Because of me

Dimanche après-midi, à côté de Seattle.

Il pleut depuis ce matin, alors je suis resté à l’hôtel. Besoin de me reposer ce matin, et rien d’autre à faire cet après-midi. Mes prochaines découvertes touristiques de la région sont repoussées à mon prochain séjour ici, fin juin.

J’ai lu, j’ai dormi. iTunes fonctionne depuis ce matin presque dans discontinuer. D’abord Bach, des cantates, les enregistrements de Suzuki, parce que c’est ce dont j’ai besoin le dimanche matin. Quand j’étais petit, chaque dimanche à 9h, la radio était allumée sur France Musique, il y avait de la musique sacrée, Bach très souvent. Depuis je perpétue cette habitude.

Maintenant – je suis passé en mode aléatoire dans mes listes de lecture – ce sont les Scissor Sisters qui essayent d’ensoleiller ma journée. C’est triste, une journée pluvieuse tout seul à l’hôtel.

J’ai entrepris de faire du tri dans mes mails, et j’ai retrouvé un mail que je n’ai jamais envoyé, dans mon dossier brouillons. Je répondais à un mail que j’avais envoyé quelques mois auparavant.
Dans ce premier mail, qu’il n’allait lire que quelques mois plus tard parce que je l’avais volontairement envoyé sur une adresse qu’il ne lisait que rarement, et parce que je lui avais déjà dit oralement les mêmes choses, je lui disais combien je tenais à lui, que je l’aimais. Après un mois, je m’étais décidé à employer les mots aimer et amour. Je lui disais aussi que peu importe si cela devait s’arrêter un jour, j’aurai été heureux avec lui.
Dans le second mail que je n’ai jamais envoyé, je répondais à ce premier mail et lui expliquai clairement que tout était fini.

[...]

J’attendais avec impatience ton retour de vacances pour te revoir, et quand tu es rentrés, on ne s’est pas vus.
Tu n’étais pas disponible le soir de ton retour, je n’ai pas insisté pour te revoir. Et puis l’envie s’en est allée, subitement.
Elle n’est peut être pas loin, mais pour l’instant elle n’est plus là.

Je ne suis pas en colère contre toi, je n’ai rencontré personne d’autre. J’ai juste besoin d’une pause dans notre relation, parce que l’envie n’est plus là, c’est tout.
Je suis très maladroit pour dire tout ça, j’ai peur de te rendre triste, et si tu es malheureux, alors je serai encore plus malheureux que toi.

> Et puis peut être qu’un jour ça s’arrêtera, mais on
> restera amis.

Je n’ai pas envie que ça s’arrête, mais pourtant on dirait que ça s’est arrêté. Je ne te dis plus de mots tendres, Je ne te dis plus mon désir.
On est au moins amis, mais cette nuit il pleut, je suis triste, les yeux un peu humides. Je vais être seul dans mon grand lit froid.
J’ai un peu l’impression d’être égoïste, parce que toi aussi je te sais triste, seul.

> Je ne t’en demande pas autant, mais je te demande juste de me dire si
> un jour tu rencontres quelqu’un d’autre, ou si tu n’as plus envie de
> me voir. Et aussi de m’autoriser à te le dire, si c’est un jour le
> cas, et de n’être pas trop triste.

Je t’ai aimé tu sais, et je veux que tu restes mon ami. Ou peut-être même que tout redeviendra comme avant, quand on dormait tous les deux ensemble.
Je ne sais pas.

[...]

Je m’en veux de ne lui avoir jamais dit tout cela de manière explicite, de n’avoir jamais envoyé ce mail. Alors avant d’effacer ce brouillon, j’ai dépassé ma pudeur et j’en ai recopié quelques lignes ici.

C’était mi-août, 2006.

Je regarde mon agenda dans iCal. Dans les semaines et mois qui ont suivi, pas mal de prénoms, de moments ou nuits passés à deux… Je n’étais pas capable de penser à une relation sérieuse. Et puis, il y avait lui.
Fin janvier, j’ai décidé de mettre fin à tout cela, de redevenir sage – ce qui me ressemble mieux – et de chercher à construire quelque chose de sérieux. J’ai rencontré plusieurs garçons charmants, mais parce que je savais n’être à chaque fois à Paris que pour une dizaine de jours et que j’allais ensuite repartir quelque part à l’étranger pour plusieurs semaines, je n’ai jamais apporté ma baguette magique, il n’y a jamais eu cette magie de la première rencontre, je ne l’ai pas, de mon côté, laissée se produire. Manque de courage encore une fois ?

Voilà, il m’aura fallu un dimanche pluvieux dans une chambre d’hôtel à des milliers de kilomètres de Paris pour repenser à tout cela.

iTunes est toujours en mode aléatoire. Au moment où j’écris ces lignes, c’est Kelly Clarkson qui chante Because of you. You n’est personne, mais une larme coule sur ma joue.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Je regarde quelle sera la prochaine chanson dans mon mix aléatoire sur iTunes: Madonna, Intervention.

And I know that love will change us forever
And I know that love will keep us together
And I know, I know
There is nothing to fear
And I know that love
Will take us away from here

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Au moins, iTunes me comprend :wink:

Je m’apprêtais à cliquer sur le bouton Publier, mais la sonnerie du téléphone m’a interrompu. On me propose d’aller partager une bouteille de champagne.
Non, pas ce soir.

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4 commentaires

  1. Le 21 mai 2007 à 18h04 | Permalien

    Bon avec toutes ces citations, si t’essaie de me faire sentir moins pétasse ou de te faire accepter dans le club des pétasses…..

  2. Le 21 mai 2007 à 18h06 | Permalien

    ………Bah c’est réussi! :mrgreen:
    Bises à toi et garde la forme mon grand! Sèche tes larmes et danse. Tu as la vie devant toi.

  3. Le 22 mai 2007 à 6h14 | Permalien

    Je n’essaye rien, je suis juste moi, avec mes contradictions et incohérences !
    Et puis ces chansons c’est pas moi, c’est iTunes et ses choix aléatoires ;) (ok, j’avoue, c’est moi qui les y ai chargé, et si elles se retrouvent en haut de liste, c’est que je les écoute souvent et que je leur ai mis 4 ou 5 étoiles…)
    Ceci dit, je n’ai pas envie d’intégrer de force le club des pétasses, alors je vais peut-être être plus discret sur mes choix musicaux :lol:

  4. Le 22 mai 2007 à 15h25 | Permalien

    T’en fais pas… Personne n’en est mort. Et ça ne veut pas dire que nous n’avons pas une certaine gravité et un certain sérieux par ailleurs… Juste qu’on sait un peu se lâcher comme il faut…Oui, être une pétasse est une qualité car ça prouve que tu as ce grain de folie qui fait que tu n’es pas quelqu’un de linéaire…
    Que tu sois discret ou non sur tes choix, maintenant tu es catalogué! :razz:

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    Je n'aurai pas à déménager dans nos autres bureaux de la Défense, on vient de prolonger le bail à Opéra pour 5 ans :-) #soulagement 17/10/2011
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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.