Archives de avril 2007

Dimanche 29 avril 2007

Mstislav Rostropovitch

Slava Rostropovich, 9 novembre 1980, mur de Berlin

Il est l’un de ceux qui m’ont fait découvrir le violoncelle, et si cela fait plusieurs années que j’ai arrêté d’en jouer, ce sont les mêmes sensations qui m’envahissent à chaque fois que j’entends ses cordes vibrer.
Lorsque c’est sous l’archet de Rostropovitch, l’émotion est encore plus grande, de par le violoncelliste génial qu’il était, et aussi tout simplement par l’homme.

Merci Slava, et au revoir.



Dimanche 29 avril 2007

Les droits imprescriptibles de l’amoureux

1. Le droit de ne pas être amoureux.
2. Le droit de sauter des étapes.
3. Le droit de ne plus être amoureux.
4. Le droit de l’être à nouveau.
5. Le droit d’aimer n’importe qui.
6. Le droit de rêver au Prince charmant.
7. Le droit d’aimer n’importe où.
8. Le droit d’être libre.
9. Le droit de crier son amour.
10. Le droit de taire son amour.

Inspiré des droits imprescriptibles du lecteur, de Daniel Pennac, Comme un roman.

Vendredi 27 avril 2007

“Le seul moyen de se délivrer de la tentation…”

Ce devait être il y a quatre ans, presque jour pour jour. Il y a quatre ans, parce que c’est l’année où je suis arrivé à Paris ; jour pour jour, parce que je me souviens que dans les jours qui ont suivis, c’était le premier mai, mon coupon de carte orange d’avril était passé dans le tourniquet - en toute bonne fois - et je m’étais fait contrôler dans le wagon à la station suivante…

Il y a quatre ans presque jour pour jour, j’exprimais et vivais à nouveau ma préférence pour les garçons. Non que je l’ai refoulée les années précédentes, mais je n’y pensais juste pas, et je n’étais pas malheureux. Il s’est passé des choses pendant les années qui ont précédé, ainsi que celles qui ont suivi, mais j’aime ne pas tout dire, garder certaines choses pour moi. Et les raconter de temps en temps à certaines personnes importantes pour moi, ou en donner des bribes ici.

Je me suis immédiatement souvenu d’un texte que je n’avais pas lu depuis le lycée, mais qui m’avait marqué. Ce n’est d’ailleurs qu’à cet instant que j’ai compris pourquoi J. - le premier, lors de mes années lycées -, alors qu’il n’aimait pas tellement lire, me parlait tant de ce livre qu’il disait avoir tant aimé.
Ce livre, je l’avais étudié en Seconde, avec ce vieux prof de Lettres Classiques sosie de Giscard, jusque dans sa façon de parler : Le Portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde.
Ce texte, c’est le passage où Lord Henry dit à Dorian Gray qu’il faut aller au bout de ses désirs. Si l’on n’y va pas, cela se transformera en tourment éternel ; si l’on y va, au pire ne restera que le souvenir fugace d’un regret. Et dans le meilleur des cas, il n’y a que le bonheur, soit-il de courte durée.

Il y a quatre ans presque jour pour jour, je me souvenais subitement de ce texte, et il correspondait à la manière dont je voulais vivre. Je n’applique pas toujours ces principes, ils sont peut être discutables sur certains aspects, mais ils s’approchent beaucoup de ce que je pense.

Une discussion hier soir sur le même sujet, ces souvenirs me sont revenus, et j’ai réouvert ce livre.

- Et pourtant, continua Lord Henry, de sa voix grave et harmonieuse, en dessinant de la main ce geste onduleux qui n’était qu’à lui et qu’il avait eu dès le collège d’Eton, et pourtant, je crois que si un seul homme osait vivre sa vie pleine et entière, s’il osait manifester tous ses sentiments, exprimer toutes ses pensées, réaliser tous ses rêves, le monde en recevrait un tel renouveau de joie, que nous oublierions toutes les insanités du Moyen Age, pour revenir à l’idéal hellène - peut-être même à je ne sais quoi de plus beau et de plus complet que l’idéal hellène. Mais, le plus brave de nous a peur de son moi. La coutume sauvage de la mutilation a son prolongement tragique dans ce renoncement personnel qui désenchante notre vite. Nous portons la peine de nos résistances. Tout désir que nous cherchons à étouffer, couve en notre esprit et nous empoisonne. Que le corps pèche une bonne fois, et c’en est fait de son péché, car l’action a une vertu purificatrice. Il n’en reste rien, que le souvenir d’un plaisir ou la volupté d’un regret. Le seul moyen de se délivrer de la tentation, c’est d’y céder. Résistez-y, et votre âme languira, tourmentée du désir malsain de ce qu’elle même s’est interdit, consumée de l’âpre envie de ce que ses lois monstrueuses ont rendu monstrueux et illicite. Les grands événements du monde, a-t-on dit, se passent dans le cerveau. C’est aussi dans le cerveau, et dans le cerveau seul, que se passent les grands péchés du monde. Vous-même, monsieur, Gray, encore tout fleuri des roses vermeilles de la jeunesse et des roses blanches de l’enfance, vous avez senti des ardeurs qui vous ont effrayé ; conçu des pensées qui vont ont glacé d’horreur ; de tels rêves ont hanté vos veilles et vos nuits, que leur seule évocation vous ferait monter le rouge au visage.

