Je prends le métro pour aller au bureau. D’abord une première ligne, sur une station. J’ai un peu honte de ne pas faire ces quelques centaines de mètres à pied, mais non le matin jamais, ou presque. La fréquence des métros est telle que je me ferai doubler par deux ou trois rames et pour commencer la journée, je n’aime pas ça. Alors que le soir au retour, ou dans la soirée, ou le week-end, je fais ce bout de trajet à pied. C’est ma logique à moi. Donc le matin cette première ligne, et l’escalator est très étroit, impossible d’y doubler qui que ce soit. L’escalier pour seule solution, parce qu’être coincé sur cet escalator derrière quelqu’un qui n’est pas décidé à mettre un pied devant l’autre alors que l’on entend un métro arriver (puis repartir), ça m’exaspère. Pourquoi, dès qu’un escalier est mécanique, les gens oublient-ils que l’on peut aussi se servir de ses jambes ? Je les enverrai bien, avec tous ceux qui ne savent pas entrer ou sortir d’une rame, s’y positionner à l’intérieur sans gêner tout le monde, en stage dans le métro de Moscou aux heures de pointe. En comparaison le métro de Paris n’est jamais bondé, et pourtant on se sent plus à l’aise dans celui de Moscou. Oui, je reste émerveillé devant ce mouvement d’horlogerie mécanique et humain qu’est le métro de Moscou. Mais revenons à Paris.
Le métro sur une station, d’autres escaliers ensuite, monter, descendre, attendre le métro au bon niveau, entrer tout de suite si la rame est assez vide, le dernier si elle est pleine, pour ne pas être contre la porte qui s’ouvrira le reste du trajet. Rarement un livre, le trajet est trop court, je ne pourrai lire que quelques pages, pas assez pour me remettre dans l’histoire, et obligé d’arrêter ma lecture n’importe où.
Presque arrivé à destination, il commence à y avoir de l’agitation dans la rame, chacun se place pour être le premier à sortir. Moi je reste impassible, je vérifie que les morceaux suivants sur mon iPod conviennent, ce doit être joyeux, ensoleillé.
Voilà, les portes s’ouvrent, ils courent pour être les premiers à l’escalator de la sortie. Je sors normalement, je coupe la file de droite à gauche, et là c’est mon instant du matin. Les quais sont profonds sous terre, il y a beaucoup à monter. Juste à côté de l’escalator il y a des escaliers. Une grande et longue volée de marches. Et là avec jubilation, je monte ces escaliers en courant, sautant, les marches deux par deux, avec une envie de danser. Je double tous ceux qui avaient joué des coudes pour arriver les premiers devant l’escalator.
Puis il y a encore dans le même alignement un escalator, plus petit, toujours doublé d’un escalier. Personne devant moi, puisqu’ils sont presque tous derrière. Mais qu’importe, je prends l’escalier. Dernière jouissance.
Après une centaine de mètres à pied, puis l’ascenseur. Oui, je sais…
Depuis quelques semaines, je n’ai plus ce plaisir du matin, monter ces escaliers d’une traite. Les quais sont fermés, en travaux.











Un commentaire
Comme je t’envie… Je fais très souvent ça aussi, monter les escaliers deux à deux, oublier les escalators, tout ça… mais dans mes rêves uniquement.
Mon asthme sévère et moi, nous faisons malheureusement partie de ces personnes statiques
Bonne continuation.