour à la maison, ma mère expérimente ce qu’elle a appris lors de ses cours de cuisine chez Roellinger, le dîner est à base de homard. L’argenterie est sortie. Mon frère a mis la table, il a recouvert la nappe blanche de boutons et pétales de roses anciennes blanches et roses.

La nuit est tombée, on a allumé les bougies. On termine le repas avec des macarons Ladurée. Puis, pour mon père et moi, un cognac. On parle des dernières vacances que l’on a tous passés ensemble, tous les quatre, ce devait être lorsque j’avais 16 ans… L’année n’avait pas été facile, les enterrements et mauvaises nouvelles s’étaient succédés, et pour oublier tout cela, on était parti pendant un mois au Québec. Avec mon frère et mes parents, nous avions loué une voiture, réservé des chambres d’hôte et fait le tour du Québec. Les souvenirs sont merveilleux, et l’on se dit que ce serait bien, l’année prochaine, de partir à nouveau tous les quatre…

Je me mets au piano, Bach, Schubert, Chopin. Puis l’Adagio de la sonate en ut dièse mineur – la fameuse Sonate au Clair de Lune.
Mon père et mon frère sont montés, il ne reste plus que ma mère. Je termine avec le prélude en do majeur du Clavier bien tempéré. J’ai fermé les yeux, ma mère est juste derrière moi, à droite. Je joue. La nuit est tombée depuis longtemps, on entend la chouette.

Sol-si-ré-fa-ré-si-ré-si-sol-si-ré-fa-mi-ré-(mi-sol-do)…

Bonne nuit maman, tu me dis que cela fait longtemps que je ne l’ai pas joué aussi bien.

Je monte dans ma chambre, un texto à mon chéri qui ne m’a pas donné signe de vie depuis hier, avant de me glisser dans mon lit, fait avec ces draps en lin brodés des initiales de mes grands ou arrières-grands parents.

Il vient de me répondre, je peux maintenant m’endormir.

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Adagio de la Sonate No. 14 en ut dièse mineur (Sonate au Clair de Lune) Op. 27, Ludwig Van Beethoven, par Nikolai Lugansky (2005) – mon enregistrement préféré

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6 commentaires

  1. Le 12 août 2007 à 12h45 | Permalien

    Une journée comme on aimerait tous en vivre … et qu’on aimerait pouvoir raconter aussi bien.

  2. Le 13 août 2007 à 13h07 | Permalien

    une bien jolie journée … ca donne envie

  3. Le 13 août 2007 à 23h20 | Permalien

    Il y a des jours comme ça, où je me pose la question du pourquoi je blogue, pourquoi je fais le zazou, pourquoi je ne suis pas sérieux ? Et puis ce soir, je reviens voir ce qu’il se passe ici, et je clique sur le morceau de musique; (je n’écoute pratiquement jamais la musique, c’est compliqué pour moi) et là, je ferme les yeux. Et je souris. C’est beau et c’est triste à la fois. Je suis triste (je frisonne, les larmes montent doucement) mais je souris car c’est beau, et je suis hyper content d’être passé. Merci.

  4. Le 14 août 2007 à 0h06 | Permalien

    @MarcelD: je suis tout ému par ton commentaire, oui c’est beau et triste à la fois, d’ailleurs moi aussi ce soir je ne sais pas si je dois sourire ou pleurer… je vais aller me mettre au piano, et y faire ressortir mes sentiments de ce soir…

  5. Le 25 août 2007 à 17h09 | Permalien

    Un petit merci pour un petit morceau de littérature. Beaucoup d’émotion. Je n’ai lu qu’à partir du passage où tu te mets au piano. Avant que Maman ne monte, écouter, elle aussi. J’ai aussi mis cette sonate célèbre pour lire ces quelques lignes. Bravo en tout cas. Etant tombé par hasard sur ce blog, je n’en demeure pas moins agréablement surpris.
    Bonne continuation à toi.

  6. Le 27 mars 2008 à 23h18 | Permalien

    En plus de ça, Nikolai Luganski est un très bel homme.
    Et ses études de Chopin sont très bonnes…

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.
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    Hermitage Paul Jaboulet Aîné, La Chapelle 2004: 10/10

    Condrieu Domaine Cuilleron, Les Chaillets 2008 blanc: 9/10

    Côte-Rôtie François Villard, Gallet Blanc 2007: 8/10

    Côte-Rôtie Domaine Georges Vernay, Blonde du Seigneur 2007: 8/10

    Crozes-Hermitage Domaine Combier, Clos des Grives 2008: 8/10

    Saint-Joseph Domaine Cuilleron, Pierres Sèches 2007: 8/10

    Crozes-Hermitage Domaine Combier, Tradition 2007: 7/10

    Condrieu François Villard, Les Terrasses du Palat 2008: 7/10

    Condrieu Domaine Georges Vernay, Les Terrasses de l’Empire 2008 blanc: 7/10

    Châteauneuf-du-Pape Domaine du Vieux Télégraphe 2007: 7/10

    Châteauneuf-du-Pape Domaine de la Roquette 2007: 6/10

    Dégustation Lavinia, Jeudi 18 Février 2010

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    A Little Night Music, la comédie musicale de Stephen Sondheim, créée au Chatelet (représentations du 15 au 20 février 2010).

    Décors, mise en scène, costumes, lumières, musique magnifiques. Si tous les acteurs avaient su chanter, cela aurait été parfait !