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray, 1891
Chapitre II

Mercredi 25 avril 2007

Que lisez, regardez et écoutez vous ?

Comme lors des dernières élections, Télérama a fait un sondage très intéressant sur les votes lors du 1er tour et les médias lus, regardé ou écoutés, et donne la corrélation des deux.

On y apprend, sans grande surprise, que les lecteurs de Libération et du Canard Enchainé ont majoritairement voté pour Ségolène et que ceux du Figaro et du Point pour Sarkozy. Même constatation pour les auditeurs d’Europe 1 et ceux de France Inter, ou les téléspectateurs de TF1 et ceux de France 2.

Ceux qui ont voté pour Le Pen ne lisent ni Libération, ni Le Monde, ni Télérama. Ils n’écoutent pas France Inter et ne regardent pas France 2.

Je lis Le Monde presque tous les jours, souvent Libération et le Canard. Le matin, c’est France Inter qui me sort du lit et m’accompagne sous la douche et pendant mon petit déjeuner. J’allume assez peu souvent la télé, et quand il s’agit de regarder le JT, c’est sur France 2.
À l’aéroport ou dans l’avion, alors qu’il est gratuit, je ne prends jamais le Figaro. Pendant plusieurs années, je ne recevais pas TF1, et je ne m’en rendais pas compte.

Je déteste être analysé à partir d’une grille, être mis dans des cases. Mais je dois avouer que pour une fois, l’analyse est bonne ;-)

L’article et les résultats du sondage sont ici.

Lundi 23 avril 2007

Ma cantine

Cojean

Après toutes ces semaines aux US, et surtout cette dernière semaine de séminaire pendant lesquelles on a été réellement gavés (buffets gargantuesques midi et soir, et aux poses du matin et de l’après-midi, avec cookies et crème glacée… - j’ai essayé de résister à chaque fois mais j’ai été faible…), je n’avais qu’une hâte: retrouver des repas normaux et équilibrés !

Ce matin j’ai prévenu mes collègues: je débute une cure de Cojean. Ca ne changera pas beaucoup de l’habitude à vrai dire, parce que c’est un peu ma cantine un à trois jours par semaine. Cojean, ce sont des soupes originales, des salades et des sandwiches avec des ingrédients simples et frais (bon ok, c’est quand même plutôt élaboré… mais je persiste à dire que c’est simple), des desserts faits uniquement avec de bons fruits. Et puis un décor original et agréable, un peu branché, des serveurs et serveuses souriants (je suis un peu nostalgique des premières années où le personnel était uniquement masculin et sélectionné sur critère physique ;-) ). Et puis c’est à deux pas de mon bureau.

J’ai du mal à convaincre mes collègues de m’y suivre: ils ont décidé qu’ils avaient encore faim après y avoir mangé, et que c’était trop cher. C’est sûr que comparé à 500g de pâtes chez Pastapapa, c’est moins copieux ! Et pour le prix, je préfère rajouter un ou deux euros au bout de mon ticket restaurant et manger quelque chose de bon (et dans le quartier, à moins d’aller chez un chinois, rien n’est moins cher).

Donc voilà, j’aime Cojean. Ce midi, c’était Gaspacho, petit sandwich au chèvre frais et tartare de fruits.

Dimanche 22 avril 2007

Rentré.
Douché.
A voté.
Tout rangé.
Tout lavé.
Décalé.
Fatigué.

Mise à jour après les résultats du 1er tour:
Rassuré.

Samedi 21 avril 2007

I live the American dream


Le rêve américain est sûrement bien plus que ce que j’ai vécu ici, mais je l’ai approché, un peu, ces dernières semaines. Quatre semaines d’immersion, avec des collègues extraordinaires. Je n’ai parlé ici que de l’un d’entre eux, mais ils sont tous comme ça, et si différents.

Manger et boire en permanence - la simple vision de nourriture maintenant m’écœure… La semaine prochaine à Paris, je vais probablement entamer une cure de Cojean (c’est un peu ma cantine du midi la semaine).

