Post Mortem: c’est comme ça mes collègues américains appellent les bilans que l’on fait en fin de projet, une fois que tout est en production et que le client est content. Le nom me semble mal choisi, mais il y a peut être des situations pour lesquelles il peut s’appliquer.
À la fin de l’été dernier, je m’étais beaucoup attaché à un garçon. Nous avons discuté pendant des dizaines et des dizaines d’heures, nous sommes promenés en long et en large dans Paris, nous avons partagé des dîners, des soirées, et quelques belles nuits. Mais nous n’avons jamais été ensemble, ces quelques moments intimes n’étaient pour nous que d’agréables dérapages, qui ne devaient pas se reproduire mais que nous ne regrettions pas pour autant.
Nous parlions de tout, mais peut être pas assez des choses essentielles, de ce qu’était notre relation. Pour moi, c’était juste une amitié très forte, jusqu’à ce que je me rendre compte que j’étais inquiet lorsque je n’avais pas encore eu de ses nouvelles de la journée (et pendant plusieurs mois, il ne s’est presque pas passé une journée sans que nous ne nous parlions), que je souriais béatement à chaque fois que je pensais à lui, que j’étais parcouru de frissons au simple fait d’entendre sa voix: je tombais amoureux. Pendant trop longtemps je ne lui ai rien dit, je savais que ces sentiments n’étaient pas partagés tout en rêvant en même temps du contraire ; il entretenait ce rêve en me citant sans cesse des paroles de chanson d’amour.
Comme moi, il ne savait pas trop dire ses émotions, ses désirs. Tout n’était toujours que par sous-entendus, messages codés. À force de décrypter ce qu’il voulait me dire, je suis allé trop loin dans mes interprétations. Je m’en rendais compte, mais l’amour naissant était plus fort.
Alors un jour – ce devait être le lendemain du jour de l’an – je lui ai tout dit, et que soit nous allions plus loin, soit nous arrêtions dans les sous-entendus et recentrions notre relation sur une simple amitié. Je savais que je risquais de tout casser, qu’il allait me fuire, prendre peur. Ce fut le cas, et ce jour là il m’a fait très mal. Il a nié tout ce qui s’était passé, tous sentiments, toute amitié. Je ne savais plus qui et quoi comprendre.
C’était il y a quelques mois. Depuis, nous avons réappris à nous parler, à n’être qu’amis. Il n’y a plus rien d’autre, plus de sous-entendus.
Hier soir, au détour d’une conversation, nous en somme venus à parler d’une chanson. Une chanson, et une chanteuse, qu’il m’avait fait découvrir, dont je sais tout ce que l’on peut penser, mais que j’ai, sans honte, sur mon iPod.
Il m’a dit que depuis ce jour où je lui avait avoué mes sentiments et mon amour, il ne pouvait plus écouter cette chanson sans penser à moi. Je ne m’y attendais pas, j’ai été ému par cette confidence, mais c’est tout. La page est tournée.
J’ai appris, à tort ou à raison, à ne plus chercher de message caché.
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3 commentaires
Vraiment tournée, la page?
Oh oui, complètement, et définitivement. J’en suis sûr maintenant. Ca a pris du temps, mais maintenant il n’y a plus aucune page ouverte, que des pages – ou juste une – à écrire
Moi j’adore cette chanson… Mais je ne sais pas pourquoi je dis ça parce que tout le monde s’en doutait!
Un trackback
[...] deux… Je n’étais pas capable de penser à une relation sérieuse. Et puis, il y avait lui. Fin janvier, j’ai décidé de mettre fin à tout cela, de redevenir sage – ce qui me [...]