SiCKO

SiCKO, de Michael MooreMon appréciation: 7/10

Évidemment, un film de Michael Moore, ça ressemble à du Michael Moore, mais cette fois-ci, le propos est un peu moins politique, et on est obligé, à la vue des cas qui illustrent ce film, d’être convaincu que le système de santé aux États-Unis est dans un état calamiteux.

Un des premiers exemples: un homme se coupe deux doigts avec une scie circulaire, il va aux urgences avec les morceaux de ses deux doigts. Pour lui remettre l’index, il lui en coutera $12.000 ; pour le majeur ce sera $60.000. Il n’a pas cette somme, et doit faire le choix atroce du doigt qu’il souhaite récupérer…

Les cas de refus de soins ou de remboursement par les HMO (Health Maintenance Organization) – les compagnies privées qui s’occupent de l’assurance malade aux États-Unis – ponctuent le film, la fin est souvent tragique, parce que le profit est plus important que la protection médicale.

Lorsque la compagnie d’assurance ne souhaite plus rembourser les soins, les patients sont mis dans un taxi, encore habillés de leur pyjama d’hôpital, et déposés de force à l’autre bout de la ville.

La deuxième moitié du film tente une comparaison avec d’autres systèmes: le Canada, l’Angleterre, la France et Cuba.

En Angleterre, Tony Benn, figure du Labour, explique que lorsque les gens sont inquiets, entre autres pour leur santé, qu’ils n’ont pas d’espoir, alors ils ne votent pas : « I think there are two ways in which people are controlled: first of all frighten people and secondly demoralize them. An educated, healthy and confident nation is harder to govern, and I think there is an element in the thinking of some people: we don’t want people to be educated, healthy and confident because they will be out of control ».

Il y a évidemment des clichés dans la comparaison avec la France, mais l’accès gratuit aux soins médicaux dont on a besoin, les congés maladie payés, l’aide à domicile, le système éducatif gratuit, les congés payés, les 35 heures, sont des joyaux que tous nous envient et que l’on doit à tout prix conserver. Certes notre système n’est pas parfait, il nous paraît instable, mais comparativement à ce qui se passe aux États-Unis, on ne peut pas se plaindre et on ne peut qu’être heureux de vivre en France.

Le film se termine avec les héros oubliés du 11 septembre, qui sont tombés malades après avoir respiré les poussières toxiques des décombres du World Trade Center, et qui ne peuvent pas se soigner car personne ne veut prendre en charge leurs frais médicaux. À Cuba, l’hôpital est gratuit pour tous, et c’est l’hôpital de la Havane qui soignera gratuitement ces quelques sauveteurs oubliés accompagnés par Michael Moore.

Au final, que retient-on ? Que le système de protection sociale américain n’a pour but que le profit des compagnies qui l’organisent et non la protection de ceux qui en ont besoin ?
Probablement, mais ceux qui iront voir ce film le savaient déjà… et ce film ne changera pas grand chose.

Tout au plus sera-t-on conforté dans ses convictions, et ça fait du bien. Moi, dans cette salle de cinéma américaine, j’étais vraiment content de vivre en France.

Sortie en France: 5 septembre 2007

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Un trackback

  1. Par vincen-t » Au cinéma… le 5 septembre 2007 à 9h00

    [...] … SiCKO, dont j’ai parlé ici en juillet. [...]

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    Je n'aurai pas à déménager dans nos autres bureaux de la Défense, on vient de prolonger le bail à Opéra pour 5 ans :-) #soulagement 17/10/2011
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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.