Bay Meadows

Je suis même devenu riche. Ce soir, c’était soirée courses de chevaux. Je n’ai pas tout compris, mais j’ai trouvé qu’en pariant au hasard, le temps passait beaucoup plus vite. J’ai perdu tous mes paris, sauf le dernier, qui m’a ramené à flot, et m’a même permis de m’enrichir de 50 cents. Le rêve américain qui commence !

J’ai fini la soirée dans un immense appartement dans les hauteurs de San Francisco, avec une vue formidable sur la baie et le Golden Gate. De quoi me donner envie d’habiter ici, me mettre à rêver.
Pour ça, il faut que je continue de m’enrichir, mais je vais peut être essayer de trouver quelque chose de plus excitant que les courses de chevaux !

Vendredi 20 avril 2007

Free refill

Ici le free refill est la règle. Jusqu’ici, pour moi c’était pour le coca (diet coke pour être exact). Ce soir, c’était pour les cocktails, vins, puis bières je crois. Je ne sais plus.

Je ne me souviens plus de rien. Quelques bribes de musique, Kylie et Jutin. Des conversations professionelles, je ne sais plus ce que j’ai promis à qui… Je me souviens vaguement de dates de voyages ici, d’engagements techniques, de clients stratégiques à qui je dois être présenté demain. Je me souviens aussi avoir entendu “free iPhones”….

J’ai appris le français à des collègues… le probème est que je crois que certains de ces collègues sont français, mon chef étant l’un d’eux…
Une des phrases que j”ai répétée est “Voulez-vous couchez avec moi ?”

On vient d’embaucher un nouveau commercial japonais à qui j’ai très envie d’apprendre le français…

Jeudi 19 avril 2007

Giants

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Ce soir c’était soirée Baseball. Immersion totale dans la culture américaine…

Pour commencer, barbecue sur le parking du stade, entre 3 pickups et le grillage qui sépare le parking de la route. Au menu, bière et hamburgers.

Les Giants de San Francisco affrontent ce soir Saint Louis Cardinals.

Les couloirs du stade ressemblent aux allées d’une fête foraine, la délicieuse odeur des Garlic Fries (la spécialité) s’y répand. La foule afflue, fait ses provisions de bière, frites, pop-corn avant de venir s’assoir dans les gradins. Il y a des portes-gobelets à bière sur chaque siège.

Une minute de silence pour le massacre de Virginia Tech, l’hymne américain, et les deux équipes font leur entrée. Ensuite il paraît que le match a commencé. Je connais un peu les règles du baseball, mais j’ai eu beau faire tous les efforts possibles, je n’ai pas trouvé comment on pouvait suivre un match. Mon cerveau ne doit vraiment pas être câblé comme celui d’un américain. Quelques secondes d’actions toutes les cinq à dix minutes. Le reste du temps, rien. Mais alors absolument rien.

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Le stade est au bord de la baie de San Francisco, le vent glacial s’y engouffre. C’est probablement pour lutter contre le froid qu’ils engloutissent toute cette graisse. Il y a autant de monde à acheter à manger dans les couloirs du stade qu’à être assis dans les gradins.

Le match n’est que prétexte à manger, boire, rencontrer ses amis. C’est pour cela d’ailleurs qu’il y a si peu d’action dans le jeu du baseball, sinon cela dérangerait: impossible d’aller chercher un troisième ou quatrième litre de bière, de terminer sa conversation.

Ils ont vraiment l’esprit très pratique ici.

L’autre illustration de cet esprit pratique étant les longues vues installées sur les terrasses des bars du côté de Castro, et dirigées vers le trottoir d’en face, mais je m’égare, cela n’a rien à voir avec le baseball !

Mercredi 18 avril 2007

Pire que le Jet Lag ?

Dimanche après-midi, je vais rentrer à Paris, après 4 semaines passées de l’autre côté de l’Atlantique, auprès du Pacifique.
Le décalage horaire lors d’un voyage de l’Europe vers l’Amérique ne me dérange pas trop, cela fait juste une longue journée, et l’excitation d’arriver là-bas fait oublier la fatigue. Lors du voyage retour, j’ai toujours beaucoup plus de mal : ce n’est plus une longue journée, mais une double journée, sans nuit au milieu. Mon horloge biologique n’arrive plus à se régler, ses aiguilles tournent à toute allure et dans tous les sens, à la recherche de l’heure sur laquelle elles doivent se positionner. Il me faut plusieurs jours pour m’en remettre: je dors mal, je n’ai pas faim, je suis de mauvaise humeur…

Dimanche ce sera le 22 avril: à peine le taxi m’aura-t-il déposé devant ma porte que j’irai voter, et l’attente des résultats de ce premier tour me laissera éveillé jusqu’à 20h.

Mais à 20h01 ? Cette nuit j’ai fait un cauchemar.

S’il se réalise, ce sera pire que l’effet du Jet Lag, qui ne sera rien à côté de ces résultats.