Qu’est-ce qu’ici ?

J’ai commencé à écrire ici il y a presque deux mois. Je ne savais pas où j’allais, ce que j’allais écrire, ou même si j’allais écrire. Je ne le sais toujours pas, et et je n’ai pas envie de le savoir. J’y écris ce que je veux, quand je veux. Ces pages continueront, s’arrêteront, reprendront: elles vivront.

Pour la première fois, j’ai rencontré hier un de mes lecteurs (et dont je suis également un lecteur assidu). Ce n’est absolument pas de lui dont je veux parler, ni regretter cette rencontre, bien au contraire.
Mais d’un coup je me demande en quoi le fait de connaître personnellement ceux qui me lisent peut changer ma relation avec ce blog. C’est un monde que je fréquentais en tant que lecteur depuis pas mal de temps, mais que je ne découvre réellement que maintenant. Et que je pense aimer. Auquel je m’attache, avec certitude.

Jusqu’ici j’écrivais sans savoir exactement qui me lisait, tout au plus ne connaissais-je qu’un pseudo, un avatar, un blog.
Bien que ne m’étant que peu confié ici, je savais que je pouvais le faire, que cet espace était différent de celui que je peux avoir autour de moi, avec mes amis, mes proches, ma famille. Non que j’ai envie de cacher certaines choses aux uns ou aux autres – je ne suis pas doué pour ça, je crois même que j’en suis incapable – mais parce que j’ai envie de dire les choses différemment. Ne pas avoir à m’interroger ici sur ce que pourra penser, interpréter, comprendre, celui qui me lira.
J’ai très peu utilisé cette liberté dont je dispose ici, mais je sais qu’elle est là, et que le jour ou j’en aurai besoin, je pourrai l’utiliser.
Il peut y avoir des gens que je connais parmi mes lecteurs, tant que je ne le sais pas, c’est sans importance. Je ne fais d’ailleurs rien pour me cacher ou être anonyme. Je connais bien le monde d’Internet pour savoir tout ce que l’on peut y trouver sur moi.
Plusieurs fois déjà, je me suis surpris à être sur le point de dire avoir parlé de tel ou tel sujet sur mon blog.
Mais à partir du moment où je sais qui sont ceux qui me lisent, alors j’ai peur, inconsciemment, de ne plus avoir la même relation avec cet espace.

À mes débuts, un blogueur (que le correcteur orthographique de Mac OS X veut corriger par blagueur) émérite me mettait en garde contre l’influence que ses lecteurs peuvent avoir sur ce que l’on écrit sur son blog. L’image de l’auteur devenu otage de ses lecteurs m’était venue à l’esprit, et j’avais trouvé cette situation des plus atroces. Une prise en otage abstraite, invisible, tacite, mais presque la pire de toutes, car c’est l’esprit, l’imagination, les pensées, qui se trouvent prises en otage. Je suis loin d’en être là, déjà parce que je n’ai rien d’un auteur. Et que j’ai heureusement très peu de lecteurs.

Alors à ce lecteur, et puis surtout à tous les autres: oui, j’ai envie de continuer de vous connaître, de vous découvrir, et de vous rencontrer quand l’occasion se présentera, parce que rien ne remplace le fait de se voir en face à face. Et j’ai envie que tu, vous continuiez à me lire. Mais je veux continuer à avoir ma liberté, à faire ici comme si vous – quelques lecteurs – n’étiez que des anonymes. Faire que ces pages ne soient pas une stricte reproduction de mon agenda ou de ce que je dis et confie autour de moi.
Ce sera à moi de construire tout cela : ça me plaît.

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6 commentaires

  1. Le 3 mai 2007 à 11h09 | Permalien

    Moi aussi j’aime bien rencontré des blogeurs !! :mrgreen:
    on se voit quand ?!
    Un fan de rostropovitch ne peut qu’être gentil :smile:
    c’est toujours mieux la vie en vrai

  2. Le 3 mai 2007 à 11h45 | Permalien

    Nous en avons parlé et tu sais ce que j’en pense… Ce lecteur (de source sûre :smile: ) prend beaucoup de plaisir à te lire et s’abstient de juger ce que tu écris (d’ailleurs toujours très pudique)… Pourquoi devrais-tu te censurer? Être vrai pour moi c’est s’abstenir de porter un masque (en tous cas consciemment…) Ceux de tes lecteurs qui viennent à toi aiment ce que tu a montré jusqu’ici dans tes écrits. Tu ne t’es pas censuré avant, il n’y a donc aucune raison de le faire à compter de maintenant;-)

  3. Le 3 mai 2007 à 17h13 | Permalien

    j’aime bien l’image du blogueur otage de ses lecteurs car dés lors que tu les connais, l’illusion de l’indépendance s’évapore … de même que le point positif est de s’enrichir comme pour ce qui concerne Ditom, Dfp Esther ou encore Adam etc … de nouvelles personnes. je crois vraiment que dés lors qu’on s’intéresse au quotidien au confidences de quelqu’un de virtuel on ne peut que l’apprécier dans le réel .. Pour ma part, je n’ai constaté aucune décpetion … Peut être ai je eu de la chance …

    (message perso pour Adam : Tara … tsss tsss tsss ;-) )) SLUT you was and slut you always be …)

  4. Le 6 mai 2007 à 0h23 | Permalien

    Se laisser porter par le vent est aussi une sage décision …
    :wink:

  5. Le 12 mai 2007 à 21h40 | Permalien

    Intéressant. N’est-on pas « otage de ses lecteurs » à partir du moment même où on écrit la première ligne ? Peut-on vraiment tout dire en oubliant complètement un lectorat potentiel ? Moi je n’y parviens pas vraiment et je n’aimerais pas rencontrer mes quelques lecteurs. Ce que je tente d’écrire n’est qu’une partie de moi, un moi parmi ceux qui me composent, libre de dire ce que les relations personnelles et les convenances n’autorisent pas toujours.
    La liberté c’est peut-être d’avoir la possibilité de NE PAS faire les choses.

  6. Le 8 septembre 2007 à 2h03 | Permalien

    En donnant le lien de mon blog à des amis, ou en le mettant en signature de forums, je savais que je serais lu par des gens qui me connaissent et je savais donc que je ne raconterai rien de trop intime. Mais je crois que si on veut en dire beaucoup tout en se sentant entièrement libre, il suffit, je crois, d’ouvrir un blog dont on ne donnerait pas le lien, sans mettre de photo ni ses coordonnées :)

Un trackback

  1. Par vincen-t » Cette semaine, j’ai rencontré… le 9 septembre 2007 à 12h47

    [...] assez peu en France, et puis il y a aussi un peu de timidité. J’ai dépassé l’appréhension de mes débuts. Je suis pourtant curieux, j’aime mettre un visage sur ceux que je lis ou qui me lisent, et [...]

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.