« Whatever you do in your life, do it perfectly »

Ce soir était ma dernière soirée à Redmond (à côté de Seattle), pour ce voyage. Il y en aura d’autres ici les prochains mois. C’était le prétexte pour avoir un dîner de folie avec un de mes collègues américains. Excellent restaurant avec une formidable vue sur Seattle, plusieurs bouteilles de vin à trois (les plus chers de la carte, mais ils m’ont rappelé de très bons Bourgognes), des pourboires indécents… Je ne vais jamais oser mettre cette soirée en note de frais… Mais je m’en fous.

J’ai passé une soirée formidable: on a parlé littérature, politique, cinéma, peinture, architecture, photographie, gastronomie, vins… Que des sujets qui me passionnent et que mon collègue américain maîtrise beaucoup mieux que moi. Je suis fasciné, impressionné.

Il est formidable: il a passé ses 18 premières années à Porto-Rico, dans la pauvreté. Puis il est venu aux États-Unis, a fait ses études au MIT… Et il a décidé de profiter de la vie, d’apprendre, de découvrir. Ce soir nous avons parlé des films de André Téchiné, François Ozon, Pedro Almodovar, François Truffaut… Il les connait mieux que moi, il me récitait certains de leurs passages… Il me fascine, m’impressionne… Les quelques rares préjugés qu’il me restait sur les américains sont tombés.

Avec nous s’était joint un sous-traitant indien (que l’on exploite…), et qui est curieux de découvrir nos cultures, qui ne comprend pas comment nous pouvons parler avec tant de passion de la truffe noire du Périgord, des vins, du fromage, du comté affiné pendant 3 ans dans une cave vosgienne… Et il a commencé le dîner en nous citant une phrase d’un de ses maîtres religieux hindous dont j’ai oublié le nom… « Whatever you do in your life, do it perfectly ».
Encore un principe que je retiendrai.

J’ai promis à mon collègue américain, lorsque je serai à San Francisco (la semaine prochaine), d’aller avec lui dans le restaurant le plus réputé de Californie (et des États-Unis) quelque part dans la Napa Valley. Je suis complètement fou.
Je dois voir ma banquière à mon retour de San Francisco, je ne sais pas ce que je vais lui dire… Probablement que je préfère profiter de la vie présente plutôt que d’acheter un appartement à Paris. Que je me fous du futur, que seuls les jours actuels m’importent.

J’ai beau être maintenant tout seul dans ma chambre d’hôtel, je suis heureux. Un formidable dîner, des découvertes gastronomiques, de très bons vins, des discussions passionnantes : il ne m’en faut pas plus.

Enfin presque : juste une épaule sur laquelle m’endormir, un torse contre lequel me blottir, un regard à voir demain matin en me réveillant…

Ma grand mère – la seule que j’ai vraiment connue et qui est partie il y a plusieurs années maintenant – me disait sans cesse: le bonheur est simple.

C’est vrai, parce que j’ai la chance d’être un privilégié, de vivre dans le confort, de n’avoir pas vraiment à me soucier de ce que je paie, sans avoir de revenus indécents et tout en connaissant la valeur de l’argent.

Maintenant, ce bonheur, je veux le partager. Il n’est pas fait de luxure, mais de confort, de simplicité, de partage, d’échanges et de générosité.
Après toutes ces années d’errance et d’interrogations, cette réconciliation finale en fin d’après-midi avec S., je sens ce partage proche. Je ne sais pas avec qui, mais je sais qu’il sera. Oui, je suis naïf ; oui, je crois encore au Prince Charmant.
Et je ferai tout pour respecter cette maxime hindoue…

Whatever you do in your life, do it perfectly

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Un commentaire

  1. Le 5 avril 2007 à 13h03 | Permalien

    C’est beau ce que tu écris… Un ipod, une épaule… Peut-on faire un lien entre les deux?
    Et profite de la vie. Tu es jeune.
    Cette maxime indienne me donne un peu le vertige… Je me rends compte de tout ce que je n’ai pas fait parfaitement dans ma vie et je ne sais pas si j’aurai le courage d’essayer d’atteindre la perfection dans l’avenir… Cette maxime, bien que belle, m’oppresse un peu en fait. Trop de pression.

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    « Joyeuses Pâques »
    La Check-List, vendredi 2 avril 2010, LeMonde.fr – Les Indégivrables, Xavier Gorce

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    Les comparaisons sont toujours très instructives, et parfois cruelles : les vins les plus prestigieux se révèlent parfois n’être pas à la hauteur de leur prestige…

    Pauillac Château Lynch Bages, 2004: 10/10

    Margaux Château Giscours, 2004: 10/10

    Barsac Château Coutet, 1997: 9/10

    Saint-Julien Château Ducru-Beaucaillou, 2001: 8,5/10

    Haut-Médoc Château Sociando-Mallet 2002: 8,5/10

    Haut-Médoc Château La Lagune 2007: 8,5/10

    Saint-Émilion Grand Cru Château Sansonnet 2002: 8/10

    Saint-Estèphe Château Les Ormes de Pez, 1996: 8/10

    Haut-Médoc Héritage de Chasse-Spleen 2002: 8/10

    Pomerol Château Beauregard 2004: 7,5/10

    Moulis-en-Médoc Château Chasse-Spleen 1990: 7,5/10

    Sauternes Château Guiraud, 2002: 7,5/10

    Saint-Julien Château Talbot, 2002: 7/10

    Saint-Julien Château Lalande Borie, 2006: 7/10

    Margaux Baron de Brane 2005: 7/10

    Haut-Médoc Mademoiselle L, 2007: 7/10

    Margaux Château Ferrière, 2002: 6/10

    Saint-Estèphe Château Phélan Ségur, 1999: 4/10 (la bouteille avait vraiment un problème, bien que goûtée juste avant par celui qui la faisait déguster…)

    Dégustation « Les Vins de Bordeaux », Lavinia, jeudi 18 mars 2010

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    8/10

    C’est un film dont on retient plus la photo, les costumes et les décors et le jeu des acteurs que l’histoire, mais qu’importe, c’est beau, c’est élégant, c’est raffiné, jusqu’au moindre détail.

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    Soyons très précis. L’homosexualité, c’est comme être gaucher, une minorité qu’on essayait de contrarier. Il ne faut pas en faire une unité de valeur, pas plus qu’un sujet d’opprobre ou de dégoût. C’est juste une manière de vivre sa sexualité.
    Rien de plus.